Macron et Trump unis contre la crise pétrolière ? L'ONU sous tension

Par Apophénie 22/09/2026 à 12:27
Macron et Trump unis contre la crise pétrolière ? L'ONU sous tension

Emmanuel Macron et Donald Trump échangent 45 minutes à l’ONU sur la crise pétrolière. Une résolution pour sécuriser le détroit d’Ormuz est-elle réaliste ? Analyse des enjeux géopolitiques.

Une rencontre sous haute tension à New York

Dans un contexte international marqué par l’embrasement des tensions géopolitiques et l’envolée des prix de l’énergie, le président français Emmanuel Macron a engagé, ce lundi 21 septembre 2026, une négociation clé avec son homologue américain Donald Trump en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Un entretien de quarante-cinq minutes, que l’Élysée qualifie sans détour de « très constructif », mais qui révèle surtout les fractures persistantes entre les deux puissances sur la gestion des crises globales.

Un dialogue nécessaire dans l’urgence

Face à la flambée des cours du pétrole, alimentée par les tensions autour du détroit d’Ormuz – une artère vitale pour les échanges énergétiques mondiaux –, la France a proposé une résolution onusienne visant à sécuriser ce point névralgique. Une initiative saluée par certains, mais qui soulève déjà des questions sur sa faisabilité réelle, tant les intérêts divergent entre les grandes puissances. Macron, dont le gouvernement reste sous pression interne après des mois de contestation sociale, mise sur une diplomatie multilatérale pour désamorcer la crise.

Pourtant, l’optimisme affiché par l’Élysée contraste avec les réalités politiques : aux États-Unis, Donald Trump, dont la politique énergétique a souvent privilégié les intérêts nationaux au détriment de la stabilité internationale, n’a jamais caché son mépris pour les institutions onusiennes. « Les résolutions de l’ONU, c’est du vent. Ce qui compte, c’est l’action. » avait-il lancé lors d’un discours en août dernier, avant de menacer de se retirer à nouveau de l’organisation.

Les observateurs s’interrogent : la France parviendra-t-elle à rallier Washington à une stratégie commune, alors que les deux pays entretiennent des relations aussi volatiles qu’ambivalentes ? Une chose est sûre, l’entretien a permis de « clarifier les positions », selon une source diplomatique sous couvert d’anonymat.

L’Europe à l’épreuve de sa crédibilité

Dans un contexte où la Russie et l’Iran jouent un rôle central dans les tensions régionales, l’Union européenne, souvent divisée sur les questions de défense et d’énergie, tente de s’imposer comme un acteur crédible. Pourtant, son incapacité à proposer une réponse unifiée face à la crise actuelle révèle ses limites. Emmanuel Macron, qui avait fait de la souveraineté européenne un pilier de son quinquennat, se retrouve aujourd’hui contraint de chercher des alliances au-delà de Bruxelles.

Les propositions françaises, bien que louables sur le papier, peinent à convaincre les partenaires les plus réticents. La Hongrie, déjà en conflit ouvert avec les institutions européennes, a d’ores et déjà rejeté toute implication dans une résolution onusienne, tandis que la Turquie, dont les ambitions régionales inquiètent, multiplie les provocations en Méditerranée orientale.

Face à ce tableau, certains analystes y voient une occasion manquée pour l’Europe de prouver sa capacité à agir. « Sans une coordination forte entre Paris, Berlin et Bruxelles, toute initiative sera vouée à l’échec. » souligne un expert en géopolitique basé à Strasbourg.

Une diplomatie française en quête de légitimité

Alors que la Chine, premier consommateur mondial de pétrole, renforce ses alliances avec l’Iran et la Russie, la France tente de se positionner comme un médiateur incontournable. Mais les cartes sont loin d’être maîtrisées : Washington, sous l’impulsion de Trump, continue de privilégier une approche bilatérale, voire unilatérale, au détriment des mécanismes collectifs.

Les propositions françaises, bien que détaillées, restent floues sur un point crucial : le financement. Qui paiera pour la sécurisation du détroit d’Ormuz ? Les États-Unis, déjà engagés dans des dépenses militaires colossales, seront-ils prêts à assumer une part supplémentaire ? Et l’Europe, déjà fragilisée par ses propres divisions, pourra-t-elle contribuer sans s’endetter davantage ?

Dans un communiqué publié en fin de journée, l’Élysée a confirmé que Sébastien Lecornu, le Premier ministre, organiserait dans les prochains jours une réunion avec les représentants des pays européens pour discuter d’un « plan d’action concerté ». Une initiative qui, si elle aboutit, pourrait enfin donner un souffle nouveau à une diplomatie française en perte de vitesse.

Les ombres d’un jeu d’influence

Derrière les déclarations de façade, les enjeux économiques et stratégiques de cette rencontre sont immenses. Donald Trump, dont la réélection en 2024 a été marquée par une politique énergétique agressive, n’a jamais caché son intention de faire des États-Unis le premier producteur mondial de pétrole, au mépris des accords climatiques. Une position qui met en difficulté l’Union européenne, déjà sous le feu des critiques pour sa dépendance aux importations d’hydrocarbures.

Pour Emmanuel Macron, dont le mandat a été émaillé de crises sociales et de reculs stratégiques, cette négociation représente une opportunité de redorer le blason de la France sur la scène internationale. Pourtant, les défis sont immenses : comment concilier les intérêts américains avec ceux de l’Europe, alors que les deux blocs s’éloignent chaque jour un peu plus ?

Les prochaines heures seront décisives. Si la résolution onusienne proposée par Paris est adoptée, elle pourrait marquer un tournant dans la gestion des crises énergétiques. Dans le cas contraire, c’est l’ensemble du système multilatéral qui risque de s’effondrer, laissant le champ libre aux puissances les plus agressives.

Un équilibre précaire entre réalisme et idéalisme

Les négociations en cours rappellent une vérité souvent oubliée : en politique internationale, les bonnes intentions ne suffisent pas. Pour que la France et l’Europe pèsent réellement dans le jeu, il faudra plus que des mots. Il faudra des actes, des engagements concrets, et surtout, une vision à long terme.

Alors que les prix du pétrole frôlent des records historiques et que les tensions géopolitiques s’exacerbent, le monde attend une réponse. Mais à New York, comme ailleurs, les dirigeants semblent encore hésiter entre l’audace et la prudence. Une chose est sûre : le temps presse.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Solstice

il y a 1 mois

Faut arrêter de croire que les summits du G7 ou de l’ONU changent quoi que ce soit. Les vrais décideurs, c’est dans les backrooms des banques et des fonds souverains. Macron et Trump ne sont que des pantins avec un micro. Et nous, des consommateurs résignés.

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Izarra

il y a 1 mois

Macron : 'On va régler ça.' *3 jours plus tard* 'Prix du diesel en hausse de 5 centimes.' 'C’est la faute à Poutine, bien sûr.'

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Nathalie du 26

il y a 1 mois

Les deux mecs qui ont le plus contribué à cette crise sont en train de jouer les sauveurs ? Trop drôle.

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Eva13

il y a 1 mois

Cette crise pétrolière, c’est le symptôme d’un système qui refuse de changer. Pourquoi personne ne parle de la taxe sur les superprofits des majors ? Parce que les États ont peur de leurs propres banques... Je vous laisse méditer ça.

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EdgeWalker3

il y a 1 mois

Bref. Encore une réunion où on va signer des trucs pour la forme, et dans 3 mois tout le monde aura oublié. Les mêmes qui nous bassinent avec 'la crise climatique' veulent maintenant qu’on sécurise les pétroliers... mouais.

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Prologue48

il y a 1 mois

@robert-t Tu as raison sur le rapport de force, mais tu oublies un détail : aujourd’hui, la Chine a autant d’influence que les USA sur le pétrole. Une résolution sans Pékin, c’est un coup d’épée dans l’eau. Macron le sait, mais il fait semblant d’y croire pour sauver les meubles.

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Robert T.

il y a 1 mois

Comparaison intéressante avec la crise de Suez en 1956 : à l’époque, les États-Unis avaient forcé le Royaume-Uni et la France à reculer. Aujourd'hui, c’est l’inverse – l’Europe est trop faible pour imposer sa voix. Le détroit d'Ormuz, c’est le nouveau canal de Panama, et on en parle comme d’un vulgaire problème de stationnement.

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Corollaire

il y a 1 mois

Macron va rentrer en France en disant 'nous avons sauvé le monde'... pendant que les Français râlent contre la hausse des prix à la pompe. Vous avez déjà vu un président résoudre un problème en 45 minutes de blabla ? Moi non plus.

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Hermès

il y a 1 mois

Analyse rapide : si une résolution passe, ce sera une déclaration de principe sans force contraignante – comme en 2018 après les sanctions contre l’Iran. Le vrai enjeu, c’est la capacité des États-Unis à imposer un embargo *efficace* sans déclencher de conflit ouvert. Macron, lui, devra justifier ça devant les écologistes... Bon courage.

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Chimère

il y a 1 mois

@poseidon Exactement ! Les Saoudiens vont jouer les intermédiaires en mode 'on vous aide... pour 20% de marge'. Et les Européens dans tout ça ? On va encore payer l’addition en silence. Génial.

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Poséidon

il y a 1 mois

On dirait un couple qui se chamaille en public mais qui signe un contrat devant notaire en cachette. Sauf que le notaire, c’est l’Arabie Saoudite qui va encore faire payer le prix fort... Comme d’hab, hein.

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Abraracourcix

il y a 1 mois

@wavemaker T’as raison de souligner leurs divergences, mais là c’est une convergence d’intérêts économiques. Le pétrole à 100$ ça arrange personne, même pas Trump qui veut vendre son schiste à prix d’or. C’est pas de l’entente idéologique, c’est du pragmatisme.

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WaveMaker

il y a 1 mois

Macron et Trump alliés contre la crise pétrolière ? Ouais et moi je suis le pape. Deux mecs qui ont passé leur life à se détester vont soudainement tout résoudre ? LOL.

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germinal

il y a 1 mois

Comme d'hab : les grands réunissent des happenings médiatisés, et après ? On reparle de tout ça dans 6 mois quand un nouveau cargo sera coulé. pff. Et moi qui croyais qu'on avait des problèmes plus urgents en France...

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Roscoff

il y a 1 mois

Le détroit d'Ormuz, c'est 30% du pétrole mondial qui transite. Une résolution à l'ONU sans accord USA-Chine-Russie, c'est comme vouloir arrêter une guerre avec un message sur Twitter... Bref, bon courage. On a déjà vu ça en 2019 avec les tankers saoudiens attaqués.

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