Un duel à couteaux tirés dans le Nord de Marseille
La campagne des municipales 2026 à Marseille prend une tournure particulièrement tendue dans le Nord de la ville, où s'affrontent Samia Ghali et Sébastien Delogu, deux figures emblématiques de la gauche marseillaise. Leurs attaques frontales reflètent les fractures profondes d'une gauche divisée, alors que la réforme électorale a redessiné les enjeux locaux.
Des attaques personnelles et politiques
Lors d'un meeting mi-février, Sébastien Delogu, candidat de La France insoumise (LFI), n'a pas mâché ses mots contre son adversaire. « Celle-là, je ne peux pas me la voir. » a-t-il lancé, sous les sifflets de la foule. L'élu a fustigé l'ex-sénatrice socialiste, l'accusant d'avoir « vingt-cinq ans de mandats, vingt-cinq ans de perdus pour nos quartiers ».
« Amie du CRIF, amie à Macron, elle vit de l’argent public, s’est distinguée en appelant l’armée dans nos quartiers comme si notre territoire était une colonie étrangère. »
Ces propos virulents font écho aux accusations de Samia Ghali, qui avait précédemment remis en cause les origines algériennes revendiquées par Delogu, évoquant un grand-père « colon » et une « comédie » électorale.
Un territoire symbolique pour les deux candidats
Malgré la réforme électorale, les 15e et 16e arrondissements restent un enjeu majeur. Samia Ghali, 57 ans, y a bâti sa légitimité depuis 2008, notamment en remportant le secteur lors des trois dernières élections. Son alliance avec le Printemps marseillais en 2020 lui a permis d'obtenir un accord avantageux, consolidant son influence dans ces quartiers populaires.
Une gauche en crise, un système à bout de souffle
Ce duel reflète les tensions d'une gauche marseillaise fragmentée, entre socialistes modérés et insoumis radicaux. Dans un contexte de crise de la démocratie locale, les électeurs du Nord de Marseille sont appelés à trancher entre deux visions opposées de la gestion urbaine. Pour Delogu, il s'agit de « faire tomber ce système corrompu », tandis que Ghali mise sur son ancrage territorial pour conserver son influence.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir la confiance dans les institutions, ces élections locales pourraient bien devenir un baromètre des fractures politiques françaises.