Une peine d’inéligibilité obligatoire pour les élus antisémites
Dans un entretien accordé au 8h30 franceinfo ce samedi 14 février 2026, la ministre déléguée Aurore Bergé a apporté son soutien à la proposition d’Emmanuel Macron visant à instaurer une peine d’inéligibilité automatique pour les élus condamnés pour antisémitisme ou racisme. Une mesure jugée nécessaire par la ministre, qui souligne l’obligation d’exemplarité des représentants de la République.
« Les élus de la République ont un devoir d’exemplarité », a-t-elle déclaré, interrogeant : « À partir du moment où ils sont condamnés pour des faits d’antisémitisme, de racisme, de discrimination, est-ce qu'ils peuvent être à nouveau candidats ? Rester en poste ? ». Une question rhétorique qui reflète l’urgence d’une réponse législative face à la montée des discours haineux.
Une loi transpartisane contre l’antisémitisme
La proposition de loi, déjà adoptée en commission des lois le 20 janvier, sera examinée dans les prochaines semaines à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a activé la procédure accélérée, signe de l’urgence perçue par l’exécutif. Aurore Bergé a tenu à rassurer sur les garanties démocratiques : « Chacun sera toujours aussi libre de critiquer la politique menée par le gouvernement israélien, mais appeler à la destruction de l’État d’Israël, nier sa légitimité à exister, traiter les Français juifs de génocidaires… cela doit cesser. »
La ministre a salué le caractère transpartisan du texte, cosigné par des élus socialistes, dont l’ancien président François Hollande. Une unité rare sur un sujet aussi sensible, qui contraste avec les divisions récurrentes à l’Assemblée.
Présidentielle 2027 : l’appel à l’unité du centre et de la droite
Aurore Bergé a également insisté sur la nécessité d’une primaire unifiée pour la présidentielle de 2027, réunissant le centre et la droite. « La primaire n’est pas un choix de confort, c’est un choix de nécessité », a-t-elle martelé, évoquant le risque d’une élection par défaut au profit du Rassemblement National (RN).
« Si on multiplie les candidatures, aucune ne sera qualifiée au second tour », a-t-elle prévenu, critiquant implicitement les ambitions individuelles de certains dirigeants de droite. Elle a cité en exemple Bruno Retailleau, président des Républicains, dont les velléités solitaires pourraient affaiblir le camp présidentiel.
Le spectre d’une victoire du RN
La ministre a lancé un avertissement solennel : « Je ne vois pas d’alternative possible. Si le RN gagne par défaut, nous serons tous jugés responsables. » Un constat qui reflète les craintes d’une partie de la classe politique face à la montée en puissance de l’extrême droite, malgré les récents dérapages de certains de ses candidats.
Elle a également pointé du doigt La France Insoumise (LFI), accusée d’attiser un climat de haine dans le pays. Une critique qui s’inscrit dans un contexte de polarisation croissante, où les extrêmes semblent profiter des divisions du camp républicain.
Pour Aurore Bergé, l’enjeu dépasse les clivages partisans : « Il faut se regarder dans la glace le lendemain si le RN gagne. » Une mise en garde qui résonne comme un appel à l’unité face à la menace d’une victoire de l’extrême droite.