Justice en crise : Darmanin scinde son projet de réforme pour accélérer les jugements criminels

Par Anadiplose 04/02/2026 à 13:17
Justice en crise : Darmanin scinde son projet de réforme pour accélérer les jugements criminels

Justice en crise : Darmanin scinde son projet de réforme pour accélérer les jugements criminels. 5 000 dossiers en attente, des délais records. Quelles alliances politiques ?

Un projet de loi scindé en deux pour répondre à l'urgence judiciaire

Dans un contexte de crise de la sécurité en France, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé mercredi 4 février une stratégie inédite : scinder son projet de réforme judiciaire en deux textes distincts. Cette décision, justifiée par le manque de temps parlementaire, vise à accélérer l'adoption des mesures les plus urgentes avant le 14 juillet.

Une réforme sous pression parlementaire

Initialement prévu comme un seul texte, le projet a été divisé sous la contrainte des agendas parlementaires saturés. « Nous n’avons plus beaucoup de fenêtres de tir », a reconnu Darmanin, soulignant l'urgence d'agir face à l'engorgement des tribunaux.

Le premier texte, présenté en priorité, cible la justice criminelle. Avec 5 000 dossiers en attente, dont des affaires de viol jugées en moyenne après six ans, le ministre promet de diviser par deux les délais. Parmi les mesures phares : l'extension du plaider-coupable aux crimes (sous réserve de l'accord des victimes) et l'élargissement des compétences des cours criminelles départementales.

Des mesures controversées et des alliances politiques fragiles

Ce premier texte, qualifié d'« urgent » par l'entourage de Darmanin, pourrait trouver une majorité plus large au Parlement, y compris avec la gauche. En revanche, le second volet, plus répressif, risque de diviser la majorité, notamment sur des mesures comme le numerus clausus dans les prisons ou la suppression de l'aménagement de peine obligatoire.

Les associations féministes et certains députés de gauche proposent de transformer les cours criminelles départementales en cours spécialisées dans les crimes sexuels, sur le modèle espagnol. Une idée qui pourrait être examinée lors des débats.

Un contexte politique tendu

Cette réforme intervient alors que le gouvernement Lecornu II fait face à des critiques croissantes sur sa gestion de la crise des finances publiques et de la crise de la démocratie locale. Dans ce contexte, la stratégie de Darmanin pourrait être perçue comme une tentative de diviser pour mieux régner, en isolant les mesures les plus controversées.

Reste à savoir si cette approche permettra de désengorger les tribunaux sans alimenter les tensions politiques, alors que la stratégie des partis pour 2027 commence à s'intensifier.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (5)

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Tirésias

il y a 2 semaines

Encore... une réforme qui va tout résoudre, sauf le problème de fond : le manque de juges et de moyens. Bon, au moins, ça fait une belle annonce pour les législatives. Après, on verra bien... comme d'hab.

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R

Roscoff

il y a 2 semaines

Comparons avec l'Allemagne : là-bas, les délais moyens pour un procès criminel sont de 6 mois. Nous, on frise les 2 ans... Et Darmanin veut accélérer sans moyens supplémentaires. C'est du vent, comme d'hab.

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L

Le Dubitatif 2022

il y a 2 semaines

Mouais... encore une réforme qui promet monts et merveilles. En attendant, les tribunaux sont toujours aussi saturés. Bof. Au moins, ça occupe les médias pendant quelques jours.

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Orphée

il y a 2 semaines

La scission du projet de Darmanin est une manœuvre politique évidente pour contourner les blocages parlementaires. Mais qui paiera l'addition ? Les justiciables, avec des procédures encore plus accélérées... et donc moins équitables. Le rapport de force avec LR est palpable, mais jusqu'où ira-t-il ?

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val-87

il y a 2 semaines

@orphee nooooon mais sérieux ??? 5000 dossiers en attente et ils font des réformes ??? ptdr... genre on va vite juger pour faire plaisir à la com' mais après ? les prisons saturent tjrs et les avocats sont en grève... mdr

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