Un maire en rupture avec l'État de droit
En Seine-et-Marne, la démission collective du maire de Chessy et de ses adjoints a provoqué une onde de choc politique. Leur refus de célébrer le mariage d'un Algérien sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF) a mis en lumière une crise profonde entre les élus locaux et l'État.
Un conflit aux racines idéologiques
Le maire, qui n'a pas souhaité s'exprimer publiquement, justifie sa décision par un argument controversé : l'État aurait failli à son devoir d'expulsion. Cette position, partagée par d'autres élus comme Michel Garrouste de Coupvray, révèle une tension croissante entre les collectivités locales et les institutions républicaines.
Le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a pourtant rappelé que la loi ne permet pas d'utiliser une OQTF comme prétexte pour refuser un mariage. Une position confirmée par l'enquête du parquet, qui a établi l'authenticité du couple.
La justice face aux résistances locales
L'avocate du couple, Maître Elsa Hug, dénonce une instrumentalisation politique :
Ils sont un vrai couple, et c'est le procureur qui l'a confirmé après enquête.
Dans la commune, les avis divergent. Certains habitants soutiennent le maire, évoquant des risques de fraude, tandis que d'autres estiment que l'État de droit doit prévaloir.
Un précédent dangereux
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où des maires, comme Robert Ménard à Béziers, ont déjà refusé des mariages pour des motifs similaires. Une posture qui, selon les observateurs, mine la cohésion nationale et renforce les divisions politiques.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir l'autorité de l'État, cette affaire illustre les dérives autoritaires de certains élus locaux, souvent proches de l'extrême droite.