Un défi à la gauche unitaire
Jeudi 5 février 2026, Jérôme Guedj, député socialiste de l'Essonne, a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, marquant une rupture avec la primaire de la « gauche unitaire » prévue en octobre. Une décision qui s'inscrit dans un contexte de crise des vocations politiques et de recomposition à gauche.
Une gauche républicaine et européenne
Dans une interview accordée à France Inter, l'ancien frondeur du Parti socialiste a présenté sa vision d'une gauche républicaine, universaliste et laïque, tout en critiquant l'absence de clarté programmatique de la primaire organisée par le PS et les écologistes.
« On ne transige pas avec la République, on ne transige pas avec la laïcité, avec l’universalisme. On est intransigeant sur les questions de lutte contre le racisme, de lutte contre l’antisémitisme. »
Guedj se positionne comme le porte-voix d'une gauche sociale et écologiste, refusant toute compromission avec La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon. Une posture qui pourrait séduire les électeurs modérés, tout en exacerbant les tensions internes à la gauche.
Un refus de la primaire « baroque »
L'élu de l'Essonne a qualifié la primaire annoncée de « très baroque », soulignant son manque de cohérence idéologique. Une critique qui intervient alors que le Parti communiste français (PCF), LFI et Place publique (Raphaël Glucksmann) ont déjà annoncé leur boycott de ce processus.
« Quelle est l’orientation programmatique ? Quelle est la clarté dans les valeurs ? », a-t-il interrogé, rappelant son opposition aux ambiguïtés de la gauche radicale. Une position qui pourrait le rapprocher de Raphaël Glucksmann, bien qu'il assure ne pas être en concurrence.
Une stratégie pour 2027
En se déclarant candidat, Guedj entend accélérer le travail programmatique et stratégique en vue de 2027. Une élection qui s'annonce cruciale dans un contexte de crise de la démocratie locale et de montée des extrêmes.
Ancien proche de Jean-Luc Mélenchon, avec lequel il a rompu après les hésitations de ce dernier à condamner fermement l'attaque du 7 octobre 2023, Guedj mise sur une alliance large pour éviter une nouvelle défaite face à la droite et à l'extrême droite.
« Je souhaite que nous travaillions tous ensemble », a-t-il plaidé, appelant à un cadre collectif pour permettre à la gauche d'accéder au second tour.
Un contexte politique tendu
Cette annonce intervient alors que le gouvernement Lecornu II peine à répondre aux défis économiques et sécuritaires, tandis que l'opposition de droite et d'extrême droite se structure en vue de 2027. Dans ce paysage, la candidature de Guedj pourrait redessiner les alliances à gauche, mais aussi alimenter les divisions.
Reste à savoir si cette stratégie payera, dans un climat marqué par la crise des finances publiques et la défiance croissante envers les institutions.