ONU : Pezeshkian dénonce l'hégémonie occidentale avant son discours à New York

Par Renaissance 22/09/2026 à 09:31
ONU : Pezeshkian dénonce l'hégémonie occidentale avant son discours à New York

Le président iranien Massoud Pezeshkian s’exprime à l’ONU ce 23 septembre, dans un contexte de tensions extrêmes avec les États-Unis. Analyse des enjeux géopolitiques et des divisions occidentales.

Un président iranien sous haute tension à l'ONU

Alors que les tensions géopolitiques atteignent des niveaux inédits depuis des décennies, le président iranien Massoud Pezeshkian s’apprête à franchir une étape symbolique majeure : son déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, où il prononcera un discours ce mercredi 23 septembre. Une première pour un dirigeant iranien depuis le début de l’escalade militaire entre Téhéran et Washington, marquée par les frappes israéliennes et américaines de fin février 2026. Dans un contexte où les États-Unis, sous l’administration Trump, multiplient les provocations, Pezeshkian a promis de « défendre avec une fermeté inébranlable » les intérêts nationaux de l’Iran, tout en dénonçant une « diplomatie unilatérale et impérialiste ».

Ce déplacement, autorisé par les autorités américaines malgré le conflit en cours, s’accompagne cependant de restrictions strictes pour la délégation iranienne, conformément aux mesures déjà appliquées lors des précédentes sessions onusiennes. Une décision qui illustre la volonté de Washington de maintenir un équilibre précaire entre affichage diplomatique et fermeté géopolitique.

Une délégation sous surveillance et des visas refusés

Si une partie de la représentation iranienne a obtenu son accreditation, les États-Unis ont une nouvelle fois limité les déplacements de ses membres, invoquant des « raisons de sécurité ». Une pratique devenue systématique depuis l’élection de Donald Trump, dont la politique étrangère se caractérise par un rejet catégorique du multilatéralisme. Parallèlement, les demandes de visas pour la délégation palestinienne, menée par Mahmoud Abbas, ont été rejetées, sous prétexte d’un « manque d’engagement en faveur de la paix ». Une décision qui soulève des questions sur la crédibilité des États-Unis en tant que médiateur régional, alors que l’Union européenne et plusieurs pays européens appellent à une relance urgente du processus de paix.

Cette posture américaine contraste avec les positions de nombreux alliés européens, qui plaident pour une approche plus inclusive. La France, sous la présidence Macron, continue de défendre un dialogue international ouvert, malgré les divergences croissantes avec Washington.

G7 contre les attaques des Houthis : une réponse trop tardive ?

Dans un communiqué publié hier soir en marge des débats onusiens, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont exhorté les milices houthis du Yémen à « mettre fin immédiatement à toutes leurs actions militaires ». Une déclaration qui intervient après des semaines d’attaques répétées contre le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, une zone stratégique pour le commerce mondial. Les Houthis, soutenus par l’Iran, multiplient les frappes contre des navires liés à Israël ou à ses alliés, exacerbant les tensions dans une région déjà en proie à l’instabilité.

« Leurs actes répréhensibles constituent une trajectoire dangereuse d’escalade, risquant d’aggraver les conflits, de perturber le commerce international et de plonger l’économie mondiale dans une crise sans précédent. »

Si le ton est ferme, la question reste entière : le G7 a-t-il les moyens d’agir efficacement ? Entre sanctions économiques, pressions diplomatiques et soutien militaire à Israël, les options semblent limitées. L’Union européenne, de son côté, appelle à une solution politique, mais les divisions internes entre États membres freinent toute avancée concrète.

Macron et Trump : un tête-à-tête sous le signe de l’énergie

Dans un entretien en privé au sein de la Trump Tower, le président français Emmanuel Macron a tenté de convaincre son homologue américain de rejoindre une initiative ambitieuse : une résolution à l’ONU visant à sécuriser le détroit d’Ormuz, théâtre de tensions récurrentes entre l’Iran et les puissances occidentales. Une proposition qui s’inscrit dans la lignée des efforts français pour stabiliser les approvisionnements énergétiques, alors que les prix du pétrole fluctuent dangereusement depuis le début de la crise au Moyen-Orient.

Selon des sources proches de l’Élysée, Macron aurait également proposé des mesures coordonnées pour limiter l’impact des sanctions américaines sur les pays tiers, une stratégie qui pourrait bénéficier aux économies européennes, déjà fragilisées par les répercussions de la guerre. Une tentative de concilier fermeté et pragmatisme, dans un contexte où la France cherche à affirmer son autonomie stratégique.

Pourtant, les désaccords persistent. Les États-Unis, sous l’influence de Trump, maintiennent une ligne dure envers Téhéran, tandis que Paris plaide pour un retour au dialogue. Une divergence qui reflète les fractures au sein même de l’Occident, alors que l’Union européenne tente de jouer un rôle d’équilibriste.

L’Europe face à ses contradictions

Alors que l’Allemagne et plusieurs pays nordiques renforcent leur soutien à l’Ukraine, la France de Macron mise sur une diplomatie plus souple, notamment en direction des pays du Sud global. La Norvège et l’Islande, partenaires historiques de l’UE, appellent à une approche plus inclusive, tandis que la Hongrie, fidèle à Moscou, bloque toute avancée européenne.

Dans ce paysage fragmenté, la France tente de se positionner comme un acteur modérateur, mais ses marges de manœuvre restent étroites. La montée des extrêmes en Europe, symbolisée par la progression des partis d’extrême droite, menace de fragiliser davantage la cohésion continentale. Une situation qui contraste avec l’optimisme affiché par les institutions européennes, qui célèbrent pourtant les avancées du Green Deal et des réformes économiques.

Un Moyen-Orient à l’agonie

La crise actuelle au Yémen, alimentée par l’intervention saoudienne et les frappes américaines, n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond : l’incapacité de la communauté internationale à trouver une issue pacifique. Les Houthis, bien que soutenus par l’Iran, bénéficient d’un soutien populaire dans une partie de la population yéménite, épuisée par des années de guerre. Les États-Unis, en ciblant indistinctement les milices et les civils, risquent de s’aliéner davantage les populations locales.

De son côté, l’Iran, malgré les pressions économiques et les sanctions, refuse de plier. Le discours de Pezeshkian à l’ONU sera scruté comme un baromètre de la volonté de Téhéran de poursuivre la confrontation. Une confrontation que l’Europe, divisée, peine à désamorcer.

Les enjeux énergétiques au cœur des tensions

La sécurité des détroits stratégiques – Ormuz et Bab el-Mandeb – est devenue un enjeu central des relations internationales. Les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, cherchent à garantir leurs approvisionnements, tandis que l’Europe, dépendante des importations, subit de plein fouet les fluctuations des prix. Une situation qui pousse certains États membres de l’UE à envisager des alternatives, comme le développement des énergies renouvelables ou des partenariats avec des pays moins alignés sur Washington.

Dans ce contexte, la France, avec son mix énergétique diversifié et son expertise nucléaire, pourrait jouer un rôle clé. Pourtant, les divisions au sein de l’Union européenne freinent toute avancée coordonnée. La Hongrie, sous Viktor Orbán, bloque les sanctions contre Moscou et maintient des liens commerciaux avec Téhéran, illustrant les fractures internes qui affaiblissent la position européenne.

Conclusion : une diplomatie en quête de souffle

Alors que l’Assemblée générale de l’ONU s’ouvre sous haute tension, les signaux d’une crise systémique se multiplient. Entre l’intransigeance américaine, l’intransigeance iranienne et les divisions européennes, les perspectives de paix s’éloignent. La France, malgré ses efforts, semble condamnée à jouer un rôle de figuration dans un jeu qui se joue désormais à Washington, Téhéran et Moscou.

Pourtant, l’urgence humanitaire et économique exige une réponse collective. Mais dans un monde où le multilatéralisme est en crise et où les alliances traditionnelles se fissurent, qui prendra l’initiative ?

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (5)

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C

Carcassonne

il y a 32 minutes

nooooon mais sérieux ??? encore un président qui va nous faire un speech à 3h du mat en pleurnichant sur l'injustice mondiale... on est où là ??? ONU = ON s'Endort United lol

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C

Cynique bienveillant

il y a 52 minutes

Ce qui est frappant, c'est que Pezeshkian critique l'hégémonie occidentale... alors que l'Iran lui-même est un acteur clé de l'hégémonie régionale au Moyen-Orient. Les contradictions, toujours les contradictions. Bon, perso je note juste que les tensions montent, et que Macron va encore devoir jouer l'équilibriste...

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G

GameChanger

il y a 1 heure

Mdr les réacs qui vont encore hurler dans les commentaires 'la France n'est plus rien'... Comme d'hab, on attendra les actes. pk ppal c'est toujours pareil ?

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C

Corollaire

il y a 1 heure

Première prédiction cynique : dans 6 mois, tout le monde aura oublié ce discours. La preuve ? On oublie déjà celui de l'année dernière...

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T

tregastel

il y a 2 heures

Encore une fois, l'ONU qui sert de caisse de résonance. À ce rythme, on va finir par croire que les discours changent quelque chose...

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