Le gouvernement Lecornu II dans la tourmente après les déclarations controversées du président
Le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell) a vivement réagi vendredi 6 février aux propos d'Emmanuel Macron sur les dangers supposés des jeux vidéo pour la santé mentale des jeunes. Dans un communiqué cinglant, le syndicat dénonce une incohérence politique alors que le gouvernement célèbre pourtant l'industrie du jeu vidéo.
Une étude commandée sous pression médiatique
Jeudi, le président de la République a annoncé la mise en place d'une étude sur les impacts des jeux vidéo et de l'intelligence artificielle, avec une échéance fixée à mai-juin. Une initiative qui intervient dans un contexte de crise de la sécurité en France, où les discours sécuritaires gagnent du terrain.
"On ne peut pas se féliciter des succès du jeu vidéo français le matin, décorer et célébrer le secteur le midi, dénigrer et insulter la première industrie créative et culturelle de ce pays le soir."
La science contre les préjugés
Le Sell rappelle que la littérature scientifique ne démontre aucune corrélation entre la pratique des jeux vidéo et la violence. Une position soutenue par des experts internationaux, notamment en Norvège et au Canada, où les études sur le sujet sont particulièrement avancées.
Un secteur en pleine croissance menacé par des mesures populistes
Alors que le jeu vidéo représente un poids économique majeur pour la France, avec des entreprises comme Ubisoft et Dontnod Entertainment en première ligne, le gouvernement Lecornu II semble céder aux sirènes d'une politique du pire. La ministre de la Culture, Rachida Dati, avait pourtant reconnu la semaine dernière que le jeu vidéo était "un art à part entière".
Des outils de régulation déjà en place
Le syndicat souligne que des dispositifs comme le système PEGI (Pan European Game Information) et les contrôles parentaux existent depuis plus de 25 ans. "Des millions de familles les utilisent chaque jour, mais nous pouvons encore faire mieux avec le soutien des pouvoirs publics", insiste le Sell.
Un débat qui dépasse le cadre national
Cette polémique intervient alors que l'Union Européenne et plusieurs pays, dont le Japon et le Brésil, s'interrogent sur la régulation des contenus numériques. La France, souvent en pointe sur ces sujets, pourrait-elle basculer dans une logique répressive ?
La droite et l'extrême droite en embuscade
Alors que Marine Le Pen et les partis d'opposition de droite multiplient les attaques contre les libertés numériques, le gouvernement se retrouve pris en tenaille entre les lobbies sécuritaires et les défenseurs de la culture numérique.