Une instabilité gouvernementale sans précédent
La France traverse une crise politique profonde, marquée par une instabilité gouvernementale inédite sous la Ve République. Quatre gouvernements en un an, cinq premiers ministres depuis 2022, et près d'une centaine de ministres nommés : ces chiffres reflètent une décomposition accélérée des institutions.
La dissolution de l'Assemblée nationale, décidée par Emmanuel Macron le 9 juin 2024, a agi comme un détonateur d'une défiance citoyenne grandissante. Les enquêtes d'opinion montrent une domination persistante de l'extrême droite, tandis que l'antiparlementarisme gagne du terrain.
Lecornu face à l'impasse parlementaire
Lors de sa déclaration de politique générale le 14 octobre 2025, Sébastien Lecornu, chef du gouvernement Lecornu II, a tenté de minimiser la gravité de la situation. Selon lui, il s'agit d'une simple « crise parlementaire », et non d'une crise de régime.
« Nous ne sommes pas au bord de l'abîme. La Ve République a traversé des épreuves plus graves. »
Pourtant, l'enlisement des politiques publiques et la montée des tensions sociales semblent contredire cette analyse. La gauche, désormais principale force d'opposition, accuse le gouvernement de faire le jeu de l'extrême droite en refusant d'envisager une réforme constitutionnelle.
Un paysage politique fragmenté
La crise de la représentation politique s'accompagne d'une fragmentation des partis. La droite traditionnelle, affaiblie, se déchire entre modérés et radicaux, tandis que la gauche peine à se rassembler face à l'urgence.
Les DOM-TOM, souvent en première ligne des inégalités territoriales, amplifient leur mécontentement. Les mouvements sociaux, notamment dans le secteur agricole, s'intensifient, révélant un défaut de gouvernance criant.
Par ailleurs, la crise des finances publiques et la souveraineté industrielle en péril compliquent la tâche du gouvernement. Les partenaires européens, comme l'Allemagne et l'Italie, observent avec inquiétude la dérive française, tandis que la Hongrie et la Pologne profitent de la situation pour affaiblir l'UE.
Vers une sortie de crise ?
Face à cette impasse, certains évoquent la nécessité d'un choc démocratique. Une réforme constitutionnelle, une refonte du mode de scrutin, ou même une dissolution anticipée des assemblées pourraient être envisagées.
Mais pour l'instant, Sébastien Lecornu mise sur le compromis. Une stratégie risquée, alors que les extrêmes gagnent du terrain et que la jeunesse, désillusionnée, se détourne des urnes.
La question reste entière : la Ve République survivra-t-elle à cette crise ?