Présidentielle 2027 : Glucksmann dénonce la fragmentation de la gauche face à Mélenchon

Par Éclipse 06/05/2026 à 10:30
Présidentielle 2027 : Glucksmann dénonce la fragmentation de la gauche face à Mélenchon

Présidentielle 2027 : Glucksmann et Mélenchon s’affrontent pour la gauche, mais leur division pourrait coûter cher face à l’extrême droite. Analyse des enjeux énergétiques, sociaux et européens qui opposent les progressistes.

La gauche à l'épreuve de ses divisions avant 2027

Dans un paysage politique français déjà marqué par les tensions entre les forces progressistes et les tentations autoritaires, la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon dimanche soir a confirmé ce que beaucoup pressentaient : la gauche radicale ne renoncera pas à ses ambitions pour le pouvoir suprême. Mais c’est la réaction de Raphaël Glucksmann, eurodéputé et vice-président de Place publique, qui révèle les fractures profondes d’un camp divisé entre réformistes et révolutionnaires, entre écologistes modérés et souverainistes intransigeants.

Invité des « 4 Vérités » ce mercredi 6 mai 2026, le responsable socialiste a balayé d’un revers de main les critiques sur l’absence de candidature unique de la gauche non-LFI. Pour lui, cette dualité est même « parfaitement normale », puisqu’elle reflète deux visions radicalement opposées de la France et de son avenir. « Nous incarnons des lignes totalement différentes, des visions du monde différentes », a-t-il déclaré, soulignant que « les électrices et les électeurs seront les seuls maîtres du choix final ».

Une gauche réformiste confiantes en sa majorité

Face à l’offensive mélenchoniste, Glucksmann assume une stratégie claire : refuser une primaire et privilégier l’unité par le programme. « On ne va pas tergiverser pendant des mois », a-t-il lancé, rappelant que son camp avait réalisé 14 % aux dernières européennes, un score qu’il attribue à une ligne « social-démocrate, écologiste et viscéralement pro-européenne ». Un résultat qui, selon lui, prouve que sa vision est « majoritaire à gauche ».

Pourtant, les questions persistent : comment éviter que cette division ne profite aux forces conservatrices ou, pire, à l’extrême droite ? Glucksmann balaie l’idée d’une « malédiction » de la gauche à ne parler qu’à elle-même, mais admet que le camp progressiste doit dépasser ses querelles internes pour affronter les défis concrets qui préoccupent les Français. « Aujourd’hui, les gens ne sont pas obsédés par les courses de petits chevaux politiques, mais par le prix à la pompe », a-t-il martelé, pointant du doigt l’urgence sociale et énergétique.

« La France peut basculer dans le camp des poutinistes et des trumpistes en 2027, ou elle peut renouer avec un destin grandiose. »

— Raphaël Glucksmann, vice-président de Place publique

Énergie, pouvoir d’achat et souveraineté : les lignes rouges de la campagne

Alors que Sébastien Lecornu, Premier ministre, annonce un « changement d’échelle » dans les aides aux Français, Glucksmann critique une approche trop généraliste et inefficace. Pour lui, les subventions massives aux énergies fossiles, comme celles accordées en 2021-2022 après le choc pétrolier lié à la guerre en Ukraine, sont une erreur stratégique. « On a dépensé 100 milliards d’euros en France pour subventionner le gaz et le pétrole », rappelle-t-il, avant de fustiger un État qui « arrive en pompier quand la crise éclate » au lieu d’investir dans la transition écologique.

Sa proposition ? Un leasing social pour les voitures électriques, financé par une taxe sur les superprofits des géants de l’énergie, comme TotalEnergies. Une idée que le gouvernement n’a pas encore retenue, selon lui, préférant « subventionner le SUV du week-end » plutôt que d’aider les travailleurs modestes. « Le chantage de Patrick Pouyanné est inacceptable », ajoute-t-il, en référence aux menaces du PDG de Total de contester un éventuel plafonnement des prix en cas de taxation des bénéfices exceptionnels.

Glucksmann plaide pour un retour à un État stratège, à l’image du plan Messmer des années 1970, qui avait permis à la France de réduire sa dépendance pétrolière grâce à un ambitieux programme nucléaire. « La politique doit retrouver son rôle de direction de la cité », insiste-t-il, avant d’élargir la perspective : « Est-ce que nous sommes capables d’avoir un cap clair pour le pays ? »

L’Europe comme rempart contre les dérives autoritaires

Au-delà des enjeux nationaux, Glucksmann place la construction d’une Europe souveraine et puissante au cœur de son projet. Une nécessité selon lui pour contrer les menaces extérieures, qu’elles viennent de Russie, de Turquie ou des États-Unis sous une présidence Trump. « Nous sommes à un moment de bascule pour notre civilisation », avertit-il, soulignant que l’indépendance énergétique et militaire de l’UE est « le combat de notre génération ».

Cette vision tranche avec celle de certains souverainistes de gauche, qui prônent une rupture avec Bruxelles. Pour Glucksmann, au contraire, l’intégration européenne est la seule issue pour éviter que la France ne sombre dans le nationalisme ou l’isolationnisme. « Affirmer la puissance et la souveraineté de la France, c’est le faire dans une Europe puissante et souveraine », martèle-t-il.

Le risque d’un éclatement fatal pour la gauche

Alors que les sondages donnent Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour 2027, la division de la gauche apparaît comme un luxe que le pays ne peut plus se permettre. Glucksmann en est convaincu : si les progressistes ne parviennent pas à s’unir autour d’un candidat commun, c’est l’ensemble du projet démocratique qui pourrait être menacé. « Nous serons suffisamment adultes pour qu’il n’y en ait qu’un ou une », promet-il, sans pour autant préciser les modalités concrètes de cette désignation.

Pourtant, les obstacles sont nombreux. Entre les partisans d’une alliance avec la France insoumise et ceux qui refusent toute compromission avec Mélenchon, les tensions restent vives. Certains observateurs y voient même une stratégie délibérée de la part de Glucksmann : en maintenant une candidature distincte, il espère peut-être forcer le camp mélenchoniste à adopter un profil plus modéré, ou au contraire, se discréditer lui-même par ses excès.

Une chose est sûre : le compte à rebours pour 2027 est enclenché, et chaque semaine compte. Avec un pouvoir d’achat toujours en berne, une inflation qui ronge le quotidien des ménages, et une menace autoritaire qui plane, les Français attendent des réponses claires. Or, pour l’instant, la gauche ne leur offre qu’un spectacle de divisions stériles.

Ce qu’il faut retenir

  • Deux visions opposées de la gauche s’affrontent pour 2027 : celle de Mélenchon, radicale et souverainiste, et celle de Glucksmann, réformiste et pro-européenne.
  • Le responsable socialiste rejette l’idée d’une primaire et mise sur l’unité par le programme, malgré les risques de fragmentation.
  • Face à la crise énergétique, il propose un leasing social pour les voitures électriques, financé par une taxe sur les superprofits, et critique l’inaction de l’État.
  • Glucksmann fait de l’Europe souverain une priorité absolue, la présentant comme le seul rempart contre les dérives autoritaires.
  • Le risque ? Que la division de la gauche profite à l’extrême droite, déjà en tête dans les intentions de vote.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (11)

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D

datadriven

il y a 1 mois

Perso, j’ai voté Mélenchon en 2022. Pas parce que j’adhérais à 100% à son programme, mais parce que c’était le seul qui parlait cash des inégalités. Mais là, je me demande si Glucksmann ne serait pas plus crédible pour négocier avec l’UE sur la transition énergétique. C’est ça le drame : choisir entre le symbole et l’efficacité. Et moi, je suis au milieu...

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Ploumanach

il y a 1 mois

Ce qui est intéressant, c'est de voir comment les enjeux énergétiques et sociaux sont instrumentalisés. Glucksmann mise sur une écologie 'réaliste' (sous-entendu compatible avec l'UE et le marché), tandis que Mélenchon veut une rupture. Mais dans les deux cas, c'est la même question qui revient : comment financer tout ça sans faire fuir les classes moyennes ou les marchés ?

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Apollon 6

il y a 1 mois

@ploumanach Tu as raison sur le financement, mais tu oublies un détail : la gauche ne représente plus que 25% des intentions de vote. Leur débat d'experts sur l'écologie ou l'Europe, c'est comme deux types qui se disputent la dernière tranche de pain dans un naufrage. À ce niveau-là, la vraie question c'est : comment éviter que l'extrême droite ne gagne par défaut ?

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Corte

il y a 1 mois

Et si la solution était simple : ils se retirent tous les deux ? Glucksmann pour le PS, Mélenchon pour LFI, mais avec un accord clair : un seul ticket. Sinon, bonjour les urnes vides en 2027.

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evercurious47

il y a 1 mois

mdr les mecs ils ont peur des sondeurs ou koi ??? ils se regardent le nombril depuis 10 ans et après ils pleurnichent quand y'a des élections... franchement jsp pk on les écoute encore xptdr

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Kerlouan

il y a 1 mois

Bon... encore une fois la gauche qui se tire une balle dans le pied. Comme d'hab. Entre ceux qui veulent faire la révolution et ceux qui veulent gérer le capitalisme en mieux, y'a pas moyen de gagner. pfff.

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QuantumLeap61

il y a 1 mois

Est-ce que la gauche française a déjà gagné une élection sans s’être déchirée avant ? En 81, c’était Mitterrand qui unissait tout le monde... mais après, il a passé son mandat à gérer des crises et à faire des compromis. Aujourd’hui, les compromis, c’est mal vu. Alors on fait quoi ? On élit le RN parce que c’est plus simple ? Génial le choix...

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Loïc-29

il y a 1 mois

Ce qui est frappant, c'est que cette division rappelle étrangement le scénario de 2002. À l'époque, les voix de la gauche s'étaient dispersées au premier tour, offrant un second tour Jospin-Le Pen. Aujourd'hui, c'est Glucksmann vs Mélenchon, mais le risque reste le même : une abstention massive ou un vote utile à l'extrême droite.

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Tirésias

il y a 1 mois

Encore une fois, la gauche française préfère jouer à 'qui a la plus grosse' plutôt que de s'unir contre l'ennemi commun. J'ai vu ça en 78, en 81, en 88... R.A.S. Je me souviens d'un meeting de Jospin en 97 où il avait dit 'la gauche doit se rassembler'... et puis trois ans plus tard, il était en train de privatiser Air France. L'histoire bégaye.

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Véronique de Poitou

il y a 1 mois

mdr nooooon mais ils sont sérieux là ??? la gauche qui se déchire APRÈS 2022 sa race... et ils osent parler de rassemblement ??? sérieuxxx ???

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Etchecopar

il y a 1 mois

a mais attendez, Glucksmann il veut faire quoi au juste ? un PS bis ? et Mélenchon il propose toujours son truc écolo-sovraniste qui fait peur aux bobos et aux ouvriers en même temps... trop fort pour se qualifier en 2022, ça sera encore pire en 2027 lol

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