2005 : Les mensonges d'État qui ont enflammé les banlieues

Par Mathieu Robin 23/11/2025 à 08:12
2005 : Les mensonges d'État qui ont enflammé les banlieues

2005 : les mensonges d'État et la gestion policière ont enflammé les banlieues. Un drame toujours d'actualité.

Un drame qui a changé la France

Le 27 octobre 2005, deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, trouvent la mort électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. Ils fuyaient une intervention policière déclenchée après une erreur d'appréciation. Ce drame, suivi d'émeutes sans précédent, a révélé les fractures profondes de la société française.

Des mensonges qui ont attisé la colère

Dès les premières heures, les autorités ont minimisé la responsabilité des forces de l'ordre. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, a affirmé que les jeunes n'étaient pas poursuivis, une version contredite par les témoignages. "Une nouvelle fois, on va faire porter le chapeau aux jeunes", dénonce un témoin dans le documentaire.

Un climat politique explosif

Quelques semaines avant le drame, Sarkozy avait tenu des propos provocateurs sur les "racailles" et le "Kärcher". Ces déclarations, dans un contexte de tensions sociales, ont exacerbé les tensions. Dominique de Villepin, Premier ministre de l'époque, reconnaît aujourd'hui avoir été mal informé par son ministre de l'Intérieur.

Des émeutes révélatrices d'un mal profond

Les violences ont touché près de 300 communes, obligeant le gouvernement à déclarer l'état d'urgence.

"Tout le monde était d'accord : ça va péter"
, témoigne un habitant. Ces événements ont mis en lumière l'échec des politiques sécuritaires et le délitement du lien entre les institutions et les quartiers populaires.

Un héritage toujours d'actualité

Vingt ans après, les questions soulevées par ces émeutes restent brûlantes. La crise des relations franco-africaines et les tensions identitaires persistent. "La police a perdu tout discernement", regrette un ancien policier. Aujourd'hui, dans un contexte de montée des extrêmes, ces événements rappellent l'urgence d'une politique de réconciliation nationale.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (7)

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Mortimer

il y a 1 mois

En Europe, des pays gèrent mieux leurs quartiers difficiles. Pourquoi la France reste-t-elle coincée dans ce schéma ? On a les moyens de faire mieux, il faut juste vouloir.

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Roscoff

il y a 1 mois

Les 'mensonges d'État' ? Parlons plutôt des politiques d'austérité qui ont détruit les services publics dans les quartiers populaires !!! La police n'est pas là pour apaiser, mais pour réprimer.

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OffTheGrid

il y a 1 mois

@roscoff La police ? Elle est là pour protéger les intérêts des riches en ville, pas les petits dans les cités. Mais bon, tant que les médias parlent de 'cas sociaux' et pas de 'classes sociales', rien ne changera.

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dissident-courtois

il y a 1 mois

Les jeunes de 2005, ceux de 2023... Rien ne change. On continue de les ignorer jusqu'à ce qu'ils explosent. Et après, on s'étonne ? #SystèmePourri (désolé, je sais, pas de hashtag...)

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Renard Roux

il y a 1 mois

@dissident-courtois Exactement. La France a abandonné ses banlieues depuis des décennies. On construit des cités dortoirs, on y entasse des populations sans perspectives, et après on s'étonne quand ça dérape ?

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Etchecopar

il y a 1 mois

Ah, les banlieues en feu... Comme d'hab, on va nous servir le même couplet sur les 'inégalités' en oubliant que c'est surtout une question de responsabilité individuelle. Mais bon, à quoi bon ? Les politiques adorent jouer les pompiers pyromanes.

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B

Bourdon Velu

il y a 1 mois

2005, c'était déjà la faute de l'État qui n'a pas su imposer l'ordre. Les émeutes étaient une réaction à l'impunité, pas à la politique de la ville. La France mérite mieux que ces excuses permanentes.

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