Un avenir incertain pour Marine Le Pen
Alors que la France se prépare pour l'élection présidentielle de 2027, le Rassemblement National (RN) fait face à une crise judiciaire majeure. Marine Le Pen, figure emblématique du parti, pourrait être empêchée de se présenter en raison d'une possible inéligibilité. Une situation qui plonge le parti dans l'incertitude et oblige ses membres à envisager des scénarios alternatifs.
Une épée de Damoclès judiciaire
Les réquisitions du procès en cours pourraient bien sceller le sort de Marine Le Pen. Si les juges suivent les réquisitions comme en première instance, elle sera contrainte de renoncer à sa candidature. Une perspective qui, bien que redoutée, n'est pas encore actée. « Si les réquisitions sont suivies, je serai empêchée », a-t-elle confié à plusieurs journalistes, tout en laissant planer un mince espoir.
Les députés du RN, bien que solidaires, restent prudents. Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, souligne :
« Tout le monde s'est engagé, Jordan Bardella en premier lieu pour Marine Le Pen. Donc on n'a pas envie, si vous voulez, de se projeter dans un scénario qui n'existe pas. »Laurent Jacobelli, député de Moselle, ajoute :
« Il y a une épée de Damoclès juridique. On ne l'a pas voulu. C'est ainsi. Nous agirons face aux événements et face aux décisions. Nous ne décevrons pas les Français. »
Scénarios possibles : entre espoir et résignation
La relaxe semble improbable, mais Marine Le Pen espère une réduction de sa peine d'inéligibilité de 5 à 2 ans, ce qui lui permettrait de se présenter en 2027. Cependant, si la Cour suit les réquisitions, elle devra céder sa place. Une éventuelle peine de prison pourrait même l'obliger à faire campagne avec un bracelet électronique, une situation qui affaiblirait considérablement sa campagne.
Un député RN préfère ne pas se projeter :
« Ce qui compte, c'est la décision. On se prépare à tout, mais il reste une chance. »Une autre élue ajoute :
« Marine reste notre candidate. Dire l'inverse, ce serait écrire le jugement avant qu'il ne soit rendu. »
Un calendrier politique perturbé
Les délais de la justice compliquent encore la situation. Benjamin Morel, constitutionnaliste, explique :
« Le calendrier judiciaire vient en effet perturber le calendrier politique du Rassemblement national. Il vaudrait mieux que le RN soit le plus tôt possible sûr du candidat qu'il va envoyer. »Marine Le Pen a ainsi fixé un calendrier strict : elle ne compte pas attendre la cassation et agira dès le jugement d'appel.
Jordan Bardella, jeune figure montante du RN, pourrait donc être appelé à prendre le relais. Un congrès sera organisé à l'automne pour lancer officiellement la campagne, mais le parti sera fixé avant l'été sur l'identité de son candidat.
Un parti divisé face à l'incertitude
Alors que le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, observe la situation avec attention, le RN doit faire face à une crise interne. La stratégie du parti, longtemps centrée sur Marine Le Pen, pourrait être remise en question. Entre espoir et résignation, le RN navigue à vue, tandis que l'opposition de gauche, menée par Jean-Luc Mélenchon, se prépare à capitaliser sur cette faiblesse.