Un drame qui secoue la France
Le suicide de Camélia, une adolescente de 17 ans, a profondément ému la France. La jeune fille, scolarisée au lycée Honoré-de-Balzac à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), s'est jetée sous un RER le 13 janvier dernier. Selon sa mère, elle était victime de harcèlement scolaire depuis plusieurs mois.
Un appel à la mobilisation générale
Dans une interview accordée à une radio nationale, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a lancé un appel vibrant : "Par pitié, ne vous taisez pas !" Il a rappelé que le numéro national d'aide contre le harcèlement, le 3018, n'avait pas été contacté dans ce cas précis. "On a tous une part de responsabilité pour protéger nos enfants", a-t-il insisté, exhortant les témoins, les victimes et même les enfants à signaler les cas de harcèlement.
Des mesures attendues
Le ministre a promis de prendre des mesures si nécessaire, mais a appelé à la prudence avant de tirer des conclusions hâtives.
"Il n'y a pas de tribunal numérique en France, et donc il faut faire attention à ne pas tout de suite imputer des responsabilités", a-t-il déclaré. Une enquête pénale et administrative est en cours.
Un phénomène en hausse depuis le Covid
Édouard Geffray a souligné une recrudescence des suicides et tentatives de suicide chez les jeunes, notamment depuis la pandémie de Covid-19. Selon Santé publique France, cette augmentation atteindrait 80% en cinq ans. "C'est très difficile à qualifier", a-t-il reconnu, tout en pointant du doigt le rôle des écrans comme "accélérateur ou aggravateur" de ces drames.
La responsabilité des établissements scolaires
La mère de Camélia a révélé que sa fille avait alerté le proviseur de son lycée, sans obtenir de réponse satisfaisante. "Il a dit que je me victimise", aurait écrit l'adolescente à sa mère avant son geste fatal. Le proviseur s'est mis en retrait de ses fonctions le temps de l'enquête.
Un enjeu politique majeur
Ce drame intervient dans un contexte où la gauche française dénonce régulièrement les lacunes du système éducatif face au harcèlement scolaire. Les partis d'opposition, notamment La France Insoumise, réclament depuis des années des mesures plus strictes pour protéger les élèves. "La mort de Camélia est le symptôme d'un échec collectif", a déclaré une porte-parole du parti.
La réponse du gouvernement
Le gouvernement Lecornu II, bien que conscient de l'urgence, semble hésiter sur les mesures à prendre. "Nous agirons en fonction des conclusions de l'enquête", a répété le ministre. Cette prudence est critiquée par les associations de parents d'élèves, qui demandent des actions immédiates.
Un problème qui dépasse les frontières
Si la France est touchée par ce fléau, d'autres pays européens, comme la Norvège et l'Islande, ont mis en place des dispositifs plus efficaces pour lutter contre le harcèlement scolaire. "Nous devons nous inspirer des bonnes pratiques européennes", a suggéré un député écologiste.