Un procès qui éclaire les pratiques douteuses du Rassemblement National
Lundi 26 janvier 2026, la cour d'appel de Paris a entendu Bruno Gollnisch, ancien eurodéputé et figure historique du Rassemblement National (RN), dans le cadre du procès en appel des assistants parlementaires. Accusé de détournement de fonds publics à hauteur de 1,41 million d'euros, l'ancien cadre du parti a tenté de minimiser sa responsabilité en évoquant une simple « organisation » plutôt qu'un « système ».
Des arguments évasifs face à la justice
Lors de son interrogatoire, Bruno Gollnisch, 76 ans, a déployé une défense ambiguë, mêlant anecdotes personnelles et justifications juridiques. Il a notamment évoqué son envoi en Corée du Nord par le Parlement européen, une référence qui a suscité des rires dans la salle, avant de revenir sur les faits reprochés. « Il n'y a pas de système, il y avait une organisation », a-t-il affirmé, reprenant les termes de Marine Le Pen, également condamnée dans cette affaire.
La présidente de la cour, Michèle Agi, a rapidement pointé les contradictions de sa défense. « Système et organisation ne sont-ils pas des termes similaires ? », a-t-elle interrogé. Gollnisch a finalement concédé l'existence d'un « système organisationnel », une formule qui en dit long sur les pratiques du parti.
Des assistants parlementaires au service du RN
Le procès révèle que trois assistants parlementaires, dont Yann Le Pen, fille de Jean-Marie Le Pen, étaient en réalité employés par le parti. Deux d'entre eux travaillaient depuis le domaine de Montretout, à Saint-Cloud, où se trouvait le bureau du fondateur du FN. « Il m'est apparu assez naturel de placer ces assistants dans cette espèce de vigie qu'était Montretout », a expliqué Gollnisch, avant d'ajouter que Jean-Marie Le Pen avait un « caractère impérieux » qui influençait ses décisions.
Pourtant, l'ancien eurodéputé a maintenu que le partage des tâches entre travail parlementaire et activités partisanes était « insécable ». Une argumentation qui peine à convaincre, d'autant que Gollnisch a fini par reconnaître que Micheline Bruna, l'une des assistantes, n'avait pas d'« activité parlementaire » réelle.
Un procès qui interroge sur la transparence des financements politiques
Condamné en première instance à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et à une amende de 50 000 euros, Bruno Gollnisch joue son avenir politique dans ce procès. Marine Le Pen, également concernée, voit son avenir présidentiel menacé par cette affaire, qui pourrait l'écarter du premier tour de l'élection présidentielle de 2027.
Ce procès s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les financements opaques des partis politiques alimentent les soupçons de corruption. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer la confiance dans les institutions, cette affaire rappelle les dérives passées du RN, un parti qui peine à se départir de son image sulfureuse.
Bruno Gollnisch a conclu son interrogatoire en affirmant n'avoir « jamais manqué aux exigences de l'honneur et de la probité ». Une déclaration qui contraste avec les preuves accumulées par la justice et qui laisse planer le doute sur la sincérité de sa défense.