Un exécutif sous pression à la veille des élections
À quinze mois de la fin de son mandat, Emmanuel Macron tente de regagner la confiance d’un secteur agricole en crise, marqué par des années de défiance et de tensions sociales. Le Salon international de l’agriculture, qui se tient ce samedi 21 février 2026, porte de Versailles, s’annonce comme un nouveau test pour le chef de l’État, dont la politique agricole est vivement contestée.
Boycott syndical et radicalisation des discours
Deux syndicats majeurs, la Coordination rurale (proche de l’extrême droite) et la Confédération paysanne (classée à gauche), ont annoncé leur boycott de la visite présidentielle. Une décision symbolique qui reflète la montée des discours « dégagistes » dans un monde agricole épuisé par les crises successives.
« Ils veulent profiter de cette caisse de résonance qu’est le Salon de l’agriculture pour continuer à mener la bataille syndicale qui n’a jamais vraiment cessé depuis les élections aux chambres d’agriculture de 2025 », estime Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée. Une analyse qui souligne les fractures internes au sein d’un secteur en pleine recomposition politique.
La dermatose nodulaire, un symbole des tensions
Les deux organisations ont été les chevilles ouvrières des mobilisations contre la stratégie gouvernementale de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse. L’abattage systématique des troupeaux contaminés, imposé par le gouvernement Lecornu II, a cristallisé la colère d’un monde agricole déjà malmené par les aléas climatiques et la concurrence déloyale des normes européennes.
« Les agriculteurs ne supportent plus d’être traités comme des variables d’ajustement dans les politiques publiques », dénonce un porte-parole de la Confédération paysanne. Une critique qui résonne particulièrement dans un contexte de crise des vocations politiques, où les mouvements sociaux gagnent en radicalité.
Un exécutif en quête de légitimité
Pourtant, l’entourage présidentiel insiste sur la volonté d’Emmanuel Macron de « témoigner de son soutien au monde agricole ». Une démarche qui pourrait s’avérer insuffisante face à un secteur de plus en plus tenté par des alternatives politiques, notamment à l’extrême droite.
Dans ce contexte, le gouvernement Lecornu II se retrouve sous le feu des critiques, accusé de ne pas avoir su anticiper la montée des tensions. Une situation qui pourrait peser lourd dans la stratégie des partis pour 2027, où l’agriculture pourrait devenir un enjeu clé.
Reste à savoir si le président parviendra à se rendre audible dans un secteur où la défiance envers les institutions ne cesse de grandir.