LFI maintient sa ligne stratégique malgré les controverses
La France insoumise (LFI) a réaffirmé dimanche 22 février sa volonté de proposer des accords de « rassemblement » avec les autres formations de gauche en vue du second tour des élections municipales de 2026, même après les tensions politiques déclenchées par l'affaire Quentin Deranque.
Une stratégie assumée face à la droite et à l'extrême droite
« Lorsque les 'insoumis' arriveront en tête au premier tour, ils proposeront le rassemblement et ils créeront les conditions pour le rassemblement, notamment avec les autres listes de gauche », a déclaré Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, sur BFM-TV.
Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a confirmé cette position sur RTL, soulignant que l'objectif était de « battre la droite et l'extrême droite ». Il a rappelé la tradition à gauche de privilégier le rassemblement plutôt que les désistements individuels.
Le PS divisé sur une éventuelle alliance
Le Parti socialiste (PS) reste réticent à une alliance nationale avec LFI, notamment en raison des récentes controverses impliquant des collaborateurs du député Raphaël Arnault dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque. Le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a exclu tout accord national, tout en laissant la porte ouverte à des rapprochements locaux « si les candidats insoumis clarifient leur position sur la violence politique ».
D'autres figures socialistes, comme François Hollande et Jérôme Guedj, ont fermement rejeté toute collaboration avec LFI, alimentant les divisions au sein du parti.
Des enjeux locaux majeurs
Dans des villes comme Toulouse, Marseille ou Amiens, les listes d'union de la gauche pourraient nécessiter le soutien des électeurs insoumis pour l'emporter. Cependant, les scénarios où une liste LFI arrive en tête au premier tour restent rares.
Mathilde Panot a critiqué le PS pour son manque de clarté, estimant que c'est à lui « de répondre à la question ». Elle a également réaffirmé son soutien à Raphaël Arnault, évoquant la possibilité de sa réinvestiture aux prochaines législatives.
Un contexte politique tendu
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par la montée des tensions entre les partis de gauche, exacerbées par l'affaire Deranque et les critiques répétées contre LFI. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le débat public, la gauche radicale affiche une détermination stratégique, prête à capitaliser sur son ancrage local.
Avec les élections de 2027 en ligne de mire, cette posture pourrait influencer les dynamiques politiques à moyen terme, notamment dans les territoires où la gauche est historiquement divisée.