ONU : Trump en guerre contre l'Europe et la France ? Le multilatéralisme en sursis

Par Apophénie 22/09/2026 à 09:06
ONU : Trump en guerre contre l'Europe et la France ? Le multilatéralisme en sursis

Donald Trump en croisade contre l'ONU et l'Europe : le multilatéralisme en danger. Macron et l'UE en première ligne face à la stratégie isolationniste de Washington. Un sommet sous haute tension à New York.

L’Assemblée générale de l’ONU sous le feu des tensions géopolitiques

Alors que l’Assemblée générale des Nations unies s’ouvre ce mardi à New York, les déclarations belliqueuses de Donald Trump contre le multilatéralisme inquiètent les diplomaties européennes, et française en tête. À l’aube d’un sommet où les alliances traditionnelles pourraient être mises à mal, les observateurs s’interrogent : les États-Unis, pilier historique du système onusien, tournent-ils définitivement le dos à la coopération internationale ?

Dans une séquence analysée ce lundi soir par l’émission « À suivre Loïc de la Mornais », la question du rapport conflictuel entre l’administration Trump et les institutions multilatérales a été au cœur des débats. Une thématique d’autant plus cruciale que le président américain a multiplié les gestes hostiles envers les organisations internationales, remettant en cause des décennies de consensus diplomatique. Ses prises de position récentes, notamment sur le climat, les droits humains ou encore le commerce, dessinent un virage radical, perçu comme une menace par les défenseurs d’un ordre mondial fondé sur le dialogue.

Le multilatéralisme, cible privilégiée de l’administration Trump

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a adopté une stratégie claire : saper les fondements du multilatéralisme. Que ce soit en se retirant d’accords climatiques, en contestant l’autorité de la Cour pénale internationale ou en boycottant des résolutions onusiennes, ses attaques systématiques visent à désarmer les mécanismes de coopération internationale. Un choix qui isole les États-Unis sur la scène mondiale, tout en fragilisant des alliances déjà ébranlées par les crises successives.

Les experts soulignent que cette posture n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique plus large de rejet des institutions perçues comme contraignantes, au profit d’un nationalisme économique et politique assumé. « Trump instrumentalise la souveraineté américaine pour mieux affaiblir les partenaires traditionnels », analyse un diplomate européen sous couvert d’anonymat. Cette stratégie, si elle se confirme, pourrait accélérer la fragmentation de l’ordre international, déjà fragilisé par les tensions sino-américaines et la guerre en Ukraine.

La France, en première ligne, défend une vision diamétralement opposée. Dans un contexte où Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu tentent de maintenir une ligne pro-européenne, la diplomatie française mise sur la reconstruction d’un front commun face aux dérives unilatérales. « L’ONU reste le seul lieu où les nations peuvent dialoguer, malgré les divergences », a rappelé un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay. Pourtant, la tâche s’annonce ardue : les divisions au sein de l’Union européenne, entre ceux qui prônent la fermeté et ceux qui craignent les représailles économiques, compliquent la donne.

L’Europe face à l’hégémonie trumpienne : entre résistance et réalisme

L’attitude de Donald Trump envers l’Europe s’est durcie ces derniers mois. Les droits de douane punitifs, les menaces de sanctions contre les entreprises européennes, et le mépris affiché pour les institutions communautaires ont plongé les capitales européennes dans l’embarras. Berlin, Paris et Bruxelles tentent de coordonner une réponse, mais les désaccords persistent.

Certains pays, comme l’Allemagne, misent sur une diplomatie de la fermeté, tandis que d’autres, à l’instar de la Hongrie ou de la Pologne, adoptent une position plus conciliante avec Washington. Cette division expose l’Union à des divisions dangereuses, alors que les enjeux sont colossaux : sécurité énergétique, transition écologique, gestion des migrations.

Pourtant, l’Europe conserve des atouts majeurs. Son poids économique, son soft power culturel et son réseau d’alliances en Afrique et en Asie lui permettent de résister à la pression américaine. « L’UE doit jouer un rôle de médiatrice, mais aussi de contre-pouvoir », estime une analyste de l’Institut Montaigne. Le risque ? Voir les États-Unis s’isoler davantage, tout en affaiblissant les mécanismes de gouvernance mondiale.

Dans ce contexte, l’Assemblée générale de l’ONU pourrait devenir le théâtre d’un affrontement symbolique. Les Européens, menés par la France, devront défendre une vision humaniste et coopérative, face à une administration américaine déterminée à démanteler l’ordre multilatéral. Une bataille idéologique, mais aussi stratégique.

La France en première ligne : entre idéalisme et pragmatisme

Emmanuel Macron, en fin de mandat, mise sur l’héritage internationaliste de la France. Son ministre des Affaires étrangères, en concertation avec ses homologues européens, travaille à la mobilisation d’une coalition pro-multilatéralisme. « La France ne peut se permettre de rester spectatrice », a-t-il déclaré lors d’un récent déplacement à Bruxelles. Pourtant, les moyens manquent : les budgets dédiés à la diplomatie sont en baisse, et les divisions internes à l’UE freinent les initiatives.

Les observateurs s’accordent sur un point : l’issue de cette crise dépendra en grande partie de la capacité européenne à présenter un front uni. Or, les dernières tensions autour des subventions industrielles et de la politique migratoire montrent que l’unité est loin d’être acquise. « Trump sait jouer sur nos faiblesses », confie un conseiller de l’Élysée. Il mise sur nos divisions pour imposer sa vision d’un monde où la loi du plus fort prime.

Face à cette menace, la société civile et les ONG s’organisent. Des manifestations sont prévues à New York en marge du sommet, tandis que des pétitions circulent en Europe pour soutenir les institutions multilatérales. « Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes gagner », lance une militante d’une organisation pro-ONU. Le combat pour un monde plus juste et coopératif est loin d’être terminé.

Un sommet sous haute tension

Alors que les délégations commencent à affluer vers New York, l’ombre de Donald Trump plane sur les négociations. Ses dernières déclarations, où il a qualifié l’ONU de « club de perdants », ont choqué la communauté internationale. « Ces propos sont indignes d’un pays qui a, pendant des décennies, façonné l’ordre mondial », a réagi un diplomate africain.

Les enjeux du sommet sont immenses : la paix en Ukraine, la crise climatique, la lutte contre les inégalités. Pourtant, les divisions entre puissances rivales risquent de paralyser les discussions. La Russie et la Chine, déjà en conflit larvé avec les États-Unis, pourraient profiter de l’affaiblissement du multilatéralisme pour étendre leur influence.

Dans ce paysage chaotique, l’Europe tente de jouer les médiateurs, mais son poids est limité par ses propres divisions. « Nous devons prouver que le multilatéralisme reste la seule voie pour résoudre les défis globaux », a martelé un représentant français lors d’une réunion préparatoire. Pourtant, le scepticisme grandit, y compris au sein des opinions publiques européennes, fatiguées par des années de crises à répétition.

Alors que le monde retient son souffle, une question reste en suspens : les défenseurs du multilatéralisme parviendront-ils à inverser la tendance, ou assisterons-nous à l’avènement d’un nouvel ordre mondial, dominé par les rapports de force ?


Contexte : un multilatéralisme en péril

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les institutions multilatérales ont permis d’éviter l’embrasement du monde. L’ONU, l’OMC, le G20 : autant d’outils conçus pour favoriser le dialogue et la coopération. Pourtant, ces dernières années, ces structures sont de plus en plus contestées.

Les causes de ce déclin sont multiples : le repli nationaliste, la montée des populismes, mais aussi l’émergence de nouvelles puissances comme la Chine ou l’Inde, qui remettent en cause l’hégémonie occidentale. Les États-Unis, sous Trump, ont accéléré ce mouvement, en sapant les fondements mêmes du système qu’ils avaient contribué à créer.

Pourtant, l’urgence des défis globaux — réchauffement climatique, pandémies, cybermenaces — devrait inciter à la coopération. « Le multilatéralisme n’est pas une option, c’est une nécessité », rappelle un ancien secrétaire général de l’ONU. Mais dans un monde où les rapports de force priment, les appels au dialogue peinent à se faire entendre.

Face à cette situation, l’Europe a un rôle clé à jouer. En défendant ses valeurs — démocratie, droits humains, État de droit — elle peut incarner une alternative crédible au nationalisme trumpien. « L’UE doit devenir le phare d’un monde multipolaire et coopératif », plaide un éditorialiste du Monde Diplomatique. Mais pour cela, elle devra surmonter ses divisions internes et retrouver une ambition commune.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (4)

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Tirésias

il y a 1 heure

Encore un sommet où on va se faire engueuler en anglais... Bon, au moins ça fait un peu de tourisme à NY pour Macron. Mouais.

0
C

Corte

il y a 1 heure

Trump en guerre contre l'Europe ? Non, contre le monde. Le multilatéralisme, c'était avant. Bienvenue dans l'ère du chacun pour sa gueule.

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N

Nausicaa

il y a 2 heures

NOOOOON mais ils vont nous lâcher quand ces américains ??? sérieuuux !!! on est bons pour payer leur guerre à leur place encore ???

1
A

ACE 55

il y a 31 minutes

@nausicaa Tu exagères un peu là... Trump déteste l'ONU parce que ça limite son pouvoir, pas par malveillance envers l'Europe. Mais bon, le résultat est le même.

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