Un procès qui interroge les fondements de la démocratie
Lundi 26 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Paris ouvre les débats d’un procès qui dépasse largement le cadre judiciaire. L’ancien sénateur Joël Guerriau est accusé d’avoir drogué la députée Sandrine Josso dans le but de la violer. Cette affaire, qualifiée de « fléau de société » par les associations féministes, met en lumière les dysfonctionnements d’un système politique où la soumission chimique reste un tabou.
Une soirée qui tourne au cauchemar
Le 14 novembre 2023, Sandrine Josso, députée MoDem de Loire-Atlantique, se rend chez son collègue Joël Guerriau pour célébrer sa réélection au Sénat. Une relation amicale de dix ans, sans ambiguïté sexuelle, selon ses dires. Pourtant, dès son arrivée, l’ambiance devient « étrange » : le sénateur insiste pour qu’elle boive, manipule les lumières, et cache un sachet suspect dans la cuisine.
Des symptômes inquiétants et une fuite désespérée
Après quelques gorgées de champagne au goût bizarre, la députée ressent des palpitations, des nausées et des tremblements. Elle quitte précipitamment le domicile vers 22 heures, soutenue par des collègues. Les analyses révèlent une intoxication massive à l’ecstasy, bien au-delà d’une consommation récréative. 388 nanogrammes par millilitre de sang : un chiffre qui ne laisse aucun doute sur l’intention criminelle.
Un déni qui soulève des questions
Joël Guerriau, démissionnaire du Sénat en octobre 2025, nie toute intention malveillante. Selon lui, il aurait servi par erreur à son invitée un verre destiné à lui-même, dans un moment de « vague à l’âme » après la mort de son chat. Une version contredite par les recherches Google du prévenu sur la drogue et le viol, découvertes lors de l’enquête.
Un procès qui dépasse le cadre individuel
Pour Sandrine Josso, ce procès est aussi une lutte politique.
« J’ai pris conscience de l’enfer des violences sexuelles faites aux femmes. Beaucoup n’osent pas en parler, même parmi les députées. »Une prise de parole qui résonne dans un contexte où la crise de la démocratie locale et la crise des vocations politiques fragilisent la confiance des citoyens.
Un enjeu pour le gouvernement Lecornu II
Alors que le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu tentent de restaurer l’autorité de l’État, ce procès rappelle l’urgence d’une réforme des institutions. Les partis politiques, déjà en campagne pour 2027, doivent désormais intégrer la question des violences sexistes dans leurs programmes. Une affaire qui pourrait bien marquer un tournant dans la guerre des droites en France.