Lens, bastion de gauche depuis un siècle, vacille face à la montée du RN

Par Renaissance 09/03/2026 à 06:09
Lens, bastion de gauche depuis un siècle, vacille face à la montée du RN
Photo par Damien Checoury sur Unsplash

Lens, bastion historique de gauche, voit le RN progresser. Un symbole de la crise de la démocratie locale et des défis de la gauche française.

Un bastion historique en péril

Une fine pluie arrose la ville de Lens, dans le Pas-de-Calais, tandis que la nuit tombe. Malgré le week-end qui approche, une petite foule se presse devant un local associatif de la place Saint-Léonard, vendredi 20 février. Quelque 200 personnes sont venues écouter le maire socialiste Sylvain Robert présenter son programme pour les élections municipales des 15 et 22 mars.

Une campagne ancrée dans l'histoire ouvrière

Face à l'assistance, les candidats se lèvent tour à tour pour décliner leur parcours, leur profession ou leur engagement associatif. La moitié d'entre eux n'ont aucune affiliation politique, mais tous semblent partager un attachement profond à cette ville de près de 33 000 habitants. Une cheffe de gare évoque son attachement à Lens, un ancien footballeur du Racing Club de Lens loue un « maire bâtisseur », tandis qu'un retraité décrit une collectivité « qui renaît de ses cendres ».

Dans cette ancienne cité minière, l'ascendance ouvrière reste un marqueur fort. Seules quatre personnes sur une quarantaine ont évoqué cet héritage ce soir-là, mais selon Sylvain Robert, ils seraient bien plus nombreux sur sa liste. Lui-même, l'enfant du pays, est « petit-fils de mineur ». « Fiers d'hier, engagés pour demain ! », proclame son slogan de campagne, qui figure sur les documents qu'il distribue le lendemain lors d'une séance de porte à porte dans l'ancienne cité 8.

Le RN, une menace grandissante

Pourtant, malgré cette tradition de gauche solidement ancrée, le Rassemblement National (RN) progresse dans la région. Une étude récente révèle que le vote d'extrême droite n'est plus une « anomalie » à Lens, comme le soulignait encore un analyste politique en 2024. Cette montée en puissance s'inscrit dans un contexte national marqué par une crise de la démocratie locale, où les partis traditionnels peinent à convaincre une partie croissante de l'électorat.

« La gauche doit se ressaisir », déclare un militant présent lors du meeting. « Nous ne pouvons pas laisser le RN s'installer dans une ville qui a toujours été un symbole de résistance ouvrière. » Cette inquiétude est partagée par de nombreux habitants, qui craignent de voir leur ville basculer dans le camp de l'extrême droite, alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassembler les forces progressistes autour d'un projet européen et social.

Un enjeu national

Cette situation à Lens illustre les défis auxquels fait face la gauche française, alors que les élections municipales approchent. Dans un contexte de crise des vocations politiques, où les partis traditionnels peinent à renouveler leur base militante, la montée du RN représente une menace réelle pour les valeurs républicaines. « Nous devons montrer que la gauche reste capable de proposer des solutions concrètes aux problèmes des citoyens », insiste un conseiller municipal.

Alors que le gouvernement tente de relancer l'économie et de renforcer les services publics, les élections municipales de 2026 pourraient bien devenir un test crucial pour la gauche. À Lens, comme ailleurs, l'enjeu est clair : préserver l'héritage ouvrier et progressiste face à la montée des populismes.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (11)

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WaveMaker

il y a 1 mois

Bref, la gauche a merdé. Fin de l'histoire.

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J

julien-sorel-3

il y a 1 mois

La gauche doit se réinventer ou disparaître. C'est aussi simple que ça. Les électeurs ne veulent plus des mêmes discours.

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Etchecopar

il y a 1 mois

Franchement les gars, la gauche a oublié les gens de Lens !!! Ils parlent bcp de transition écologique mais personne ne pense aux emplois !!!

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A

Anamnèse

il y a 1 mois

La gauche a trahi les siens. Point final.

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Elizondo

il y a 1 mois

Ce qui est fascinant, c'est que le RN progresse là où la gauche a toujours dominé. Un peu comme en Italie avec la Ligue du Nord...

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Trégor

il y a 1 mois

@elizondo Exact, et en plus le RN a su capter la colère économique. La gauche a perdu son ancrage ouvrier, c'est une crise identitaire.

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T

TrailBlazer

il y a 1 mois

Ptdr les gens votent RN parce qu'ils en ont marre des promesses non tenues !!! La gauche a oublié les ouvriers !!!

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N

Nausicaa

il y a 1 mois

Nooooon mais sérieux ??? Lens c'est le berceau du PCF !!! Et maintenant ils votent RN ??? C'est quoi ce délire ???

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Geoffroy de Hyères

il y a 1 mois

Mouais... La gauche qui perd Lens, c'est un peu comme un fromage sans trou. Bof, ça existe mais c'est moins bon.

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E

Entropie

il y a 1 mois

@geoffroy-de-hyeres T'es un peu dur là non ? La gauche a quand même des responsabilités dans cette déroute...

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C

Crépuscule

il y a 1 mois

Lens qui tombe, c'est un peu comme le mur de Berlin... sauf que personne ne danse. La gauche a l'air de chercher ses clés dans le noir.

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