Une fronde historique ébranle les écologistes
À six semaines du premier tour des élections municipales, le parti Les Écologistes traverse une crise sans précédent. La secrétaire nationale Marine Tondelier fait face à une fronde interne d'une ampleur inédite, alors que des cadres historiques claquent la porte pour rejoindre La France insoumise (LFI).
Jeudi 29 janvier, plusieurs figures du parti ont annoncé leur départ pour rallier des listes portées par LFI, notamment à Paris, Nantes, Marseille, Avignon et Montpellier. Ces dissidents dénoncent une direction nationale qui privilégie les alliances avec le Parti socialiste (PS), au détriment d'une stratégie unitaire avec la gauche radicale.
Une tribune explosive contre la direction
Dans une tribune signée par plus de 400 personnes, ces élus critiquent fermement la ligne adoptée par Marine Tondelier :
"La direction nationale a essentiellement privilégié l'alliance avec le Parti socialiste, faisant des Écologistes la béquille d'une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire."
Cette rupture illustre les tensions persistantes au sein de la gauche française, alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider son pouvoir face à une opposition fragmentée.
Un scrutin municipal sous haute tension
Les élections municipales de 2026 s'annoncent comme un test crucial pour les forces de gauche, déjà affaiblies par les divisions internes. Les Écologistes, qui avaient connu un essor significatif lors des précédentes élections, risquent de perdre plusieurs mairies face à cette hémorragie de cadres.
À Paris, Sophia Chikirou (LFI) pourrait profiter de cette crise pour renforcer sa position, tandis qu'à Marseille, Sébastien Delogu tente de rassembler les forces progressistes autour d'une liste unitaire. Ces dissensions surviennent dans un contexte où l'extrême droite, portée par Marine Le Pen, cherche à capitaliser sur les divisions de la gauche.
Un défi pour la gauche à l'approche de 2027
Cette crise interne intervient alors que la gauche française prépare les élections législatives de 2027. Les Écologistes, qui avaient joué un rôle clé dans la dynamique du Nouveau Front populaire, voient désormais leur crédibilité mise à mal par ces divisions.
Pour Marine Tondelier, le défi est immense : rassembler son parti avant le scrutin municipal, tout en évitant une hémorragie de militants vers LFI. Une tâche d'autant plus complexe que le gouvernement Lecornu II multiplie les mesures impopulaires, alimentant la colère dans les rangs de l'opposition.
Dans ce contexte, les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir politique des écologistes, alors que la gauche française tente de se reconstruire face à un pouvoir exécutif toujours plus autoritaire.