Primaire socialiste en feu : Faure écarté Brun, Glucksmann en embuscade

Par Mathieu Robin 17/09/2026 à 22:14
Primaire socialiste en feu : Faure écarté Brun, Glucksmann en embuscade

Primaire socialiste en crise : exclusion de Philippe Brun, guerre Faure vs Glucksmann, et budget 2027 sous le signe de la justice sociale. Le PS peut-il éviter l’effondrement ?

L’exclusion de Philippe Brun, un séisme dans la primaire socialiste

Le Parti Socialiste traverse une crise sans précédent à l’approche de sa primaire prévue pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2027. Olivier Faure, premier secrétaire du PS et figure centrale de la gauche modérée, se retrouve au cœur d’une polémique après l’exclusion de Philippe Brun, ancien sénateur et membre emblématique de l’aile droite du parti. Ce dernier, accusé d’avoir instrumentalisé une affaire de harcèlement et de violences à son encontre, dénonce une « chasse aux sorcières » orchestrée par l’appareil socialiste. Les observateurs politiques y voient surtout une manœuvre pour affaiblir l’aile la plus conservatrice du parti, déjà en proie à des divisions internes.

Dans un entretien exclusif, Olivier Faure a tenté de désamorcer la polémique en affirmant avec emphase :

« Il n’y a aucune volonté de ma part d’éliminer Philippe Brun. Cette décision relève de la commission d’éthique, qui a statué en toute indépendance. »
Pourtant, les doutes persistent. Certains y décèlent une stratégie pour écarter les voix dissidentes et consolider la ligne centriste du PS, déjà fragilisée par l’émergence de Raphaël Glucksmann, figure médiatique et eurodéputée, dont l’ambition présidentielle agite les couloirs du siège socialiste.

Budget 2027 : Faure mise sur la justice sociale et la fiscalité progressive

Alors que le gouvernement Lecornu II s’apprête à présenter son projet de budget pour 2027, Olivier Faure en a profité pour détailler les propositions du PS, axées sur une redistribution des richesses et une fiscalité plus redistributive. Le premier secrétaire a réaffirmé sa volonté de revaloriser les salaires, notamment ceux des fonctionnaires, et de taxer davantage les superprofits des grandes entreprises, une mesure déjà adoptée dans plusieurs pays européens, à l’image de l’Allemagne, où la coalition de gauche a imposé une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des géants de l’énergie.

Sur le dossier épineux des retraites, Faure a rappelé son opposition à un report de l’âge légal, une position en phase avec les revendications des syndicats et des associations de retraités. « La France a les moyens de financer son système de retraite par répartition, a-t-il martelé, avant d’ajouter que la réforme des retraites de 2023 avait été un échec social et économique. » Une critique implicite à l’encontre d’Emmanuel Macron, dont le quinquennat touche à sa fin dans un contexte de tensions sociales persistantes.

Les propositions fiscales du PS incluent également une taxation renforcée des héritages et une réforme de l’impôt sur le revenu pour les ménages les plus aisés. Des mesures ambitieuses, mais qui, selon les économistes proches de la droite, risquent de « freiner l’investissement et d’aggraver le déficit public ». Une critique balayée par Faure, pour qui l’austérité budgétaire n’est plus une option, alors que les inégalités n’ont jamais été aussi criantes en France.

Glucksmann, l’outsider qui bouscule le PS

Raphaël Glucksmann, dont la candidature à la primaire socialiste fait de plus en plus de bruit, incarne une ligne plus libérale et pro-européenne, en opposition avec la frange la plus à gauche du parti. Ancien membre du Parti Socialiste, il a rompu avec la ligne traditionnelle pour proposer une alliance large avec les écologistes et les centristes, une stratégie qui pourrait séduire les électeurs déçus par la gauche radicale. « La primaire doit être un espace de débat, pas un champ de bataille, a-t-il déclaré lors d’un meeting à Strasbourg la semaine dernière, où il a reçu le soutien de plusieurs maires socialistes désabusés.

Pourtant, les tensions avec Jean-Luc Mélenchon et La France Insoumise (LFI) restent vives. Faure, bien que critique à l’égard de l’extrême gauche, a tenté de nuancer ses propos en évoquant la nécessité d’une union de la gauche républicaine. Une position qui a fait grincer des dents dans les rangs du PS, où certains craignent que cette ouverture ne profite in fine à LFI, en pleine ascension dans les sondages. « Nous ne pouvons pas laisser le champ libre à l’extrême droite, a-t-il plaidé, en référence aux scores records du Rassemblement National dans les dernières élections européennes.

Ségolène Royal : l’ombre portée d’une candidature fantôme

Un autre sujet a agité les couloirs du PS : les suspicions d’Olivier Faure d’avoir favorisé l’émergence de Ségolène Royal au sein du parti. L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, figure historique du PS, a toujours gardé une influence discrète mais réelle sur une partie de la base militante. Certains y voient une stratégie pour diviser l’opposition et affaiblir Glucksmann, perçu comme un rival trop ambitieux. « Royal représente le passé, Glucksmann l’avenir, et Faure le présent… mais jusqu’à quand ?, ironise un cadre socialiste sous couvert d’anonymat.

Pourtant, dans un contexte où le PS peine à se relever des défaites électorales successives, la question d’une stratégie unitaire avec les autres forces de gauche, y compris LFI, revient en boucle. Une hypothèse que Faure a balayée d’un revers de main, préférant mettre en avant l’autonomie du PS face à ses alliés potentiels. « Nous ne sommes pas une variable d’ajustement, a-t-il martelé, avant d’ajouter que l’alliance avec LFI serait une erreur historique.

La gauche française face à son destin

Alors que les sondages placent le PS en troisième position derrière le Rassemblement National et la majorité présidentielle, la primaire socialiste s’annonce comme un moment charnière pour la gauche française. Les enjeux sont immenses : éviter l’effondrement électoral, proposer une alternative crédible à l’extrême droite, et surtout, éviter de répéter les erreurs du passé. Car, comme le rappelle un ancien ministre socialiste, « la gauche ne meurt pas, elle se recompose… mais à quel prix ? »

Dans les prochaines semaines, les débats s’annoncent houleux, et les alliances précaires. Une chose est sûre : dans un pays où les divisions politiques atteignent des sommets, le PS devra faire preuve d’imagination pour éviter de sombrer dans l’oubli.

L’Europe comme rempart contre les extrêmes

Alors que l’extrême droite progresse dans plusieurs pays européens, Olivier Faure a réaffirmé son attachement à une Europe sociale et fédérale. Une position qui contraste avec les discours souverainistes portés par Marine Le Pen ou Éric Zemmour. « L’Europe est notre bouclier contre les populismes, a-t-il déclaré, en citant en exemple le modèle allemand, où la coalition SPD-Verts a réussi à contenir la montée de l’AfD. Une référence qui en dit long sur les inspirations politiques du premier secrétaire du PS.

Pourtant, la route est semée d’embûches. La Hongrie de Viktor Orbán, l’Italie de Giorgia Meloni, et même l’Allemagne où l’extrême droite grignote chaque jour un peu plus de terrain, rappellent que la défense des valeurs démocratiques européennes est un combat de tous les instants. Une bataille où la France, malgré ses divisions, a encore un rôle à jouer.

Les défis économiques et sociaux à l’horizon 2027

Au-delà des querelles internes, le PS doit aussi faire face à des défis structurels. Le chômage, toujours élevé, la précarité grandissante et la crise du logement dans les grandes villes pèsent sur le moral des Français. Selon les dernières projections de l’INSEE, le pouvoir d’achat des ménages devrait reculer de 0,5 % en 2027, une tendance qui risque d’alimenter encore davantage le mécontentement social. Face à cette situation, Faure a promis un plan massif d’investissements publics, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la transition écologique.

« La France a les moyens de ses ambitions, a-t-il lancé lors d’un discours à Lille, en évoquant les recettes supplémentaires générées par une fiscalité plus juste. Mais pour que ces mesures portent leurs fruits, il faudra une volonté politique sans faille, alors que le gouvernement Lecornu II, miné par les scandales et les divisions, semble de plus en plus isolé.

Dans ce contexte, la primaire socialiste n’est pas seulement un enjeu partisan : c’est un test pour la démocratie française tout entière. Les électeurs devront choisir entre une gauche divisée, une droite en quête de renouveau, et une extrême droite toujours plus menaçante. Une équation complexe, où chaque mot, chaque promesse, pourrait faire basculer le destin du pays.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Alain27

il y a 1 mois

Je comprends pas : si Faure a viré Brun, c'est parce que ce dernier voulait une ligne plus à gauche ? Donc Glucksmann, qui est plutôt centristesocial-libéral, va gagner ? C'est quoi cette logique à l'envers ? Vous avez des sources sur les positions de Glucksmann sur la justice sociale ?

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L

Le Chroniqueur

il y a 1 mois

@alain27 Exactement. Glucksmann a toujours été pour le libéralisme économique avec un vernis social. Comment il compte faire la justice sociale avec ça ? En taxant les riches en mousse de chocolat ? Bref, une primaire socialiste qui tourne autour du pot, comme d'hab.

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C

Carnac

il y a 1 mois

Glucksmann en embuscade ? Plus comme un parachutage en direct à la télé genre... 'Et moi je viens vous sauver !' mouais. Le mec a passé 10 ans à critiquer le PS de l'extérieur, et maintenant il veut en prendre les rênes ? Franchement.

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Eguisheim

il y a 1 mois

Moi je vous le dit : si le PS veut survivre, il doit faire son aggiornamento. Mais ça, c'est sans compter avec les dinosaures du parti qui veulent garder leurs petits privilèges. Résultat : ils vont tous finir au musée, comme les dinosaures justement. pff

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Jean-Marc C.

il y a 1 mois

Encore une primaire qui va servir à rien... Comme d'hab. On va se prendre 3 mois de psychodrame médiatique pour au final élire le moins pire, et tout le monde va faire semblant que c'est une victoire. La politique française est une tragédie grecque en mode slow motion.

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Diogène

il y a 1 mois

Le PS : un parti qui a peur de son ombre. Glucksmann ? Un opportuniste. Faure ? Un dinosaure. Brun ? Un bouc émissaire. Circulez, y a rien à voir.

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Orphée

il y a 1 mois

Glucksmann en embuscade ? Oui, mais à quel prix ? Le PS a déjà essayé le centrisme social-démocrate avec Hollande, et regarde où ça nous a menés. Les rapports de force ne sont plus les mêmes en 2027. Qui croira encore à un virage à gauche après autant de trahisons ?

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Nolwenn de Nivernais

il y a 1 mois

Ce qui est frappant, c'est que cette exclusion de Philippe Brun révèle surtout l'incapacité du PS à gérer ses divisions internes. Ils parlent de justice sociale alors qu'ils sont incapables de s'entendre entre eux. 2017, 2022... les leçons ne sont toujours pas tirées.

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D

DigitalAge

il y a 1 mois

sa fonctionné en 2012 pourtant... bon ok c'était avec Hollande mais bon ptdr jsp pk ils arrivent pas a refaire pareil ???

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Malo du 40

il y a 1 mois

@digitalage T'as raison sur un point : à l'époque, ils avaient au moins un semblant de projet commun. Là, c'est la foire d'empoigne permanente. Glucksmann qui joue perso, Faure qui veut garder son strapontin... et les militants dans tout ça ? Ils sont où, hein ?

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C

Carcassonne

il y a 1 mois

nooooon mais c'est quoi ce bordel !!! Faure qui vire Brun comme un chef d'entreprise une mauvaise saison... Le PS est en train de s'autodétruire devant nos yeux ptdr...

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