Un gouvernement en sursis face aux motions de censure
Vendredi 23 janvier 2026, l'Assemblée nationale doit examiner deux motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), en réaction à l'utilisation du 49.3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Ce dernier a rompu sa promesse de ne pas recourir à cet article constitutionnel, pourtant décrié pour son caractère antidéocratique.
La première motion, portée par LFI, le Groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR) et les écologistes, dénonce une manœuvre autoritaire. La seconde, soutenue par le RN et l'Union des démocrates et indépendants (UDI), instrumentalise le débat pour des raisons électoralistes. Ni l'une ni l'autre ne devrait aboutir, le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR) ayant annoncé leur opposition.
Un budget contesté, une démocratie en danger
Le gouvernement a engagé la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget, permettant ainsi d'utiliser une seconde fois le 49.3 pour la partie dépenses. Cette stratégie, qualifiée de cynique par l'opposition, pourrait prolonger la survie du gouvernement jusqu'en 2027, au détriment du débat démocratique.
« Le 49.3 est un outil de contournement de la représentation nationale, une insulte à la souveraineté populaire. »
Travailler le 1er mai : une provocation libérale ?
Dans un autre registre, l'Assemblée n'a pas eu le temps de voter sur une proposition de loi visant à autoriser le travail le 1er mai, volontairement. Cette initiative, portée par la droite libérale, relance le débat sur les conquêtes sociales.
Si la Journée internationale des travailleurs est chômée dans la plupart des pays depuis 1919, certains secteurs y travaillent déjà. Faut-il y voir une provocation contre les droits des salariés ou une modernisation des pratiques ?
Jean-Rémi Baudot et Roselyne Febvre, spécialistes politiques, analysent cette proposition comme une remise en cause des acquis sociaux, dans un contexte de crise agricole et de tensions sociales.
Un gouvernement sous pression
Alors que le pays traverse une crise des vocations politiques et une crise de la démocratie locale, le gouvernement Macron-Lecornu semble privilégier la technocratie au dialogue social.
Les motions de censure, bien que symboliques, révèlent un clivage profond entre une majorité présidentielle affaiblie et une opposition radicalisée. La stratégie des partis pour 2027 s'annonce chaotique, dans un contexte de crise des finances publiques et de crise agricole.