L'INSP sous haute tension : un choix contesté pour succéder à l'ENA

Par Camaret 05/01/2026 à 08:15
L'INSP sous haute tension : un choix contesté pour succéder à l'ENA

Jérôme Filippini nommé à la tête de l'INSP : un choix contesté dans un contexte de crise des vocations politiques

Un haut fonctionnaire controversé à la tête de l'INSP

La nomination de Jérôme Filippini à la direction de l'Institut national du service public (INSP) suscite des réactions mitigées dans le milieu de la haute administration. Ce magistrat de la Cour des comptes, proche des cercles macronistes, prendra les rênes d'un établissement clé pour la formation des élites administratives, succédant à Maryvonne Le Brignonen, qui a choisi de ne pas briguer un second mandat.

Un profil marqué par les réformes controversées

Âgé de 57 ans, Jérôme Filippini est un énarque de la promotion Victor Schœlcher (1994-1996). Son parcours est étroitement lié aux réformes structurelles de l'État, notamment sous la présidence d'Emmanuel Macron. De 2011 à 2012, il a été adjoint du secrétaire général du gouvernement, Serge Lasvignes, où il a piloté des projets comme la réforme de l'administration territoriale et la création de la « DSI groupe ».

Ces réformes, souvent critiquées par la gauche pour leur manque de transparence, pourraient expliquer les réserves exprimées par certains syndicats de fonctionnaires.

« Un choix qui confirme la tendance à la technocratie au sein de l'État »,
déclare un représentant de la CGT-Fonction publique, sous couvert d'anonymat.

Une concurrence écartée : le signal politique du gouvernement

La candidature d'Éric Thiers, ancien conseiller de François Bayrou, avait été évoquée comme une alternative crédible. Son écartement au profit de Filippini pourrait s'interpréter comme un renforcement de la ligne macroniste au sein de l'INSP. Un choix qui intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement et les corps intermédiaires.

Le gouvernement Lecornu II, souvent accusé de marginaliser les contre-pouvoirs, semble ainsi consolider son influence sur les institutions clés. Cette nomination intervient alors que la crise des vocations politiques et la défiance envers les élites administratives atteignent des niveaux records.

L'INSP, un enjeu stratégique pour la démocratie

L'Institut national du service public, héritier de l'ENA, joue un rôle central dans la formation des hauts fonctionnaires. Son orientation politique influence directement les politiques publiques. Dans un contexte de montée des populismes et de défiance envers les institutions, le choix de son directeur prend une dimension symbolique forte.

Les syndicats et associations de défense des libertés publiques surveillent de près cette nomination, craignant une dérive technocratique qui éloignerait davantage l'administration des citoyens. Un enjeu crucial alors que la France s'apprête à affronter les défis de 2027.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (5)

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G

Gavroche

il y a 1 mois

Nooooon mais sérieux ??? Ils nous prennent pour des cons ou quoi ??? L'INSP, c'est juste pour faire oublier l'ENA, ptdr !!! Bcp de bruit pour rien, tjrs la même merde...

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Bréhat

il y a 1 mois

Mouais... On va encore nous sortir le discours sur la modernité et la rénovation. Dans 5 ans, on se plaindra toujours du même système. Franchement, qui y croit encore ?

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Achille

il y a 1 mois

Un nouveau nom pour une vieille machine. L'INSP, c'est juste l'ENA avec un lifting. Les mêmes problèmes, les mêmes privilèges. Mais bon, au moins, ça fait une belle annonce.

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BookWorm

il y a 1 mois

La nomination de Jérôme Filippini à la tête de l'INSP soulève des questions sur la légitimité du choix dans un contexte de crise des vocations politiques. Si l'INSP doit remplacer l'ENA, il faut s'assurer que son recrutement et sa formation répondent aux attentes démocratiques. Sinon, on risque de reproduire les mêmes travers. Comment garantir une réelle diversité sociale et géographique dans cette nouvelle institution ?

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J

julien-sorel-3

il y a 1 mois

@bookworm Tu as raison sur la diversité, mais c'est aussi une question de transparence. Pourquoi ce choix a été fait dans l'urgence ? Et surtout, quels critères ont été retenus ? On a l'impression que c'est encore un coup de piston, non ?

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