Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau lance une campagne de droite dure, entre immigration et référendums

Par Renaissance 13/02/2026 à 11:12
Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau lance une campagne de droite dure, entre immigration et référendums

Bruno Retailleau lance sa campagne présidentielle 2027 avec un discours dur sur l'immigration et un référendum controversé. Une stratégie risquée dans un contexte de crise politique.

Une candidature surprise qui divise

Alors que la France traverse une crise démocratique sans précédent, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Une décision qui intervient dans un contexte de fragmentation politique et de défiance croissante envers les institutions.

Un timing contesté

Mathieu Darnaud, sénateur de l’Ardèche et proche de Retailleau, a défendu cette annonce, estimant qu’elle répondait à une attente des Français pour des idées claires. « Une élection présidentielle doit permettre de tracer des perspectives pour l’avenir du pays », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un débat structuré dans un contexte de crises multiples.

Pourtant, certains observateurs s’interrogent sur le choix de se lancer avant les municipales de 2026. Un échec local pourrait fragiliser une campagne déjà perçue comme risquée par une partie de la droite modérée. « La politique exige parfois de prendre des risques », a rétorqué Darnaud, défendant une approche long terme.

Immigration : une ligne dure assumée

Retailleau a immédiatement marqué son positionnement en déclarant que

« l’immigration n’est plus une chance »
, évoquant une société multiculturelle et multiconflictuelle. Une posture qui s’inscrit dans une droite affirmée, voire conservatrice, et qui pourrait séduire une partie de l’électorat déçu par le gouvernement Lecornu II.

Darnaud a justifié ces propos en rappelant que l’immigration figure parmi les principales préoccupations des Français, indépendamment de leurs sensibilités politiques. Il a également évoqué l’idée d’un référendum sur le sujet, une proposition qui pourrait polariser davantage le débat.

Un référendum constitutionnel en question

L’idée d’un référendum sur l’immigration a suscité des critiques, certains estimant qu’il s’agit davantage d’une déclaration d’intention que d’une proposition réaliste. « Ces sujets méritent d’être examinés avec sérieux, dans la durée », a tempéré Darnaud, reconnaissant la complexité juridique d’une telle consultation.

Pourtant, dans un contexte de crise de la démocratie locale, l’outil référendaire pourrait séduire une partie de l’opinion publique, lassée des décisions technocratiques du pouvoir en place. Retailleau mise ainsi sur un discours anti-système, tout en évitant les dérives de l’extrême droite.

Une campagne à haut risque

Alors que le gouvernement Lecornu II peine à rassembler une majorité stable à l’Assemblée nationale, la candidature de Retailleau pourrait redessiner les clivages politiques en vue de 2027. Reste à savoir si cette droite identitaire parviendra à séduire au-delà de son électorat traditionnel.

Dans un paysage politique marqué par la montée des populismes et la défiance envers les élites, Retailleau mise sur un discours rupturiste, tout en évitant les écueils de l’extrême droite. Une stratégie qui pourrait diviser la droite modérée, déjà fragilisée par les divisions internes.

À quelques mois des municipales, cette candidature pourrait aussi influencer les stratégies des autres partis, notamment le Rassemblement National, qui pourrait être tenté de durcir son discours pour ne pas perdre des voix sur sa droite.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (8)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

E

Enora du 69

il y a 1 semaine

En mode comparaison internationale, c'est un peu comme Trump en 2016, mais sans le charisme. Et sans les tweets. Le pire, c'est que ça marche parfois...

0
E

EdgeWalker3

il y a 1 semaine

@enora-du-69 Comme d'hab, la France copie les USA avec 20 ans de retard. Sauf qu'ici, ça marche moins bien. Bof.

0
L

Lacannerie

il y a 1 semaine

Bon... Encore un qui essaie de surfer sur la colère. Franchement, à force, on s'y habitue. Bref, on verra bien qui restera debout après les primaires.

0
S

StoneAge24

il y a 1 semaine

Le problème, c'est que la droite dure a déjà été testée. Entre 2017 et 2022, les discours sécuritaires ont perdu en crédibilité. Retailleau croit-il vraiment que les électeurs vont avaler la même soupe ?

0
W

WordSmith

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Encore un qui veut jouer au dur sur l'immigration... Franchement, ça commence à bien faire !!!

0
N

Nausicaa

il y a 1 semaine

@wordsmith ptdr c'est clair !!! Ils croient quoi ??? Qu'on va tous voter pour eux juste parce qu'ils crient plus fort ??? LOL

0
G

ghi

il y a 1 semaine

Retailleau mise sur un positionnement dur pour se différencier, mais le référendum risque de diviser sa base. La stratégie rappelle celle de Le Pen en 2017, mais dans un contexte bien plus fragmenté. Le piège ? Radicaliser sans rassembler. Ironie du sort : c'est exactement ce que reproche à Macron.

1
A

Anne-Sophie Rodez

il y a 1 semaine

Et les chiffres sur l'immigration, on les sort quand ? Parce que là, c'est du vent. @ghi, tu as des sources sur l'impact réel de ces mesures ?

0
Publicité