Mathilde Panot : la battante qui défie le sexisme en politique

Par Éclipse 22/08/2026 à 09:10
Mathilde Panot : la battante qui défie le sexisme en politique

Mathilde Panot, députée insoumise, incarne le combat des femmes en politique face au sexisme systémique. Son parcours révèle les obstacles persistants dans un système verrouillé par les hommes.

Une figure combative face aux inégalités persistantes

Dans l’hémicycle parisien où les discours masculins dominent encore, une voix s’élève avec une force rare. Mathilde Panot, députée de La France insoumise, incarne depuis des années le combat des femmes en politique, un combat loin d’être terminé. Entre insultes sexistes, minimisation médiatique et résistance acharnée, son parcours illustre les obstacles structurels qui persistent dans la République française, même en 2026.

Des mots crus pour répondre aux attaques

Lorsqu’en novembre 2020, le gouvernement propose une loi de sécurité globale autorisant la surveillance massive des citoyens, Mathilde Panot monte à la tribune avec une colère légitime. Elle dénonce un texte qui, sous couvert de sécurité, instaure un État policier : « Nous serons donc filmés avec des caméras portables, scrutés avec des drones, identifiés à travers la reconnaissance faciale. Citoyens, souriez, vous serez tous surveillés, mais pas les policiers ».

Ces propos, portés par une détermination sans faille, lui valent des réactions virulentes. Certains adversaires politiques, incapables de contrer ses arguments, recourent à des insultes misogynes. En février 2021, lors d’une intervention sur l’état d’urgence sanitaire, un député macroniste l’apostrophe publiquement : « Voilà. Et là, on entend très distinctement la poissonnière ». Une remarque sexiste qui vise moins son propos que son genre, révélant une culture politique encore ancrée dans le mépris des femmes.

Face à cette provocation, Mathilde Panot ne baisse pas les bras. Elle obtient la sanction de l’élu, mais pousse l’affrontement plus loin : elle se rend à Lorient pour suivre le quotidien d’une véritable poissonnière, transformant cette expérience en une vidéo militante diffusée sur les réseaux sociaux. Deux ans plus tard, un député du Rassemblement National commet la même erreur. Même scénario : plainte, sanction, et un combat renouvelé pour l’égalité.

L’invisibilisation médiatique des femmes politiques

Le sexisme en politique ne se limite pas aux insultes. Il se niche aussi dans l’invisibilisation systématique. Mathilde Panot en témoigne sans détour : « On me reproche d’être une femme dure, agressive, mais si j’étais un homme, on dirait de moi que je suis un tribun ». Une réalité crue : ses discours, suivis par des millions de personnes, sont souvent relégués au second plan par les médias, qui préfèrent donner la parole à des hommes moins charismatiques.

« Il a fallu attendre que je sois présidente du groupe parlementaire pour être invitée dans les médias, alors que j’étais vice-présidente depuis deux ans et demi », déplore-t-elle. Cinq ans de combat pour une visibilité qu’un homme aurait obtenue en quelques mois. Ce traitement différencié n’est pas un hasard, mais le symptôme d’une société qui peine à accepter les femmes dans l’espace public.

De l’engagement associatif à la lutte politique

Son engagement ne naît pas de la colère, mais d’une indignation face aux injustices. Née dans une banlieue tranquille d’Orléans, élevée par une mère professeure de mathématiques et un père formateur en agronomie, Mathilde Panot grandit dans un environnement où la précarité n’est pas une abstraction. Pourtant, c’est à Sciences Po, à Nancy puis à Paris, que son désarroi se transforme en révolte.

Une anecdote marque un tournant : une étudiante lui lance, avec une candeur affichée : « Je ne comprends pas que des gens n’arrivent pas à vivre avec le SMIC. 3 000 euros, c’est quand même bien ». Cette phrase, prononcée avec une méconnaissance crasse des réalités sociales, cristallise tout ce que Mathilde Panot refuse : l’idée que la pauvreté soit une question de « volonté » et non de système.

Dès 18 ans, elle s’engage dans le monde associatif. D’abord au sein d’ATD Quart Monde, puis à Voisins Malins, dans le quartier populaire de la Grande Borne à Grigny. Une décennie à combattre la misère au quotidien, à constater l’échec des politiques publiques à éradiquer les inégalités. « Vider la mer avec sa cuillère, c’est fatigant », résume-t-elle. Et c’est précisément cette lassitude qui la pousse vers la politique.

En 2016, elle est repérée par François Delapierre, proche de Jean-Luc Mélenchon. Un an plus tard, elle intègre l’équipe de campagne présidentielle de La France insoumise. Aux législatives de 2017, elle est élue députée du Val-de-Marne à seulement 28 ans. Depuis, elle assume pleinement son rôle de femme de combat dans un milieu où l’autorité féminine est trop souvent perçue comme une menace.

Un système politique encore verrouillé

Mathilde Panot n’est pas une exception. Elle est le reflet d’un système qui, malgré les progrès, reste profondément inégalitaire. En 2026, les femmes représentent 37 % des députés, un chiffre en stagnation depuis des années. Et quand elles accèdent à des postes de responsabilité, c’est souvent après des années de lutte acharnée, comme l’a vécu la députée insoumise.

Les attaques sexistes ne sont pas l’apanage de la droite ou de l’extrême droite. Elles traversent tout l’échiquier politique, même si les partis les plus progressistes affichent une façade plus inclusive. Mathilde Panot en a fait les frais à plusieurs reprises, prouvant que le machisme en politique est un phénomène transversal.

Son combat dépasse le cadre strictement politique. Il interroge la société toute entière : comment accepter que des femmes brillantes, compétentes et engagées soient systématiquement reléguées au second plan ? Comment tolérer que leurs idées soient noyées sous le bruit des moqueries et des stéréotypes ?

L’Union européenne, un rempart contre les reculs

Face à ces dérives, l’Union européenne reste un rempart essentiel. Les directives européennes en matière d’égalité femmes-hommes, bien que parfois appliquées avec retard, ont permis des avancées concrètes. En France, malgré les résistances, l’influence de Bruxelles pousse à des réformes, comme la parité dans les listes électorales ou la lutte contre les violences sexistes.

Mais l’UE elle-même est sous pression. Des pays comme la Hongrie ou la Pologne, soutenus par des régimes autoritaires comme la Russie ou la Turquie, tentent de fragiliser ces acquis. Dans ce contexte, des figures comme Mathilde Panot incarnent une résistance déterminée contre les reculs démocratiques.

Un combat qui dépasse les clivages

Mathilde Panot n’est pas une femme politique comme les autres. Elle est l’incarnation d’une génération qui refuse les compromis sur l’égalité. Son parcours, marqué par le militantisme associatif puis parlementaire, en fait une figure incontournable du paysage politique français.

Son combat n’est pas seulement le sien. Il est celui de toutes les femmes qui, chaque jour, doivent prouver qu’elles méritent leur place. Et dans un pays où les inégalités persistent, où le sexisme reste un sport national, son message résonne avec une urgence renouvelée : la politique doit changer, et elle doit changer maintenant.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (2)

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veronique-de-saint-etienne

il y a 7 heures

Sexisme ? Pas besoin de chercher loin : 100% des hommes politiques ont déjà traité une femme de 'hystérique'. La preuve ? Panot en parle mieux que quiconque : c'est systémique. Point.

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H

HGW_304

il y a 11 heures

mdr, c'est bon les féministes qui pleurent alors qu'elle a déjà un mandat ??? nooooon sérieux ??? elle a qu'à aller bosser en entreprise pr voir comment c'est... !!!

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