Un haut fonctionnaire controversé à la tête de l'INSP
La nomination de Jérôme Filippini à la direction de l'Institut national du service public (INSP) suscite des réactions mitigées dans le milieu de la haute administration. Ce magistrat de la Cour des comptes, proche des cercles macronistes, prendra les rênes d'un établissement clé pour la formation des élites administratives, succédant à Maryvonne Le Brignonen, qui a choisi de ne pas briguer un second mandat.
Un profil marqué par les réformes controversées
Âgé de 57 ans, Jérôme Filippini est un énarque de la promotion Victor Schœlcher (1994-1996). Son parcours est étroitement lié aux réformes structurelles de l'État, notamment sous la présidence d'Emmanuel Macron. De 2011 à 2012, il a été adjoint du secrétaire général du gouvernement, Serge Lasvignes, où il a piloté des projets comme la réforme de l'administration territoriale et la création de la « DSI groupe ».
Ces réformes, souvent critiquées par la gauche pour leur manque de transparence, pourraient expliquer les réserves exprimées par certains syndicats de fonctionnaires.
« Un choix qui confirme la tendance à la technocratie au sein de l'État »,déclare un représentant de la CGT-Fonction publique, sous couvert d'anonymat.
Une concurrence écartée : le signal politique du gouvernement
La candidature d'Éric Thiers, ancien conseiller de François Bayrou, avait été évoquée comme une alternative crédible. Son écartement au profit de Filippini pourrait s'interpréter comme un renforcement de la ligne macroniste au sein de l'INSP. Un choix qui intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement et les corps intermédiaires.
Le gouvernement Lecornu II, souvent accusé de marginaliser les contre-pouvoirs, semble ainsi consolider son influence sur les institutions clés. Cette nomination intervient alors que la crise des vocations politiques et la défiance envers les élites administratives atteignent des niveaux records.
L'INSP, un enjeu stratégique pour la démocratie
L'Institut national du service public, héritier de l'ENA, joue un rôle central dans la formation des hauts fonctionnaires. Son orientation politique influence directement les politiques publiques. Dans un contexte de montée des populismes et de défiance envers les institutions, le choix de son directeur prend une dimension symbolique forte.
Les syndicats et associations de défense des libertés publiques surveillent de près cette nomination, craignant une dérive technocratique qui éloignerait davantage l'administration des citoyens. Un enjeu crucial alors que la France s'apprête à affronter les défis de 2027.