Une France en proie aux violences ?
Les dernières semaines ont vu resurgir le terme de "France Orange mécanique", brandi par des élus du Rassemblement national. Mais cette image d'un pays en perdition reflète-t-elle la réalité ?
Un débat politique enflammé
Dans l'Hémicycle, le 12 novembre, Olivier Fayssat, député RN des Bouches-du-Rhône, a dénoncé une "France qui devient, jour après jour, une véritable France 'Orange mécanique'". Une vision radicalement opposée à celle du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a affirmé le 30 janvier sur France Inter :
"On ne vit pas dans la 'France Orange mécanique', il faut arrêter de raconter n'importe quoi. On n'est pas dans une France coupe-gorge."
Les chiffres, une réalité contrastée
Si les homicides ont légèrement augmenté (916 en 2016 contre 982 aujourd'hui), ils restent bien inférieurs à ceux des années 1990 (plus de 1 600 en 1996). En revanche, les violences physiques de faible intensité ont progressé de 25 % en dix ans, passant de 163 400 à 216 100 cas.
Cependant, les violences graves ne progressent pas. Pire, les vols avec arme et les vols violents sans arme ont chuté de près de moitié en dix ans. Un paradoxe qui interroge sur la perception réelle de l'insécurité.
Incivilités : le quotidien empoisonné
Si la France n'est pas plongée dans le chaos, les incivilités et les violences mineures, elles, sont en nette augmentation. Un constat qui alimente les discours sécuritaires de l'opposition, tandis que le gouvernement assure que la situation reste sous contrôle.
Dans ce contexte, la question de la "France Orange mécanique" devient moins une analyse factuelle qu'un enjeu politique, où chaque camp instrumentalise les chiffres pour servir son récit.