Un projet de loi controversé pour lutter contre l'antisémitisme
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), que le gouvernement inscrirait dès avril au Parlement une proposition de loi visant à lutter contre les « formes renouvelées de l'antisémitisme ». Portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, cette initiative, enrichie par le Conseil d'État, suscite déjà de vives critiques.
Un texte qui élargit les délits existants
Le projet de loi propose notamment de créer un nouveau délit punissant de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende le fait de « provoquer à la destruction ou à la négation d’un État ». Il élargit également le délit d'apologie du terrorisme. Ces mesures visent à répondre à ce que le gouvernement considère comme une montée des discours antisémites, notamment dans le contexte des tensions au Proche-Orient.
Des oppositions virulentes
Les détracteurs du texte dénoncent un amalgame entre juifs et Israël, ainsi qu'une tentative de museler toute critique de la politique du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Certains y voient une instrumentalisation de la lutte contre l'antisémitisme pour servir des intérêts politiques.
« Se dire antisioniste, c'est contester le droit même à Israël d'exister », a déclaré Sébastien Lecornu, soulignant la nécessité de distinguer entre critique d'un régime et négation du droit à l'existence d'un État.
Un débat qui dépasse les clivages traditionnels
Le Premier ministre a fustigé « l'antisémitisme politique, de droite, de gauche », rappelant la volonté du gouvernement d'inscrire dans le droit « l'inéligibilité pour propos antisémites et racistes ». Il a également critiqué le slogan « De la mer au Jourdain », qu'il interprète comme un appel à la disparition d'Israël.
Alors que la France traverse une période de tensions politiques et sociales, ce projet de loi risque d'alimenter les débats sur la liberté d'expression et la lutte contre les discriminations. Les prochaines semaines s'annoncent donc chargées en discussions houleuses à l'Assemblée nationale et au Sénat.