Chessy : le maire démissionne plutôt que d'unir un couple sous OQTF, la justice s'en mêle

Par Aurélie Lefebvre 17/12/2025 à 16:24
Chessy : le maire démissionne plutôt que d'unir un couple sous OQTF, la justice s'en mêle

Chessy : le maire démissionne plutôt que d'unir un couple sous OQTF, la justice s'en mêle. Une crise politique éclate en Seine-et-Marne.

Un maire en rupture avec l'État de droit

En Seine-et-Marne, la démission collective du maire de Chessy et de ses adjoints a provoqué une onde de choc politique. Leur refus de célébrer le mariage d'un Algérien sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF) a mis en lumière une crise profonde entre les élus locaux et l'État.

Un conflit aux racines idéologiques

Le maire, qui n'a pas souhaité s'exprimer publiquement, justifie sa décision par un argument controversé : l'État aurait failli à son devoir d'expulsion. Cette position, partagée par d'autres élus comme Michel Garrouste de Coupvray, révèle une tension croissante entre les collectivités locales et les institutions républicaines.

Le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a pourtant rappelé que la loi ne permet pas d'utiliser une OQTF comme prétexte pour refuser un mariage. Une position confirmée par l'enquête du parquet, qui a établi l'authenticité du couple.

La justice face aux résistances locales

L'avocate du couple, Maître Elsa Hug, dénonce une instrumentalisation politique :

Ils sont un vrai couple, et c'est le procureur qui l'a confirmé après enquête.

Dans la commune, les avis divergent. Certains habitants soutiennent le maire, évoquant des risques de fraude, tandis que d'autres estiment que l'État de droit doit prévaloir.

Un précédent dangereux

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où des maires, comme Robert Ménard à Béziers, ont déjà refusé des mariages pour des motifs similaires. Une posture qui, selon les observateurs, mine la cohésion nationale et renforce les divisions politiques.

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir l'autorité de l'État, cette affaire illustre les dérives autoritaires de certains élus locaux, souvent proches de l'extrême droite.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (8)

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Buse Variable

il y a 1 heure

Un maire qui refuse d'appliquer une OQTF, c'est un acte de résistance face à une politique inhumaine. Bravo à lui !

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F

Fab-49

il y a 1 heure

La justice doit trancher, mais il est clair que cette affaire révèle un manque de cohérence dans notre politique migratoire.

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N

Nolwenn de Nivernais

il y a 2 heures

Encore un élu qui préfère démissionner plutôt que de s'opposer aux élites parisiennes. Le peuple est abandonné par ses représentants !

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Geoffroy de Hyères

il y a 50 minutes

@nolwenn-de-nivernais La démission du maire ne résout pas le problème, elle l'aggrave. Il aurait dû assumer son rôle et défendre ses convictions.

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W

WaveMaker

il y a 2 heures

La démission du maire est un symptôme d'un problème plus large : l'État doit clarifier ses positions sur ces sujets sensibles.

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T

Tangente

il y a 3 heures

Selon la Cour des comptes, 40% des OQTF ne sont pas exécutées. Ce cas montre une fois de plus les limites de notre système d'asile et d'immigration.

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R

Reporter citoyen

il y a 3 heures

En Seine-et-Marne, les maires sont souvent en première ligne. La pression est énorme, et cette affaire montre à quel point les politiques nationales impactent les territoires.

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P

Prologue48

il y a 3 heures

La situation est complexe. D'un côté, l'État doit faire respecter ses décisions, mais de l'autre, les maires ont un rôle humain à jouer. Un équilibre est nécessaire.

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L

Lacannerie

il y a 4 heures

Un maire qui démissionne plutôt que de respecter la loi, c'est le signe d'une dérive administrative. La France mérite mieux que des élus qui se soumettent aux pressions idéologiques.

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B

Borrégo

il y a 2 heures

@lacannerie La loi doit évoluer pour protéger les familles. On ne peut pas laisser des couples se faire séparer pour des raisons administratives.

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E

Elizondo

il y a 1 heure

@borrego La loi est la loi. Si on commence à faire des exceptions, où cela s'arrêtera-t-il ?

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