Nouvelle-Calédonie : Macron joue sa crédibilité sur un dossier qui lui échappe

Par Anachronisme 16/01/2026 à 09:24
Nouvelle-Calédonie : Macron joue sa crédibilité sur un dossier qui lui échappe

Nouvelle-Calédonie : Macron tente de relancer le dialogue sur un dossier calédonien qui lui échappe, malgré les divisions politiques persistantes.

Un enjeu politique qui se délite

Alors que l'échéance présidentielle de 2027 se rapproche, les espoirs d'une révision constitutionnelle instaurant un futur « État de la Nouvelle-Calédonie » s'amenuisent. Pourtant, le président Emmanuel Macron, en recevant les formations politiques du territoire à l'Élysée ce vendredi 16 janvier, a tenté de relancer le dialogue, évoquant des « perspectives politiques nouvelles » et une « stabilisation des institutions ». Une posture qui contraste avec la réalité d'un dossier calédonien encalminé depuis 2021.

Un calendrier politique sous tension

L'exécutif, par la voix de l'Élysée, a insisté sur la nécessité de faire de 2026 « une année utile ». Pourtant, les divisions persistent, notamment avec le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), absent des discussions parisiennes. Les signataires de l'accord de Bougival, à l'exception du FLNKS, doivent élaborer d'ici lundi un « document complémentaire » intégré par amendement au projet de loi constitutionnelle présenté en octobre 2025.

Un processus constitutionnel sous pression

L'Élysée parle d'un « point d'étape » visant à obtenir des « éclaircissements » et des « clarifications ». Mais derrière ce vocabulaire technique se cache une réalité politique : le gouvernement Lecornu II, fragilisé par les crises internes, tente de sauver la face. Si la loi constitutionnelle est adoptée, une consultation populaire calédonienne serait organisée, suivie d'élections provinciales repoussées à septembre 2026. Une quatrième prolongation qui illustre l'impasse politique.

Un contexte international tendu

Alors que la France s'engage dans une diplomatie européenne renforcée, la gestion du dossier calédonien pourrait peser sur sa crédibilité. Les tensions avec des puissances comme la Chine ou la Russie, déjà critiques sur les questions territoriales, pourraient s'amplifier si le processus dégénère. La gauche française, historiquement attachée aux droits des territoires d'outre-mer, observe avec inquiétude ce dossier, tandis que l'extrême droite, elle, instrumentalise la situation pour alimenter son discours souverainiste.

Un défi pour la démocratie locale

La crise calédonienne s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, marquée par une défiance croissante envers les institutions. Les jeunes générations, particulièrement touchées par la précarité économique, pourraient voir dans ce dossier un symbole de l'échec des élites politiques à répondre à leurs attentes. Un échec qui pourrait coûter cher à Emmanuel Macron en 2027.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

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Commentaires (8)

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Nathalie du 26

il y a 1 semaine

Macron qui perd le contrôle ? Mais il l'a jamais eu !!!

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tregastel

il y a 1 semaine

Encore un dossier qui part en vrille... Franchement, à force, on se demande s'ils font exprès ou quoi.

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GameChanger

il y a 1 semaine

Macron qui joue les médiateurs alors qu'il a déjà perdu la main... C'est comme essayer de rattraper un verre d'eau avec une passoire. Bref, bon courage.

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Eva13

il y a 1 semaine

On en est là parce que Paris a toujours traité la Nouvelle-Calédonie comme un territoire à gérer, pas comme un partenaire. Et maintenant, on s'étonne que les tensions persistent ?

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Alain27

il y a 1 semaine

@eva13 Tu as raison sur le fond, mais est-ce qu'on a vraiment le choix ? Si on lâche complètement, ça va être le chaos. Il faut trouver un équilibre.

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Cynique bienveillant

il y a 1 semaine

Le problème, c'est que le gouvernement n'a jamais vraiment compris les enjeux locaux. La Nouvelle-Calédonie, c'est pas un département comme les autres. Les accords de Matignon, c'était déjà compliqué, alors là...

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Eguisheim

il y a 1 semaine

@cynique-bienveillant Exactement ! Moi j'ai bossé là-bas, et franchement, les Calédoniens en ont marre des promesses en l'air. Ils veulent des actes, pas des discours.

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Zénith

il y a 1 semaine

Macron qui croit encore pouvoir contrôler la Nouvelle-Calédonie... Pathétique.

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