L'écologie, nouveau clivage politique ?
En 2020, les Verts avaient réalisé une percée historique en remportant six grandes villes françaises (Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours, Besançon et Annecy), s'ajoutant à Grenoble, déjà conquise en 2014 par Éric Piolle. Cette avancée, exceptionnelle à l'échelle européenne, s'était faite au détriment de la droite, dans un contexte d'unions de la gauche aux contours variables.
Mais depuis, le paysage politique a évolué. L'écologie, autrefois porteuse d'un consensus, est devenue un sujet de division, notamment face à la montée des tensions autour des questions de sécurité et de finances publiques.
Un héritage municipal sous tension
Les écologistes avaient alors intégré ou réintégré des majorités municipales dans une dizaine de grandes villes, dont Paris, Marseille, Montpellier, Rouen, Rennes, Brest, Nancy et Nantes. Mais aujourd'hui, ces alliances sont fragilisées par les critiques de la droite et de l'extrême droite, qui dénoncent une gestion jugée trop idéologique.
Simon Persico, politiste et directeur de Sciences Po Grenoble, souligne que l'écologie est désormais un enjeu clivant, bien plus qu'en 2020.
"Les promesses de campagne des mairies vertes se heurtent désormais à des réalités politiques et économiques complexes, dans un contexte de crise des services publics et de défiance envers les élus locaux."
La stratégie des Verts en question
Alors que le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, tente de naviguer entre réformes libérales et attentes écologiques, les écologistes municipaux doivent composer avec des attentes contradictoires. Certains observateurs pointent du doigt un manque de cohérence dans leur action, entre ambitions nationales et réalités locales.
Par ailleurs, la crise des finances publiques pèse lourdement sur les municipalités, obligeant les maires verts à arbitrer entre transition écologique et maintien des services essentiels. Cette tension pourrait bien devenir un enjeu majeur des prochaines élections municipales.
Dans ce contexte, les Verts tentent de se repositionner, mais leur marge de manœuvre semble de plus en plus étroite, entre les exigences des citoyens et les contraintes budgétaires imposées par l'État.