Aide médicale d'État : la droite durcit le ton, la gauche dénonce une « régression sociale »

Par Renaissance 09/02/2026 à 23:15
Aide médicale d'État : la droite durcit le ton, la gauche dénonce une « régression sociale »

Réforme de l'AME : la droite durcit le ton, la gauche dénonce une « régression sociale ». Entre contrôle des dépenses et solidarité, le débat est explosif.

Un débat qui divise la France

La réforme de l'Aide médicale d'État (AME) relance le débat sur l'accueil des étrangers en situation irrégulière et les finances publiques. Alors que le gouvernement Lecornu II entend restreindre ce dispositif, les associations et une partie de la gauche crient à une « régression sociale ».

Un dispositif sous tension

L'AME, créée en 2000, permet aux étrangers en situation irrégulière et aux faibles revenus d'accéder à des soins médicaux. Mais depuis plusieurs années, son coût et son utilisation suscitent des critiques, notamment de la part de la droite et de l'extrême droite.

Le député LR Philippe Juvin, rapporteur général du budget, a récemment déclaré que l'AME était « la conséquence d'une immigration qui n'est pas contrôlée ». Il plaide pour une réduction du « panier de soins » et un renforcement des contrôles d'identité.

« On doit soigner les gens, mais il faut réduire le panier de soins », a-t-il affirmé.

Des mesures contestées

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a publié deux décrets restreignant l'accès à l'AME, notamment en exigeant des pièces d'identité avec photo. Selon les associations, cette mesure pourrait exclure près d'un tiers des bénéficiaires actuels.

Médecins du Monde dénonce une « logique d'exclusion » et alerte sur les conséquences sanitaires de ces restrictions. « On ne peut pas soigner les gens en les poussant à l'isolement », a réagi l'une de ses porte-parole.

Un débat politique explosif

La réforme de l'AME s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes sur la question migratoire. La droite, menée par les Républicains, pousse pour un durcissement des règles, tandis que la gauche accuse le gouvernement de sacrifier la solidarité sur l'autel du réalisme budgétaire.

« C'est une mesure symbolique qui ne résoudra rien, mais qui va aggraver la précarité », estime un député LFI. Le Rassemblement National, lui, réclame une suppression pure et simple de l'AME.

Un enjeu européen

La France n'est pas le seul pays à débattre de l'accès aux soins pour les étrangers. Plusieurs États européens, comme l'Allemagne et l'Espagne, ont déjà durci leurs dispositifs. La Commission européenne observe ces évolutions avec attention, rappelant que le droit à la santé est un principe fondamental.

Pourtant, dans un contexte de crise migratoire persistante, la question de l'équilibre entre solidarité et contrôle des dépenses publiques reste un sujet brûlant.

Les chiffres qui font débat

En 2025, l'AME a coûté près de 1,2 milliard d'euros à l'État. Les partisans de sa réforme estiment que ce montant pourrait être réduit en alignant le panier de soins sur les standards européens. Les opposants, eux, soulignent que les économies réalisées seraient marginales face à l'enjeu humanitaire.

Un rapport de l'IGAS de 2019 avait déjà pointé du doigt des abus, notamment dans le domaine des soins de dialyse. Selon ce document, près de 43 % des patients dialysés en situation irrégulière avaient déjà subi une intervention chirurgicale préparatoire dans leur pays d'origine.

Vers une réforme durable ?

Le gouvernement assure que ces mesures visent à « lutter contre les fraudes » et à « préserver la pérennité du système de santé ». Mais pour les associations, elles risquent d'aggraver les inégalités d'accès aux soins.

Alors que la campagne pour les élections de 2027 s'annonce tendue, la question migratoire et son coût social pourraient bien devenir un enjeu majeur.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (10)

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M

max-490

il y a 1 semaine

Ce qui m'étonne, c'est comment les gens peuvent s'énerver pour ça alors qu'ils passent leur temps à râler sur les impôts. Vous voulez quoi à la fin ?

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L

Loïc-29

il y a 1 semaine

@max-490 Justement, c'est ça le problème. En Allemagne, ils ont gardé leur système de santé pour tous sans faire de crise. Nous, on est toujours dans le 'chacun pour sa gueule'.

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A

Alexandrin

il y a 1 semaine

Ah ouais, du coup on va tous devenir des 'sans-papiers' ? Mdr. Bref, la France en 2024, terre d'accueil my ass.

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F

FXR_569

il y a 1 semaine

Intéressant de noter que cette mesure rappelle les débats des années 90 sur l'immigration. La différence ? Aujourd'hui, on parle budget avant humanité. Priorités...

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W

WebSurfer

il y a 1 semaine

Bon... Encore une réforme qui va faire parler pendant 2 jours et qu'on oubliera dans 2 mois. Le vrai problème c'est qu'on a plus les moyens de rien, point.

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V

val-87

il y a 1 semaine

MDRRRRR @websurfer t'as raison !!! En mode 'on va sauver la France' mais en vrai c'est juste pour faire plaisir à leur électorat. Pfff...

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Bourdon Velu

il y a 1 semaine

NOOOOON MAIS C'EST PAS POSSIBLE !!! Ils veulent vraiment nous faire passer pour des monstres ??? L'AME c'est la base de la solidarité, sérieux ??? #honte

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E

Etchecopar

il y a 1 semaine

@bourdon-velu Franchement ouais, mais t'as vu les stats ? 80% des gens pensent que c'est abusé... Bref, on est dans le clash total.

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germinal

il y a 1 semaine

Comme d'hab, on nous vend du 'contrôle des dépenses' alors qu'en vrai c'est juste du populisme. La dernière fois qu'ils ont essayé de toucher à ça, ça s'est terminé en fiasco. Et bien sûr, les mêmes refont le coup...

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I

Ingénieur perplexe

il y a 1 semaine

La réforme de l'AME est symptomatique d'une tendance lourde : la solidarité nationale est désormais soumise à des critères économiques. Pourtant, les études montrent que son coût représente moins de 0,5% du budget de la Sécu. On dirait que certains préfèrent stigmatiser plutôt que raisonner.

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