Un plaidoyer pour une droite modérée en quête de légitimité
Alors que le gouvernement Lecornu II peine à rassembler autour de ses réformes, les Jeunes Horizons, mouvement de jeunesse du parti Horizons fondé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, ont dévoilé mercredi 25 février leur plaidoyer pour la présidentielle de 2027. Un document qui ambitionne de peser dans le débat politique, alors que la crise des vocations politiques frappe de plein fouet les formations traditionnelles.
Entre libéralisme et souveraineté : un équilibre fragile
Composé de 6 500 membres âgés de 16 à 35 ans, les Jeunes Horizons se définissent comme libéraux, écologistes, féministes et souverainistes. Une combinaison qui, selon leur présidente Marine Cazard, vise à « réinventer la droite modérée » en s’opposant aux dérives nationalistes.
« On peut être à la fois libéraux, attachés à l’Europe, et défendre les intérêts stratégiques de la France en matière technologique et industrielle. »
Ce plaidoyer, élaboré depuis 2022 par près de 600 militants, propose une quarantaine de mesures axées sur la simplification administrative, le soutien aux entreprises et le renforcement de « l’autorité de l’État ». Un programme qui s’inscrit en opposition aux politiques actuelles du gouvernement Lecornu, souvent critiquées pour leur manque de vision long terme.
Une droite en quête de renouvellement face à l’extrême droite
Dans un contexte marqué par la guerre des droites en France, les Jeunes Horizons tentent de se positionner comme une alternative crédible face à la montée des partis nationalistes. Leur approche, mêlant européisme et souveraineté économique, pourrait séduire une partie de l’électorat déçu par les promesses non tenues d’Emmanuel Macron.
Cependant, leur positionnement reste fragile. « Comment concilier libéralisme économique et justice sociale ? » s’interroge un observateur politique. Une question qui pourrait bien diviser la droite modérée dans les mois à venir.
Un défi face à l’hégémonie macroniste
Alors que le président Macron semble déterminé à briguer un second mandat, les Jeunes Horizons devront convaincre qu’ils représentent une véritable alternative. Leur plaidoyer, bien que bienveillant envers l’Union européenne, pourrait être perçu comme un « cheval de Troie » pour une droite plus conservatrice, notamment sur les questions sociétales.
Reste à savoir si ce mouvement, encore marginal, parviendra à s’imposer face aux géants LR et RN. Une chose est sûre : leur manifeste marque une volonté de réinventer la droite, entre modernité et conservatisme.