Un procès en appel qui pourrait ébranler le RN
Jeudi 15 janvier 2026, la cour d'appel de Paris a entendu les arguments du Parlement européen dans l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national. Une procédure qui pourrait avoir des conséquences politiques majeures, à quelques mois des élections de 2027.
Le Parlement européen se pose en victime
Didier Klethi, directeur général des finances du Parlement européen, a défendu avec fermeté le fonctionnement de l'institution face aux accusations du RN. Droit comme un i, il a martelé que les fonds européens ne pouvaient en aucun cas servir à financer un parti politique. « Le Parlement est la victime d'un système », a-t-il affirmé, soulignant que le RN avait violé les règles en place.
Pour lui, le militantisme est autorisé, mais les assistants parlementaires doivent cloisonner strictement leurs activités. « Un député ne peut pas recruter sur son enveloppe un assistant dont il n'aurait pas besoin », a-t-il insisté, tout en reconnaissant que le contrôle des activités quotidiennes était difficile.
Marine Le Pen conteste la responsabilité du Parlement
Assise au premier rang, Marine Le Pen a écouté attentivement les débats. Son avocate, Sandra Chirac-Kollarik, a tenté de démontrer que les règles du Parlement étaient floues, ce qui aurait poussé le RN à commettre des erreurs. Une défense qui pourrait s'avérer fragile, alors que l'ancienne présidente du parti avait elle-même reconnu que les assistants travaillaient sur leur temps libre.
Pourtant, Marine Le Pen maintient sa position :
« Le Parlement n'a pas joué son rôle d'alerte tel qu'il aurait dû. »Une accusation qui pourrait alimenter les critiques contre l'institution européenne, alors que la droite française multiplie les attaques contre Bruxelles.
Un procès qui dépasse le cadre judiciaire
Au-delà des enjeux juridiques, ce procès en appel est un test politique pour Marine Le Pen, candidate potentielle à la présidentielle de 2027. Si elle est condamnée, cela pourrait affaiblir sa crédibilité face à un Emmanuel Macron en position de force.
Par ailleurs, cette affaire s'inscrit dans un contexte de crise de la démocratie locale, alors que les partis d'extrême droite cherchent à s'imposer dans les institutions. Un enjeu crucial pour la stabilité politique française, alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir la confiance des citoyens.