Une réforme judiciaire sous le signe de la fermeté
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a défendu jeudi 12 février sa circulaire pénale et éducative relative à la justice des mineurs, soulignant l'équilibre entre sanction et éducation. "La sanction fait partie de l'éducation", a-t-il affirmé, tout en annonçant la création d'unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) dotées d'un encadrement renforcé.
Des mesures controversées pour les mineurs délinquants
Le garde des Sceaux a précisé que ces unités seront des écoles avant tout, avec un temps d'enseignement multiplié par cinq par rapport aux centres actuels. Une mesure saluée par les associations éducatives, mais critiquée par l'opposition qui y voit une politisation de la justice.
Parmi les autres annonces, l'interdiction des téléphones portables dans les chambres des mineurs placés, ainsi qu'un couvre-feu systématique pour les primo-délinquants. "C'est une réponse immédiate à la délinquance", a justifié Darmanin, tout en reconnaissant que la mise en œuvre reposera largement sur les familles.
La question de l'éligibilité de Marine Le Pen
Interrogé sur l'éventuelle inéligibilité de Marine Le Pen, Darmanin a adopté une posture prudente, rappelant son statut de ministre.
"La justice doit faire son travail en toute indépendance", a-t-il déclaré, tout en soulignant que les procédures seront bouclées avant l'élection présidentielle.
Cette prudence contraste avec ses déclarations passées, où il qualifiait d'"inacceptable" l'idée d'une exclusion de la candidate du Rassemblement National. Une position qui pourrait alimenter les critiques sur son impartialité.
Vers une primaire de droite avant Noël 2026
Alors que plusieurs figures de la droite et du centre envisagent une candidature à la présidentielle, Darmanin a plaidé pour une primaire unifiée avant la fin de l'année. "Si nous n'avons pas un seul candidat, nous laisserons nos électeurs face à un choix entre le RN et la France Insoumise", a-t-il averti.
Cette mise en garde intervient alors que Bruno Retailleau, président des Républicains, s'apprête à officialiser sa candidature. Une multiplication des candidatures qui pourrait affaiblir la droite face à un Rassemblement National en progression constante dans les sondages.
La question des djihadistes rapatriés
Sur le dossier sensible des djihadistes transférés de Syrie vers l'Irak, Darmanin a rassuré sur l'absence d'évasions, tout en écartant l'hypothèse d'un rapatriement des trois binationaux français concernés. "Leur maintien en détention sur place est la meilleure garantie pour la sécurité nationale", a-t-il affirmé.
Cette position rejoint celle du gouvernement, qui privilégie une coopération internationale plutôt qu'un retour massif de ces individus sur le territoire français. Une approche critiquée par certains experts en sécurité qui y voient un risque à long terme.
Un remaniement ministériel imminent
Interrogé sur son avenir au gouvernement, Darmanin a adopté une posture de modestie, laissant la décision au président de la République. "Je ne suis pas propriétaire de mon poste", a-t-il déclaré, tout en rappelant ses réalisations à la tête du ministère de la Justice.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions au sein du gouvernement Lecornu II, marqué par le départ récent d'Amélie de Montchalin. Un remaniement qui pourrait redessiner les alliances politiques à moins d'un an de l'élection présidentielle.