L'alerte d'un ex-ministre socialiste met le feu à la fiscalité des riches
Une révélation explosive vient de secouer le débat sur la justice fiscale en France. Eric Lombard, ancien ministre de l'économie du gouvernement Bayrou, a affirmé vendredi 27 février qu'environ 50 000 foyers fortunés échapperaient à l'impôt sur le revenu ou sur les plus-values et dividendes, malgré des patrimoines élevés.
Des milliers de millionnaires sans impôt
Ancien dirigeant de BNP Paribas et de la Caisse des dépôts, cet ex-socialiste avait déjà soulevé le lièvre en janvier dans Libération :
"Parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu !"
Un scandale qui dépasse l'IFI
L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) a concerné 186 000 foyers en 2024. Mais selon Lombard, le chiffre réel serait bien plus élevé : 50 000 ménages avec des patrimoines financiers importants mais des revenus déclarés dérisoires. Une situation qui résulte souvent de "suroptimisation fiscale", légale mais moralement discutable.
Le gouvernement en défense
Face à cette polémique, le gouvernement Lecornu II adopte une position défensive. Amélie de Montchalin, ex-ministre des Comptes publics, avait nié ces chiffres en janvier. Son successeur David Amiel parle de "confusion" et évoque des cas particuliers comme des retraités ou entrepreneurs.
Une commission d'enquête pour faire la lumière
L'Assemblée nationale a créé le 11 février une commission sur l'imposition des plus hauts patrimoines. Un sujet brûlant alors que 53% des foyers n'ont pas payé d'impôt sur le revenu en 2024.
L'Europe sous surveillance
Cette affaire intervient alors que plusieurs pays européens, comme la Norvège ou l'Islande, renforcent leur fiscalité sur les fortunes. En France, la gauche réclame une harmonisation avec les normes européennes, tandis que la droite et l'extrême droite minimisent le problème.
Un enjeu pour 2027
Avec les élections à l'horizon, cette question pourrait devenir un marqueur politique. La gauche dénonce un système inique, tandis que la droite accuse le gouvernement de vouloir "punir le succès".