Un avertissement solennel contre les pressions étrangères
Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a tiré la sonnette d'alarme ce mardi 6 janvier 2026, dénonçant une possible ingérence inacceptable des États-Unis dans les affaires judiciaires françaises. Cette mise en garde intervient alors que des sanctions américaines ciblant des magistrats français impliqués dans le dossier pénal du Rassemblement national (ex-Front national) ont été évoquées par la presse.
Des menaces qui rappellent des pratiques autoritaires
Selon des révélations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'administration Trump aurait envisagé des mesures coercitives contre les juges du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné Marine Le Pen en mars 2025. Cette affaire, qui doit être jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026, concerne des accusations de détournement de fonds européens au profit du parti d'extrême droite.
"Si de tels faits étaient avérés ou devaient se réaliser, ils constitueraient une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de notre pays qui devrait provoquer la réprobation des pouvoirs publics", a déclaré Peimane Ghaleh-Marzban lors de l'installation de nouveaux magistrats.
Une affaire qui dépasse les frontières
Le président du tribunal a également évoqué le cas du magistrat français Nicolas Guillou, visé depuis août 2025 par des sanctions américaines. Ce dernier, chargé à la Cour pénale internationale (CPI) du dossier du mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, symbolise selon Ghaleh-Marzban l'arbitraire d'une puissance étrangère cherchant à influencer la justice française.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Paris et Washington, alors que le gouvernement Lecornu II tente de défendre l'indépendance de la justice française face à des pressions extérieures de plus en plus marquées.
Un procès qui cristallise les divisions
Marine Le Pen, figure de l'extrême droite française, ainsi que son parti et onze autres prévenus, sont accusés d'avoir détourné des fonds européens pour financer des activités internes. Le procès en appel, qui s'ouvre ce mardi, promet d'être un nouveau théâtre des luttes politiques en France, alors que la droite et l'extrême droite tentent de minimiser l'impact de cette affaire.
Alors que le président Emmanuel Macron a appelé à la défense des institutions républicaines, l'opposition de droite dénonce une instrumentalisation politique de la justice. Cette affaire pourrait bien alimenter les débats en vue des élections de 2027, où la question de l'indépendance judiciaire sera au cœur des enjeux.