Une campagne polarisée sous le regard de l’exécutif
Alors que la France s’enfonce dans une crise de la démocratie locale, la bataille pour la mairie de Lyon prend des allures de laboratoire politique. Grégory Doucet, maire sortant écologiste, affronte Jean-Michel Aulas, figure médiatique soutenue par une coalition de droite et de centre. Un duel qui résonne bien au-delà des frontières lyonnaises, dans un contexte marqué par la guerre des droites et les tensions entre majorité présidentielle et oppositions.
Doucet mise sur l’apaisement face à la stratégie agressive d’Aulas
Samedi 17 janvier, lors de son premier meeting au Sucre, salle emblématique du quartier de Confluence, Grégory Doucet a choisi de dépolitiser le débat. « Une ville apaisée et protectrice, inclusive et hospitalière » : son discours, volontairement consensuel, contraste avec les attaques répétées de son adversaire. « On ne veut pas passer notre temps à répondre aux insultes et à la démagogie », explique Benjamin Badouard, élu à la Métropole, rappelant la victoire historique des écologistes en 2020.
La droite lyonnaise en ordre de bataille
De l’autre côté, Jean-Michel Aulas, ancien président de l’OL, capitalise sur un soutien massif des partis traditionnels (LR, UDI, MoDem, Horizons, Renaissance). Sa stratégie ? Saturer l’espace médiatique par des annonces spectaculaires et des critiques acerbes contre les « dogmatiques » écologistes. Une approche qui rappelle les méthodes de la droite dure, en pleine ascension dans un pays fracturé.
Un scrutin sous haute tension nationale
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques, les municipales lyonnaises pourraient servir de test grandeur nature pour les stratégies des partis en vue de 2027. La gauche, en difficulté face à la droite radicalisée, mise sur Lyon pour prouver sa capacité à résister. Mais dans une ville où la spéculation immobilière et la crise du logement explosent, les enjeux locaux pèsent lourd.
L’ombre de l’extrême droite plane
Si le Rassemblement National n’est pas officiellement en lice, son influence se fait sentir. Les thèmes sécuritaires et anti-immigration, portés par Aulas, pourraient drainer des voix vers l’extrême droite, dans un contexte de crise de la sécurité et de montée des tensions sociales. Une dynamique qui inquiète jusqu’au sein de la majorité présidentielle.
L’Europe en toile de fond
Alors que l’Union européenne tente de renforcer la démocratie locale, Lyon pourrait devenir un symbole. Les écologistes, proches des positions pro-européennes, espèrent capitaliser sur l’image d’une ville verte et solidaire, face à une droite accusée de démagogie et de complaisance envers les lobbies.