Une écologie municipale sans clivage ?
À quelques semaines des élections municipales, les propositions environnementales fleurissent dans les programmes des candidats, y compris à droite. Rachida Dati, candidate LR pour Paris, propose une végétalisation massive de la place de la République, la création d’un « grand parc urbain patrimonial » sur les voies sur berge, et la transformation de la capitale en « ville éponge ». Des mesures qui auraient pu être signées par un candidat de gauche il y a encore quelques années.
Un revirement stratégique
Pourtant, la droite parisienne n’a pas toujours été aussi favorable à ces mesures. En 2010, l’UMP (ancêtre de LR) s’était opposée à la piétonnisation des voies sur berge, une mesure aujourd’hui reprise par Dati. Même l’extrême droite, avec Sarah Knafo (Reconquête !), s’empare désormais de cette idée, bien que son programme reste moins ambitieux.
Un décalage entre local et national
Alors que le gouvernement Lecornu II et une partie de la droite nationale remettent en cause les politiques écologiques, les électeurs locaux semblent plus favorables à ces mesures. « Le backlash n’existe pas au niveau local », affirme Christophe Bouillon, maire de Barentin et président de l’Association des petites villes de France. Les citoyens demandent des actions concrètes pour améliorer leur cadre de vie, loin des polémiques nationalistes.
Une écologie apaisée ?
Si la question écologique reste clivante au niveau national, où elle est instrumentalisée par l’extrême droite et une partie de la droite traditionnelle, les municipales semblent échapper à cette polarisation. Les électeurs parisiens, souvent plus progressistes, pourraient ainsi voter pour des mesures vertes sans se soucier des divisions partisanes.
Un test pour 2027
Ces élections municipales pourraient servir de laboratoire pour les stratégies des partis en vue des législatives de 2027. La droite, en particulier, tente de se réinventer sur le plan écologique, alors que la gauche mise sur son ancrage historique sur ces sujets. Reste à savoir si cette écologie municipale survivra aux pressions du pouvoir central.