Le PRG relancé en Occitanie : Baylet tente de redonner un souffle à la gauche radicale

Par Apophénie 04/11/2026 à 19:28
Le PRG relancé en Occitanie : Baylet tente de redonner un souffle à la gauche radicale

Le PRG relance son influence en Occitanie avec l’UHROC, un mouvement visant à redonner un souffle à la gauche radicale avant 2028. Une initiative portée par Jean-Michel Baylet pour réinvestir un terrain politique abandonné.

Une initiative pour redynamiser un parti en déclin

Dans un paysage politique occitan où les forces de gauche peinent à se recomposer, le Parti radical de gauche (PRG) tente de faire renaître son influence à travers une nouvelle structure régionale. Portée par des figures historiques du parti, l’Union humaniste et républicaine d’Occitanie (UHROC), lancée officiellement le 22 octobre 2026, se présente comme un moyen de réinvestir un terrain politique abandonné par les radicaux de gauche. Cette initiative, impulsée par Jean-Michel Baylet, ancien ministre et figure emblématique du PRG, s’inscrit dans une stratégie de reconquête électorale à long terme, notamment en vue des scrutins de 2028.

À près de 80 ans, Jean-Michel Baylet, toujours propriétaire du groupe La Dépêche du Midi et ancien sénateur sous plusieurs gouvernements socialistes, reste un acteur incontournable de cette dynamique. Son rôle dans la structuration de l’UHROC, bien que non officiellement revendiqué, est largement commenté : il aurait réuni ses proches, des élus locaux expérimentés, pour tenter de redonner une voix à un parti « en voie de marginalisation », selon les termes d’un proche de l’intéressé.

Une base militante réduite mais déterminée

L’UHROC, dont la présidence a été confiée à Laurent Chérubin, maire de Labège (Haute-Garonne) et vice-président de la communauté de communes Sicoval, compte à ce jour une dizaine d’élus régionaux, principalement des présidents départementaux du PRG. Selon Alain Baute, porte-parole du mouvement et ancien directeur général de La Dépêche du Midi,

« il ne s’agit pas d’une scission, mais de réincarner une parole et une pensée issues de la longue histoire du radicalisme de gauche. Nous sommes absents de la scène régionale et nationale, et cette initiative vise à y remédier. »

Parmi les figures clés du mouvement, Didier Codorniou, maire de Gruissan (Aude) et vice-président de la région Occitanie, occupe le poste de vice-président. Leur ambition affiche clairement un objectif : préparer les prochaines échéances électorales, notamment les régionales et départementales de 2028. Pour ses promoteurs, l’UHROC doit servir de « laboratoire idéologique » pour une gauche radicale en quête de renouveau.

Un héritage politique en question

Le PRG, historiquement ancré dans le paysage politique français, a vu son influence décliner ces dernières années. « La famille radicale a presque disparu de la scène nationale : peu de représentation, peu de présence médiatique, des structures fragilisées », reconnaît Laurent Chérubin. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de désaffection des électeurs pour les partis traditionnels, en particulier à gauche, où les divisions internes et l’ascension de l’extrême droite ont affaibli les forces progressistes.

Pour ses partisans, l’UHROC n’est pas seulement un mouvement de résistance, mais une tentative de redonner un sens à un héritage politique menacé. Le radicalisme de gauche, longtemps associé à des valeurs comme la laïcité, le républicanisme et une forme de progressisme social, peine aujourd’hui à trouver un écho dans un électorat de plus en plus polarisé. « Nous devons retrouver une voix qui compte », souligne Alain Baute, évoquant un « devoir de mémoire et de transmission » pour les radicaux de gauche.

Cette relance intervient alors que la gauche française, dans son ensemble, traverse une période de profondes remises en question. Entre les divisions entre socialistes, écologistes et radicaux, et la montée inexorable de l’extrême droite dans les sondages, les partis traditionnels peinent à proposer une alternative crédible. Dans ce contexte, le PRG et son nouveau mouvement semblent résolus à jouer un rôle, même modeste, dans la recomposition de la gauche.

Une stratégie à long terme, mais des défis immédiats

Si l’UHROC se veut avant tout une structure de réflexion et d’action locale, ses ambitions dépassent le cadre régional. Ses dirigeants espèrent que cette initiative pourrait inspirer d’autres mouvements similaires à travers le pays, afin de relancer un débat sur l’avenir du radicalisme de gauche. Pourtant, les obstacles sont nombreux : manque de moyens, faible visibilité médiatique, et concurrence accrue avec d’autres forces politiques, y compris au sein de la gauche.

Pour ses détracteurs, cette initiative pourrait être perçue comme une tentative désespérée de sauver un parti en déclin. Certains observateurs politiques y voient plutôt une « opération de communication » visant à maintenir une influence symbolique, sans garantie de succès électoral. « Le PRG a longtemps été un acteur clé de la gauche modérée, mais son heure de gloire semble passée », estime un analyste politique sous couvert d’anonymat.

Malgré ces critiques, les membres de l’UHROC affichent une détermination sans faille.

« Nous ne sommes pas là pour pleurer sur notre passé, mais pour construire l’avenir. Le radicalisme de gauche a encore un rôle à jouer dans la France de demain »
, déclare Laurent Chérubin. Leur défi sera de convaincre que cette relance n’est pas un simple coup d’éclat, mais le début d’un véritable renouveau politique.

Un pari risqué dans un contexte politique instable

L’initiative de l’UHROC s’inscrit dans une période où la gauche française, dans son ensemble, tente de se réinventer. Entre les tensions internes au Parti socialiste, la montée en puissance de La France Insoumise et les divisions au sein des écologistes, les radicaux de gauche peinent à trouver leur place. Pourtant, dans certains territoires, comme l’Occitanie, leur présence historique pourrait encore compter.

Le gouvernement actuel, dirigé par Sébastien Lecornu, incarne une droite libérale et pro-européenne, mais son action reste contestée par une partie de la population, notamment sur les questions sociales et écologiques. Dans ce contexte, une gauche unie et dynamique pourrait trouver un écho, mais les radicaux de gauche doivent d’abord prouver qu’ils sont capables de transcender leurs divisions internes.

Pour l’instant, l’UHROC reste une initiative fragile, portée par des élus locaux et quelques militants historiques. Son succès dépendra de sa capacité à s’élargir, à attirer de nouveaux adhérents et à proposer un projet politique ambitieux. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si cette relance du PRG en Occitanie est un feu de paille ou le début d’un renouveau.

Une chose est sûre : dans un paysage politique français où les certitudes s’effritent, les radicaux de gauche, malgré leur déclin apparent, ne semblent pas prêts à abandonner la partie.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (2)

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R

Résonance

il y a 39 minutes

Baylet qui essaye de sauver la gauche radicale en Occitanie... pfff bon courage l'ami. Après 20 ans à nous bassiner avec le PRG, on attend toujours le renouveau... ou pas. Bref.

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B

Beauvoir

il y a 1 heure

nooooon mais ça existe encore le PRG ??? genre sérieuuuuux ??? ils ont pété un câble ou quoi ??? mdr putain...

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