Macron face aux crises : carburants, Moyen-Orient, Russie… Le président sort de son silence à 20h

Par Mathieu Robin 24/09/2026 à 19:18
Macron face aux crises : carburants, Moyen-Orient, Russie… Le président sort de son silence à 20h

Le chef de l'État s'exprime en direct sur France 2 et TF1 ce soir. Entre flambée des prix à la pompe et tensions géopolitiques, Emmanuel Macron tente de rassurer des Français sous pression. À sept mois de l'élection, son intervention est scrutée.

Emmanuel Macron rompt son silence dans un contexte explosif

Pour la première fois depuis plusieurs semaines, le président de la République a choisi de briser son silence médiatique. Ce jeudi 24 septembre 2026, à 20 heures, Emmanuel Macron s’exprimera en direct sur France 2 et TF1, une intervention exceptionnelle qui survient après une série de crises sans précédent. Sous le feu des projecteurs en raison de son gouvernement en perte de vitesse, le chef de l’État tente de reprendre la main alors que les Français, écrasés par l’inflation et les tensions internationales, voient leur quotidien se dégrader inexorablement.

Depuis son retour de New York, où il a participé à une réunion de l’ONU sur les crises humanitaires, Macron a multiplié les signaux de fermeté. Ses conseillers évoquent une volonté de « réaffirmer la position de la France comme puissance médiatrice et souveraine », alors que les divisions au sein de l’Union européenne et les tensions avec Moscou et Ankara s’exacerbent. Mais cette stratégie suffira-t-elle à redonner un second souffle à une présidence en bout de course ?

Carburants : la pompe, pomme de discorde nationale

C’est le sujet qui fâche – et qui pèse sur les porte-monnaie. Depuis le début du mois, le prix des carburants a atteint des sommets, avec une hausse moyenne de 12% en deux semaines. Les automobilistes, déjà fragilisés par l’inflation, subissent de plein fouet cette flambée, alimentée en partie par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les sanctions européennes contre Moscou. « La France paie le prix de son alignement sur les choix désastreux de Bruxelles et Washington », tonne un député LR, tandis que le gouvernement se contente de rappeler l’absence de taxes supplémentaires sur les produits pétroliers.

Macron, lui, met en avant les « efforts européens pour sécuriser nos approvisionnements ». Pourtant, les observateurs soulignent que la France, malgré ses déclarations volontaristes, reste dépendante à 98% des importations de pétrole. « On nous bassine avec la transition écologique, mais qui va payer la facture ? Les classes populaires, encore une fois », s’indigne une militante associative lors d’un rassemblement place de la République à Paris.

Moyen-Orient : l’UE au bord du gouffre

La situation en Cisjordanie et à Gaza n’a jamais été aussi explosive. Depuis le début de l’année, les violences entre colons israéliens et Palestiniens se sont intensifiées, avec une augmentation de 40% des incidents meurtriers. L’Union européenne, divisée entre pays pro-israéliens et ceux qui dénoncent l’occupation, peine à trouver une voix commune. La France, traditionnellement en première ligne pour la cause palestinienne, se retrouve isolée face à une Allemagne et une Italie qui durcissent leur ton envers Téhéran et ses proxys.

Dans un entretien accordé à Le Monde, un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay avouait sous couvert d’anonymat :

« Macron veut jouer les équilibristes, mais entre les pressions de Netanyahu et les cris d’orfraie des associations pro-palestiniennes, nous sommes au bord du précipice. Un faux pas, et c’est l’UE qui éclate. »

L’exécutif français mise sur une solution diplomatique, mais les chances d’aboutir semblent minces. Pendant ce temps, les ONG alertent sur une « catastrophe humanitaire en préparation », avec des milliers de déplacés supplémentaires dans le nord de la Cisjordanie. L’UE, déjà fragilisée par ses divisions internes, pourrait bien être emportée par le chaos régional.

Russie : l’ombre de Poutine plane sur l’Europe

Alors que les tensions entre la Russie et l’OTAN s’intensifient en mer Baltique et en Ukraine, Macron tente de maintenir une ligne ferme. « La France ne cédera pas face aux provocations de Moscou » a-t-il déclaré lors d’une réunion du Conseil de défense, sans pour autant annoncer de mesures concrètes. Pourtant, les analystes s’interrogent : « Que reste-t-il de la stratégie macronienne face à un Kremlin qui ne recule jamais ? »

Les livraisons d’armes à Kiev, bien que maintenues, ont été ralenties ces derniers mois, sous la pression de certains partenaires européens. La Hongrie, toujours prolixe sur ses liens avec Moscou, et la Pologne, de plus en plus atlantiste, jouent un rôle trouble dans les négociations. La France, elle, mise sur une « réponse européenne coordonnée », mais sans calendrier précis. Un pari risqué alors que les élections américaines approchent et que Donald Trump pourrait revenir à la Maison Blanche, promettant un retour à l’isolationnisme.

Un gouvernement en sursis, une opposition en embuscade

À sept mois de l’élection présidentielle, le gouvernement Lecornu II donne des signes évidents de faiblesse. Les divisions au sein de la majorité présidentielle, entre macronistes purs et sociaux-démocrates, s’aggravent chaque jour. Les sondages placent Marine Le Pen et Jordan Bardella en tête des intentions de vote, tandis que la NUPES, bien que divisée, reste un épouvantail pour l’Élysée.

Les projets de réforme, qu’il s’agisse de la fiscalité ou de la politique migratoire, s’enchaînent sans succès. Les manifestations contre la loi « asile et immigration », adoptée dans la douleur, ont montré la détermination de l’extrême droite à capitaliser sur le mécontentement social. « Macron a perdu le contact avec le terrain. Il croit encore pouvoir gouverner par la communication, mais les Français en ont assez », analyse un politologue de Sciences Po.

Dans ce contexte, l’intervention télévisée de ce soir est perçue comme un dernier baroud d’honneur. « Il faut qu’il parle cash, sans jargon, et qu’il propose des solutions concrètes » réclame une syndicaliste de la CGT. Reste à savoir si le président, habitué aux effets d’annonce, saura convaincre.

L’Europe, dernier rempart contre le chaos ?

Alors que la France tente de garder la tête hors de l’eau, l’Union européenne se cherche un nouveau souffle. Entre les crispations budgétaires, les divisions sur l’élargissement aux Balkans et les tensions avec les États-Unis sur les subventions vertes, le Vieux Continent donne l’impression de naviguer à vue. Pourtant, c’est bien de Bruxelles que pourrait venir le salut, estiment certains observateurs.

La semaine dernière, la Commission a proposé un plan de 50 milliards d’euros pour aider les États membres à absorber la crise énergétique. Une initiative saluée par Paris, même si les détails restent flous. « L’Europe doit être notre bouclier face aux chocs externes » a rappelé Macron lors d’un sommet à Strasbourg. Mais entre les réticences allemandes et les appels du pied de la Hongrie à Moscou, la concrétisation semble lointaine.

Dans les couloirs du Parlement européen, certains députés s’interrogent : « Macron veut-il vraiment sauver l’UE, ou seulement sauver sa présidence ? » Une question qui résume à elle seule les doutes qui pèsent sur l’avenir du pays et du continent.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Tirésias

il y a 8 minutes

Encore un discours à 20h. Personne ne croit plus aux effets de manche... Sauf peut-être les bobos parisiens qui trouvent ça 'plein d’espoir'. Moi je me souviens du 14 juillet 2020 : ‘nous sommes en guerre’.... Et puis ?

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