Une visite sous haute tension à Bercy
Le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel, a annoncé sa venue au ministère de l'économie et des finances ce vendredi 16 janvier. Cette visite, programmée à 14 heures, intervient après les déclarations choc d'Eric Lombard, ancien ministre de l'économie, qui a révélé que des milliers de contribuables parmi les plus fortunés ne paient aucun impôt sur le revenu. Une situation qui relance le débat sur la fiscalité des plus riches et met en lumière les lacunes du système.
Des révélations qui font trembler le gouvernement
Dans une interview accordée à Libération, Eric Lombard a affirmé que des milliers de contribuables ultra-riches bénéficient d'un revenu fiscal de référence de zéro, leur permettant d'échapper à toute imposition. Ces propos ont suscité une vague d'indignation à gauche, où l'on accuse le gouvernement de complaisance envers les plus fortunés.
"Il n'y a nulle part écrit à Bercy le nom des gens qui auraient des revenus fiscaux de référence très bas. En revanche, nous savons que ça existe." — Amélie de Montchalin, ministre des comptes publics
Face à la polémique, le premier ministre Sébastien Lecornu tente de trouver un accord sur le budget 2026 avec les socialistes, évitant ainsi une censure. Une manœuvre qui rappelle les difficultés persistantes du gouvernement à imposer sa majorité fragile.
La gauche exige des comptes
Eric Coquerel, figure de La France insoumise, a demandé au gouvernement de lui transmettre les documents ayant permis d'établir ce constat. Une demande soutenue par les présidents des commissions des finances du Sénat, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), qui ont également sollicité Bercy. Une collaboration rare entre la gauche et la droite, unie dans la dénonciation d'un système fiscal inégalitaire.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des finances publiques, où les inégalités fiscales alimentent le mécontentement populaire. Alors que le gouvernement peine à trouver des solutions, la gauche réclame une réforme en profondeur pour une fiscalité plus juste.
Un débat qui dépasse les frontières
La question de la fiscalité des ultrariches n'est pas nouvelle. Des pays comme la Norvège ou le Canada ont déjà mis en place des mécanismes pour taxer équitablement les plus fortunés. En France, cette affaire pourrait bien relancer le débat sur la nécessité d'une harmonisation fiscale au niveau européen, face à des paradis fiscaux comme la Hongrie ou la Suisse.
Alors que le gouvernement tente de calmer le jeu, cette affaire pourrait bien devenir un enjeu majeur des prochaines élections, où la question de la justice fiscale sera au cœur des débats.