Un bloc central sans stratégie unitaire
À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, le bloc centriste, composé de Renaissance, du MoDem et d'Horizons, peine à présenter un front uni. Les alliances se font au cas par cas, reflétant une stratégie opportuniste plutôt qu'une vision cohérente.
Des ambitions mesurées après l'échec de 2020
En 2020, La République en marche (devenue Renaissance) avait ambitieux de conquérir des villes emblématiques comme Paris, Lyon et Marseille, mais le résultat fut désastreux. Aujourd'hui, le parti présidentiel adopte une approche plus pragmatique, privilégiant les alliances locales plutôt que des candidatures partout.
"On a appris de nos erreurs", assure un cadre du parti.
Macron en retrait, les candidats locaux en première ligne
Emmanuel Macron, dont la popularité est en berne, se tient volontairement à l'écart de la campagne. "Il se tient informé mais ce n'est pas lui qui décide", confie un stratège de Renaissance. Les candidats locaux insistent sur leur ancrage territorial, cherchant à dissocier leur image de celle du président.
Des alliances contradictoires
Dans certaines villes, comme Paris, les divisions sont flagrantes. Rachida Dati, soutenue par LR et le MoDem, affronte Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons et soutenu par Renaissance. "Ça aurait été mieux d'être unis", reconnaît Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l'Assemblée.
Le MoDem et Horizons, des approches différentes
Le MoDem, avec son ADN centriste, mise sur des accords locaux. "Notre stratégie, c'est une stratégie locale avec des accords locaux", explique Marc Fesneau. Horizons, en revanche, met en avant son implantation locale, avec des figures comme Édouard Philippe au Havre ou Christian Estrosi à Nice.
Un test pour 2027
Ces élections municipales pourraient donner le ton pour la présidentielle de 2027. Si le Rassemblement national ou La France insoumise progressent, cela pourrait affaiblir davantage le bloc centriste. "Evidemment qu'il faut privilégier les alliances quand, idéologiquement, on est proches", met en garde un ancien ministre macroniste.
Paris, symbole des divisions
La capitale illustre parfaitement les tensions au sein du bloc central. Rachida Dati, malgré ses ennuis judiciaires, reste une candidate crédible pour LR et une partie du MoDem. Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Renaissance, peine à rassembler. "Je l'apprécie, mais il ne peut pas gagner", estime Marc Fesneau.