Muselier quitte la région PACA pour le Sénat : un départ stratégique ou un renoncement ?

Par Renaissance 09/04/2026 à 00:28
Muselier quitte la région PACA pour le Sénat : un départ stratégique ou un renoncement ?

Renaud Muselier quitte la présidence de PACA pour le Sénat en septembre 2026, un choix stratégique ou un aveu de faiblesse ? Entre ambitions nationales et héritage régional contesté, son départ relance le débat sur l’avenir de la droite modérée face à l’extrême droite.

Un virage politique majeur pour le président de région

Dans un revirement qui surprend les observateurs, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis près de neuf ans, a annoncé mercredi qu’il briguerait l’un des sièges sénatoriaux des Bouches-du-Rhône lors du scrutin de septembre 2026. Un choix qui, s’il se concrétise, marquera la fin de son mandat régional et son entrée fracassante sur la scène nationale.

Cette candidature intervient à un moment où la droite républicaine, divisée et en quête d’un second souffle, tente de se réinventer face à la montée persistante de l’extrême droite. Muselier, figure historique des Républicains ralliée à l’hypothèse macroniste après 2022, incarne cette mouvance centriste et libérale qui cherche désespérément à fédérer contre les extrêmes. Dans une lettre adressée à ses soutiens, il justifie ce choix par un engagement plus large : « J’ai servi notre pays en servant notre région. Désormais, je souhaite servir notre région en servant notre pays. » Une rhétorique qui sonne comme un aveu d’échec pour son action locale, malgré ses prétentions à avoir fait de PACA un « laboratoire de l’innovation politique ».

Un héritage régional contesté

Depuis mai 2017, Muselier a dirigé la région PACA avec une autorité parfois contestée. Ses détracteurs lui reprochent une gestion technocratique et un manque de résultats tangibles sur des dossiers clés comme la transition écologique ou l’attractivité économique. Pourtant, il se targue d’un bilan qu’il qualifie de « positif », pointant une majorité de communes dirigées par la droite ou le centre dans la région – 69 % des villes de plus de 10 000 habitants. Un chiffre dont il exagère sans doute la portée, alors que Marseille, bastion historique de la gauche, a basculé dans l’escarcelle du Rassemblement National lors des dernières municipales, laissant une contre-performance cuisante pour la droite traditionnelle.

Sa déclaration intervient quelques jours après un scrutin local où le RN a confirmé sa progression, notamment à Toulon, où sa candidate star, Laure Lavalette, a été battue par la sortante Josée Massi. Muselier y voit la preuve que « le plafond de verre contre le RN existe toujours », une affirmation qui relève davantage du vœu pieux que d’une analyse rigoureuse, au vu des dynamiques électorales récentes.

Une stratégie nationale pour 2027 : l’union des modérés ou la division des opportunistes ?

Parallèlement à sa candidature sénatoriale, Muselier a laissé entendre qu’il jouerait un rôle central dans la préparation de l’élection présidentielle de 2027. Son objectif affiché ? Éviter, comme en 2002, une dispersion des voix modérées qui aurait « offert un laissez-passer funeste à la victoire des extrémistes ». Une préoccupation légitime, mais qui sonne comme une tentative de légitimer une alliance contre nature entre des forces politiques aux intérêts divergents.

Cette ambition présidentielle, qu’il entend mener depuis Paris, contraste avec son départ précipité de la présidence régionale. Un choix qui interroge : Muselier cherche-t-il à peser sur le jeu national en abandonnant un territoire qu’il a dirigé pendant près d’une décennie, ou fuit-il simplement une région où son influence décline ?

Un Sénat en ligne de mire, mais une succession régionale incertaine

Si Muselier est élu au Palais du Luxembourg, il cédera son fauteuil à François de Canson, maire divers droite de La Londe-les-Maures et vice-président de la région en charge de l’économie. Un successeur dont la légitimité reste à démontrer, alors que la région PACA s’apprête à affronter des élections locales en 2028 dans un contexte politique explosif. Muselier assure pourtant que sa décision n’est pas motivée par des craintes de défaite : « On m’a toujours prédit les défaites. J’ai toujours ramené les victoires. » Une déclaration qui frise l’autosatisfaction, alors que les sondages dessinent un avenir plus sombre pour la droite modérée.

Au Sénat, Muselier vise le poste occupé par Brigitte Devésa, élue après le décès de Patrick Boré, un proche de l’ancien président de région. Une transition qui soulève des questions sur l’avenir de son groupe parlementaire : « Ce sera pour plus tard. Je vais d’abord porter ma bannière, qui est la bannière du rassemblement et des territoires », déclare-t-il, sans préciser s’il rejoindra les rangs de la majorité présidentielle ou ceux d’une droite toujours plus fragmentée.

Jeux Olympiques 2030 : Muselier reste impliqué malgré les tensions

Même en quittant la présidence régionale, Muselier compte bien veiller au grain sur un dossier qui lui tient particulièrement à cœur : l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2030. Après des passes d’armes avec le nouveau maire de Nice, Eric Ciotti, opposé à la répartition des épreuves entre les Alpes du Nord et du Sud, il maintient sa position en faveur du « plan A » : la moitié des épreuves dans les Alpes du Nord, l’autre dans le Sud, avec une cérémonie de clôture à Nice.

« Ciotti veut garder les Jeux. Je pense qu’on va aboutir, gagnant-gagnant pour la région Sud, Nice compris, et le CIO », assure-t-il. Un optimisme qui contraste avec les tensions persistantes entre les collectivités locales et l’État, alors que le projet accumule les retards et les critiques sur son financement et sa faisabilité. Muselier, qui a déjà été en conflit ouvert avec Ciotti sur ce dossier, semble vouloir garder la main sur un projet qu’il a longtemps porté, quitte à brouiller les lignes entre son rôle passé et son engagement futur.

Le centrisme macroniste en quête d’un nouveau souffle

Ce départ de Muselier s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition de la droite française. Depuis son ralliement à Emmanuel Macron en 2022, il incarne cette frange des Républicains tentée par une alliance avec le centre, dans l’espoir de contrer l’hégémonie du RN et de la NUPES. Pourtant, les résultats électoraux récents montrent que cette stratégie peine à convaincre : les électeurs modérés se tournent de plus en plus vers des candidats indépendants ou se désengagent, tandis que la base traditionnelle de la droite reste fidèle à ses réflexes conservateurs.

Muselier, qui fut secrétaire d’État aux Affaires étrangères sous Sarkozy, illustre cette droite « décomplexée » qui a progressivement abandonné ses fondamentaux pour épouser les réformes libérales et pro-européennes du macronisme. Un virage qui a coûté cher à son parti, divisé entre héritiers du gaullisme social et partisans d’une ligne plus dure, proche des thèses de l’extrême droite sur l’immigration ou la sécurité.

Alors que la France s’apprête à entrer dans une année électorale cruciale, son choix de quitter la région PACA pour le Sénat apparaît moins comme une victoire personnelle que comme un symptôme de la crise profonde qui traverse la droite française. Une droite qui, malgré ses alliances de circonstances, peine à proposer une alternative crédible aux défis économiques, sociaux et écologiques du pays.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (6)

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val-87

il y a 1 semaine

saaaaaérieeeux ??? le mec il abandonne son poste comme une chaussette trouée !!! en plus c’est tjrs les mêmes qui grimpent pour leurs petits intérêts.. et nous on trinque avec l’extrême droite qui gagne du terrain.. ptdrrr !!!

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Anne-Sophie Rodez

il y a 1 semaine

Muselier part parce que la droite locale est en train de couler à pic face au RN. Le problème, c’est que personne ne propose de vraie alternative. Quand vous voyez que même Les Républicains reprennent les thèmes de l’extrême droite pour essayer de sauver les meubles... C’est pathétique. Et vous trouvez ça normal ?

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Ben_440

il y a 1 semaine

@avocat-du-diable-2023 Tu as raison de souligner le contexte. Regardez l’Allemagne : après Merkel, la CDU a mis des années à se reconstruire. Ici, la droite française semble en mode survie plutôt qu’en mode projet. Les chiffres sont parlants : 42% pour le RN dans les sondages en PACA en 2025, contre 30% pour LR. Le problème n’est pas Muselier, c’est la stratégie globale de la droite.

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Thomas65

il y a 1 semaine

En 2026, il y aura probablement un nouveau visage à la tête de PACA... ou peut-être pas. Qui sait ? Entre les ambitions personnelles et les réalités électorales, le Sénat doit faire rêver. Mouais.

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Achille

il y a 1 semaine

Un renoncement déguisé en stratégie ? Entre son héritage en PACA qui part en fumée et Le Pen qui pavoise, la droite modérée fait pitié. Ils préfèrent jouer les seconds couteaux plutôt que de se battre. Pitoyable.

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evercurious47

il y a 1 semaine

Nooooon mais c’est quoi ce délire ??? Muselier qui quitte PACA pour le Sénat comme si c’était un ascenseur social ??? Franchement jsp pk on fait toujours ça en politique... bcp de gens vont être en PLS après ça 😂😂

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