Un député insoumis dans la tourmente à quelques semaines des municipales
À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, la campagne s'embrase à Marseille. Sébastien Delogu, tête de liste LFI pour la ville phocéenne, a été entendu dimanche 8 février par la gendarmerie d'Aix-en-Provence dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de liens avec le narcotrafic. Une affaire qui relance le débat sur la crise de la démocratie locale et les tensions politiques à l'approche du scrutin.
Des accusations « calomnieuses » selon le député
Le député insoumis avait lui-même annoncé son intention de se rendre à l'audition, affirmant vouloir « mettre fin à ces accusations qui relèvent de la calomnie ». Une position soutenue par son avocat, Yonès Taguelmint, qui a déclaré à l'issue de l'audition : « Il n'y a aucun lien de quelque manière que ce soit entre Sébastien Delogu et le trafic de stupéfiants ».
Selon l'avocat, les échanges en question concernaient la livraison de meubles et non de substances illicites. Il a produit des factures à l'appui de cette version, expliquant que le livreur en question avait été condamné dans une autre affaire de narcotrafic, sans lien avec son client. Une défense qui pourrait être mise à mal par les révélations du Canard enchaîné, qui évoque des échanges réguliers entre le député et un suspect arrêté dans le cadre d'une enquête sur un point de deal démantelé en janvier.
Une affaire qui éclabousse la gauche à l'approche des municipales
Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu pour la gauche, confrontée à une crise des vocations politiques et à des divisions internes. À Marseille, où la droite et l'extrême droite sont en position de force, cette polémique pourrait affaiblir la campagne de LFI, déjà fragilisée par des dissensions internes. Pourtant, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon mise sur cette élection pour consolider son ancrage local et préparer les échéances nationales de 2027.
Du côté du gouvernement, cette affaire est suivie avec attention. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, en pleine gestion d'une crise des finances publiques, pourrait être tenté d'en faire un argument contre l'opposition. Une stratégie risquée, alors que le pouvoir est déjà critiqué pour son manque de résultats concrets sur la crise de la sécurité en France.
Un contexte politique explosif
Cette affaire s'inscrit dans un climat politique national particulièrement tendu, marqué par une guerre des droites et des tensions croissantes entre les partis. Alors que la droite radicale cherche à capitaliser sur les thèmes sécuritaires, la gauche tente de recentrer le débat sur les questions sociales, dans un contexte de crise agricole et politique sanitaire persistante.
Pour l'instant, les réactions politiques restent mesurées. Mais à quelques semaines des élections, cette affaire pourrait bien devenir un enjeu majeur, révélateur des fractures d'une société française en quête de solutions.