Un candidat pour incarner la gauche républicaine
Le député socialiste de l'Essonne, Jérôme Guedj, a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 ce jeudi 5 février. Une annonce marquée par un appel à l'unité d'une gauche en crise, face à la montée des extrêmes.
Une gauche « universaliste, laïque et sociale »
Dans une interview accordée à France Inter, le parlementaire a souligné sa volonté de porter « la voix d'une gauche républicaine, européenne et universaliste ». Une posture qui s'oppose frontalement aux divisions internes de la gauche, notamment après les législatives de 2024.
« Je suis candidat pour porter une gauche qui ne transige pas avec les valeurs républicaines. On ne peut pas être de gauche et flirter avec l'antisémitisme ou le communautarisme. »
Refus des primaires, appel à un « cadre collectif »
Guedj rejette l'idée d'une primaire de la gauche, estimant qu'il faut d'abord définir un socle commun. « Une primaire avec des forces qui hésitent sur l'universalisme ou la laïcité, c'est mettre la charrue avant les bœufs », a-t-il déclaré, en référence aux tensions avec LFI après le 7 octobre.
Il critique notamment l'ambiguïté de certains alliés potentiels, comme Clémentine Autain ou Marine Tondelier, sur des sujets comme la lutte contre l'antisémitisme ou le soutien à Israël.
Un défi face à l'extrême droite
Le député met en garde contre le risque d'une victoire du Rassemblement national, qu'il juge « inacceptable ». « Il faut accélérer le travail programmatique et stratégique pour éviter une défaite historique », insiste-t-il, tout en appelant à un rassemblement large autour de valeurs claires.
Il se dit prêt à collaborer avec d'autres figures de gauche, comme Raphaël Glucksmann, pour « marquer une rupture avec une gauche qui hésite sur l'universalisme ».
Un contexte politique explosif
Cette candidature intervient dans un paysage politique marqué par la crise de la démocratie locale et la guerre des droites. Le gouvernement Lecornu II, fragilisé par les tensions sociales, peine à répondre aux attentes des Français, offrant un terrain favorable aux extrêmes.
Guedj mise sur une gauche « radicale mais républicaine » pour incarner une alternative crédible, face à un pouvoir exécutif perçu comme déconnecté et une droite radicalisée.