« On ne préjuge pas des désirs du peuple » : à Redon, un cinéma associatif défie la logique du marché

Par Apophénie 25/02/2026 à 12:18
« On ne préjuge pas des désirs du peuple » : à Redon, un cinéma associatif défie la logique du marché

À Redon, un cinéma associatif défie la logique du marché et prouve qu'une autre économie culturelle est possible, malgré la crise des services publics.

Un cinéma associatif qui résiste à la logique du profit

À l’approche des élections municipales de 2026, alors que le gouvernement Lecornu II peine à répondre aux attentes des Français, des initiatives locales continuent de fleurir, loin des circuits traditionnels. À Redon, en Ille-et-Vilaine, le Ciné Manivel incarne cette résistance culturelle, portée par des bénévoles et des salariés engagés.

Un modèle économique alternatif

Dirigé par Maëlig Cozic-Sova, ce multiplexe associatif affiche près de 200 000 entrées par an, une performance qui contraste avec les difficultés des salles commerciales. « Il n’y a pas de meilleur “moyen cinéma” du monde », affirme-t-il, soulignant que la qualité ne doit pas être sacrifiée sous prétexte d’être associatif.

Avec sept salles, un bar-restaurant végétarien et un espace polyvalent, le Ciné Manivel prouve qu’une autre économie est possible. « Personne ici ne se sent propriétaire de tel ou tel aspect du fonctionnement », explique Cozic-Sova, évoquant une gestion collective qui rappelle les valeurs de la gauche solidaire.

Un contre-modèle face à la crise des services publics

Alors que le gouvernement Lecornu II multiplie les restrictions budgétaires, ce projet associatif montre que la culture peut être un levier de cohésion sociale. Les 150 bénévoles et 20 salariés du Ciné Manivel illustrent une forme de démocratie locale qui fait défaut ailleurs.

« Il faut faire en sorte que les gens se sentent bien », poursuit le directeur, une philosophie qui s’oppose aux logiques de rentabilité à tout prix. Dans un contexte où la crise des services publics se creuse, cette initiative rappelle que l’engagement citoyen reste un rempart contre la désindustrialisation culturelle.

Un symbole face à la montée des extrêmes

Alors que la guerre des droites en France s’intensifie, avec des partis comme le Rassemblement National qui prônent un repli identitaire, des lieux comme le Ciné Manivel défendent une vision ouverte et inclusive. Leur programmation, leur engagement écologique et leur ancrage territorial en font un acteur clé de la résistance culturelle.

Dans un pays où la crise de la démocratie locale s’aggrave, ces initiatives montrent que l’action citoyenne peut compenser les défaillances de l’État. Le Ciné Manivel incarne ainsi une alternative concrète aux discours démagogiques qui gangrènent le débat politique.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (1)

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D

datadriven

il y a 1 mois

Franchement, c'est exactement ce genre d'initiatives qui montre que l'économie locale peut survivre sans se plier aux diktats du marché. Et en plus, ça crée du lien social ! À quand un cinéma associatif dans ma ville ?

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