« Accepter de perdre nos enfants » : le chef des armées choque la France

Par Mathieu Robin 20/11/2025 à 00:10
« Accepter de perdre nos enfants » : le chef des armées choque la France

Le chef des armées provoque la polémique en appelant la France à accepter des sacrifices pour défendre ses valeurs face à la Russie.

Un discours qui divise la nation

Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des Armées, a provoqué une onde de choc en déclarant mardi lors du Congrès des maires de France que le pays devait « accepter de perdre ses enfants » pour défendre ses valeurs face à la Russie. Ses propos, tenus devant les élus locaux, ont immédiatement suscité des réactions vives, notamment à gauche et à l'extrême droite.

Un appel à la mobilisation nationale

Dans un discours martial, le général Mandon a affirmé que la France disposait des moyens économiques et démographiques pour dissuader Moscou, mais qu'il lui manquait « la force d'âme pour accepter de souffrir ». « Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, alors nous sommes en risque », a-t-il averti.

« On a tout le savoir, toute la force économique et démographique pour dissuader le régime de Moscou (...) Ce qu'il nous manque, c'est la force d'âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est. »

Le chef des armées a conclu en appelant les maires à « en parler dans leurs communes », une invitation perçue comme une incitation à la préparation guerrière par une partie de la classe politique.

La gauche et l'extrême droite montent au créneau

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a exprimé son « désaccord total » avec ces propos, estimant que le général n'avait pas à « inviter les maires à des préparations guerrières ». Il a également critiqué l'absence de consultation publique sur les « sacrifices » évoqués.

De son côté, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, a dénoncé un discours « va-t-en-guerre », rappelant que la France comptait déjà 51 000 monuments aux morts. À l'extrême droite, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a jugé que le général n'avait pas « la légitimité » pour tenir de tels propos.

Un débat qui s'inscrit dans le contexte de la guerre en Ukraine

Ces déclarations interviennent alors que la France renforce son soutien à l'Ukraine face à l'agression russe. Le gouvernement, mené par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a multiplié les efforts pour consolider les alliances européennes, notamment avec l'Allemagne et les pays nordiques, tout en maintenant une ligne ferme face à Moscou.

Pourtant, l'opposition de gauche dénonce une « militarisation du débat public », tandis que l'extrême droite accuse le pouvoir d'entretenir une « psychose guerrière ». Ces tensions reflètent les divisions persistantes sur la stratégie française face à la menace russe, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année.

Une question de souveraineté et de valeurs

Au-delà des réactions politiques, le discours du général Mandon soulève une question fondamentale : jusqu'où la France est-elle prête à aller pour défendre ses intérêts et ses valeurs ? Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, cette interrogation prend une dimension particulière, d'autant que l'Union européenne peine à trouver une position unifiée face à l'expansionnisme russe.

Alors que le président Emmanuel Macron appelle à une « autonomie stratégique » européenne, les propos du chef des armées pourraient alimenter le débat sur la nécessité d'un réarmement moral et militaire, dans un pays où la mémoire des deux guerres mondiales reste vivace.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (6)

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LogicLover

il y a 3 mois

L'Europe doit parler d'une seule voix face à la Russie. La France ne peut pas se permettre de jouer les cowboys en solo. L'OTAN et l'UE sont nos meilleurs atouts.

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N

Nolwenn de Nivernais

il y a 3 mois

@logiclover L'Europe ? Elle nous impose des règles absurdes et protège les lobbies. Les vrais sacrifices, c'est nous, le peuple, qui les faisons pendant que les élites rigolent.

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G

Gradation

il y a 3 mois

Lui il parle de 'perdre nos enfants' mais il a 60 ans et une retraite dorée... Franchement, ça fait mal. On est en 2024, pas en 1914.

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T

Tangente

il y a 3 mois

Les chiffres montrent que la France consacre 1,8% de son PIB à la défense, en dessous de la moyenne OTAN. Le débat doit se baser sur des réalités budgétaires, pas sur des slogans.

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Geoffroy de Hyères

il y a 3 mois

Une déclaration choc, certes, mais le débat sur la défense de nos valeurs est légitime. Il faut trouver un équilibre entre fermeté et prudence, sans tomber dans l'emphase guerrière.

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Buse Variable

il y a 3 mois

@geoffroy-de-hyeres Des 'sacrifices' ? C'est toujours les mêmes qui paient le prix fort ! Les riches devraient commencer par payer leurs impôts avant qu'on parle de sacrifices...

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