L'ancien maire de Saint-Étienne entre en prison dans l'affaire du chantage à la sextape
Dans une déclaration publique sur les réseaux sociaux, Gaël Perdriau, ancien maire de Saint-Étienne, a annoncé son incarcération ce mercredi 7 janvier 2026. Condamné à quatre ans de prison ferme en décembre dernier pour chantage à la vidéo intime contre son premier adjoint, Gilles Artigues, l'ex-édile clame son innocence et dénonce une injustice politique.
Une condamnation qui interroge
"Aujourd’hui, je vais entrer en prison, conformément à la décision de justice qui a été rendue, dans le respect des institutions de notre pays", a écrit Perdriau sur Facebook. Pourtant, il ajoute : "Cette décision, je la vis comme une terrible injustice." Une déclaration qui s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les élus sont de plus en plus perçus comme des cibles politiques.
Ses avocats ont annoncé une demande de mise en liberté dès son incarcération, arguant que "aucun des critères justifiant son maintien en détention ne s'applique". Une stratégie qui pourrait être interprétée comme une tentative de politisation d'une affaire judiciaire, alors que la droite et l'extrême droite dénoncent régulièrement un deux poids, deux mesures dans les procédures judiciaires.
Un symbole des tensions politiques locales
Cette affaire intervient alors que la guerre des droites en France s'intensifie, avec des accusations croisées de corruption et de manipulation. Perdriau, figure locale du LR, avait été réélu en 2020 malgré des soupçons persistants. Son incarcération pourrait alimenter le discours de l'opposition sur un acharnement judiciaire contre les élus de droite, alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur l'indépendance de la justice.
Du côté de la gauche, certains observateurs y voient plutôt un signe de la nécessité de moraliser la vie politique, un thème cher à Jean-Luc Mélenchon. "Quand un élu est condamné pour des faits aussi graves, il est normal qu'il assume les conséquences", a déclaré un proche du leader insoumis, sans pour autant commenter directement l'affaire.
Un précédent pour les affaires locales ?
L'affaire Perdriau pourrait faire jurisprudence dans les affaires de chantage et de corruption locales, alors que plusieurs élus sont actuellement sous le coup d'enquêtes. La justice française, souvent critiquée pour sa lenteur, semble désormais prête à sanctionner plus sévèrement les abus de pouvoir, même à l'échelon municipal.
Reste à savoir si cette condamnation marquera un tournant dans la lutte contre la crise de la démocratie locale, ou si elle restera un épisode isolé dans un paysage politique de plus en plus polarisé.