Marine Le Pen face à la justice : « Aucun sentiment d’avoir commis un délit », malgré le système de détournement présumé

Par Mathieu Robin 13/01/2026 à 19:11
Marine Le Pen face à la justice : « Aucun sentiment d’avoir commis un délit », malgré le système de détournement présumé

Marine Le Pen nie tout délit dans le procès des assistants FN au Parlement européen, malgré les accusations de détournement de fonds publics.

Un procès qui pourrait sceller l’avenir politique de Marine Le Pen

Le procès en appel de Marine Le Pen et du Rassemblement national s’est ouvert mardi 13 janvier 2026 à Paris, dans un contexte politique tendu à moins d’un an de l’élection présidentielle. La présidente du RN, déjà condamnée en première instance pour détournement de fonds publics, a affirmé n’avoir « aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit », tout en pointant du doigt le Parlement européen.

Une défense centrée sur l’absence d’intentionnalité

Lors de sa première prise de parole, Marine Le Pen a insisté sur l’absence d’intentionnalité dans l’embauche des assistants parlementaires, un système qui aurait permis au RN de détourner des fonds européens entre 2004 et 2016. « Nous n’avons rien dissimulé », a-t-elle déclaré, tout en critiquant l’institution européenne pour son manque de vigilance.

« Si tant est qu’une faute ait été commise, le Parlement européen n’a pas joué son rôle d’alerte. »

Cette formulation inédite marque un léger recul par rapport à sa position initiale, où elle niait toute responsabilité. La défense du RN pourrait ainsi s’appuyer sur une faille dans le système de contrôle européen, plutôt que sur une absence totale de faute.

Un verdict sous haute tension politique

Condamnée en première instance à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et à cinq ans d’inéligibilité, Marine Le Pen risque de voir son avenir politique compromis. Si la cour d’appel confirme cette peine, elle ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle de 2027, ouvrant la voie à Jordan Bardella, son dauphin au sein du RN.

Ce procès intervient dans un contexte où la droite et l’extrême droite française sont en pleine recomposition, avec des divisions internes et une montée des critiques contre le gouvernement Lecornu II. La gauche, quant à elle, voit dans ce procès une occasion de rappeler les dangers du populisme et de l’anti-européanisme.

Un système présumé de détournement de fonds

Les juges de première instance ont reconnu Marine Le Pen et le RN coupables d’avoir mis en place un « système » de captation des enveloppes versées par le Parlement européen. Ces fonds, destinés à rémunérer des assistants parlementaires, auraient en réalité servi à financer le parti.

Le procès, qui se poursuivra jusqu’au 11 février, pourrait avoir des répercussions bien au-delà du RN. Il interroge en effet sur la transparence des financements politiques et le rôle des institutions européennes dans la lutte contre la corruption.

Une affaire qui dépasse le cadre judiciaire

Alors que la France fait face à des crises multiples – agricole, sécuritaire et démocratique –, ce procès rappelle les défis auxquels est confrontée la démocratie française. L’Union européenne, souvent critiquée par l’extrême droite, pourrait ici apparaître comme une victime collatérale d’un système opaque.

Dans ce contexte, le gouvernement Lecornu II, fragilisé par les tensions sociales, observe avec attention l’issue de ce procès. Une condamnation définitive de Marine Le Pen pourrait redessiner le paysage politique à l’approche de 2027.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (13)

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Kerlouan

il y a 2 mois

Ah ouais, et après on s'étonne que les gens votent pour les extrêmes. Franchement, ça donne envie de rien.

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Eguisheim

il y a 2 mois

Perso, je trouve que c'est un peu facile de tout balayer comme ça. Y'a des preuves, des témoignages, des documents. On peut pas juste dire 'c'est politique' et s'en laver les mains.

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Tmèse

il y a 2 mois

@eguisheim Ouais mais avoue que c'est toujours la même rengaine. Des preuves, oui, mais après ? Combien de fois ça a abouti à des condamnations sérieuses ?

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Ophélie

il y a 2 mois

MDRRRRRR mais genre, ils sont tous pourris !!! Pourquoi on les croit encore ??? Sa me gave !!!

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C

Corte

il y a 2 mois

Et si on arrêtait de jouer à ce jeu ? Qui croit encore à la justice en politique ?

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Tangente

il y a 2 mois

@corte Tu as raison, mais dans 5 ans, on en reparlera encore. Et dans 10 ans, on fera pareil. C'est ça le pire.

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Ben_440

il y a 2 mois

Comparé à d'autres pays, la France a un système judiciaire qui traîne des pieds sur ce genre de dossiers. En Allemagne, ça aurait été réglé en 6 mois. Bref.

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WebSurfer

il y a 2 mois

Encore un truc où tout le monde va se plaindre mais personne ne va rien faire. Comme d'hab.

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ghi

il y a 2 mois

La stratégie de communication est claire : nier, minimiser, et attendre que l'opinion publique passe à autre chose. C'est du classique, mais ça fonctionne encore. Dommage.

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DigitalAge

il y a 2 mois

Nooooon mais sérieux ??? Elle dit qu'elle a rien fait mais genre... tout le monde sait que c'est du flou total !!! Ptdr

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tregastel

il y a 2 mois

@digitalage Franchement, t'as vu comment ils s'en sortent à chaque fois ? C'est juste hallucinant.

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Tirésias

il y a 2 mois

Bon, encore un procès politique. Marine Le Pen qui nie, la justice qui enquête... On a déjà vu ça 100 fois. Franchement, à force, on finit par se demander si c'est encore utile.

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GhostWriter

il y a 2 mois

@tiresias Exactement ! Mais le pire, c'est que ça marche à chaque fois. Les gens oublient et hop, on recommence. Vous croyez vraiment que ça va changer un jour ?

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