Portugal : l'extrême droite en passe de conquérir le pouvoir ?

Par Aporie 18/01/2026 à 09:24
Portugal : l'extrême droite en passe de conquérir le pouvoir ?

Portugal : l'extrême droite en passe de conquérir le pouvoir ? André Ventura, leader de Chega, pourrait l'emporter à la présidentielle.

Un scrutin historique sous tension

Dimanche 18 janvier 2026, les Portugais sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau président. Une élection qui s'annonce cruciale, marquée par la montée en puissance de l'extrême droite, incarnée par André Ventura, leader du parti Chega. Pour la première fois, un candidat d'extrême droite pourrait l'emporter au premier tour, selon les derniers sondages.

Entroncamento, laboratoire de la radicalisation

Dans la petite ville d'Entroncamento, située à une heure et demie de Lisbonne, le parti Chega a déjà fait ses preuves. Dirigée par ce mouvement depuis les municipales d'octembre, la commune de 22 000 habitants illustre les fractures d'une société en crise. La population étrangère y a triplé entre 2021 et 2023, une situation qui alimente les discours xénophobes.

Emidio Gomes, chauffeur de taxi, résume l'ambiance :

"Les immigrés qui arrivent sont surtout africains. Leur arrivée a fait flamber les prix de l'immobilier et créé un fort climat d'insécurité."
Des propos qui reflètent une peur sociale exploitée par l'extrême droite.

Un discours sécuritaire et identitaire

Les habitants d'Entroncamento pointent du doigt une immigration perçue comme incontrôlée. Carita, agente de sécurité, espère que Ventura "rétablisse l'ordre" :

"On ne pourra bientôt plus sortir dans la rue le soir."
Arnaldo Henriques, retraité de l'armée, dénonce un manque de surveillance policière et une crise de la sécurité.

José Coelho, voisin d'Arnaldo, exprime une méfiance envers les communautés étrangères :

"Ils ne s'intègrent pas. Leur expansion devient problématique."
Un discours qui résonne avec les thèses de l'extrême droite européenne, notamment en Hongrie ou en Italie.

Un risque pour la démocratie portugaise

Si le président portugais n'a pas de pouvoirs exécutifs, son rôle d'arbitre en cas de crise politique en fait une figure clé. Depuis 1986, seule une élection s'est jouée au second tour. Une victoire de Ventura pourrait fragiliser les institutions démocratiques, dans un contexte où l'Union européenne observe avec inquiétude la montée des populismes.

Les derniers sondages créditent Ventura de 24% des intentions de vote, soit le double de son score de 2021. Une progression fulgurante qui interroge sur l'avenir politique du Portugal, à l'heure où la France elle-même fait face à une crise des vocations politiques et à une guerre des droites.

Un enjeu européen

Cette élection s'inscrit dans un contexte européen marqué par la radicalisation. Alors que la France tente de stabiliser son paysage politique sous la présidence Macron-Lecornu, le Portugal pourrait basculer vers un pouvoir autoritaire. Une perspective inquiétante pour les défenseurs de la démocratie, alors que les crises des finances publiques et de la sécurité alimentent les discours extrémistes.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (4)

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Nuage Errant

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Ils vont vraiment nous faire le coup du 'c'est pas si grave' ??? J'ai peur pour l'Europe là...

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Tangente

il y a 1 semaine

Si ça marche au Portugal, dans 5 ans on aura un Chega à la tête de l'UE. Enfin, si on est encore dans l'UE à ce moment-là...

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Enlightenment

il y a 1 semaine

Mouais, l'extrême droite au Portugal... On dirait un remake de l'Espagne en 2018. Et après on s'étonne que les gens votent pour eux. Bref, la démocratie en mode 'on verra bien'.

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Économiste curieux 2024

il y a 1 semaine

@enlightenment Franchement, c'est pas comme si on avait pas déjà vu le film. Moi j'ai un pote qui a voté pour eux aux dernières législatives, genre 'pour faire peur aux autres'. Résultat : il regrette déjà. Lol.

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