Un candidat controversé écarté à quelques mois des municipales
La France insoumise (LFI) a pris une décision radicale samedi 10 janvier en excluant Yves Bouteiller, sa tête de liste désignée pour les élections municipales de 2026 à Romilly-sur-Seine (Aube). Cette mesure intervient après la découverte de publications jugées antisémite sur les réseaux sociaux du candidat.
Des propos inacceptables pour le mouvement insoumis
Le comité électoral de LFI a réagi avec fermeté en retirant immédiatement l'investiture de M. Bouteiller. « Ce candidat a violé la charte d’engagement signée par l’ensemble des candidats investis par La France insoumise, qui rejette toute forme de discrimination », a souligné le mouvement dans un communiqué. L’exclusion a été actée vendredi soir par le comité de respect des principes.
Des publications incendiaires et des références complotistes
Très actif sur Facebook, Yves Bouteiller a partagé des messages controversés, notamment des attaques contre le député socialiste Jérôme Guedj, qu’il a qualifié de « salopard sioniste ». Il a également affirmé que « le Crif dirige la France » et a établi un parallèle entre les actions israéliennes et le IIIe Reich, dans des propos largement condamnés.
En mars 2025, alors que LFI était déjà critiquée pour une affiche jugée antisémite, Bouteiller avait partagé une publication de Jean-Luc Mélenchon sur Gaza, accompagnée d’un commentaire accusant « les juifs » de « carnage » avec le soutien des « macronolepénistes ».
Une affaire qui interroge sur les dérives de l’extrême gauche
Cette affaire survient alors que la gauche française tente de se reconstruire après des années de divisions. La révélation de ces propos met en lumière les tensions internes au sein de LFI, où certains militants défendent des positions radicales, parfois aux limites de l’acceptable. Le mouvement, pourtant engagé dans une stratégie de rassemblement en vue des élections de 2027, doit désormais faire face à une nouvelle crise d’image.
Contacté par l’AFP, Yves Bouteiller a affirmé ne pas avoir été informé des motifs de son exclusion.
« Je n’ai eu aucune communication de qui que ce soit. Je ne sais pas de quoi il est question »,a-t-il déclaré, refusant tout commentaire supplémentaire.
Romilly-sur-Seine, une ville clé dans le paysage politique de l’Aube
Avec ses 15 000 habitants, Romilly-sur-Seine est la deuxième plus grande ville du département. Son maire actuel, membre du Parti socialiste, a déjà exprimé son inquiétude face à la montée des discours radicaux dans la région. Cette affaire pourrait influencer les dynamiques locales à quelques mois des élections.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays face à une crise de la démocratie locale, cette affaire rappelle l’urgence de lutter contre les discours de haine, qu’ils viennent de l’extrême droite ou de certaines franges de la gauche radicale.